Donald Trump renvoie la ministre de la Justice pour "trahison" car elle juge illégal son décret anti-immigration

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SALLY YATES
WASHINGTON, DC - JUNE 28: Flanked by Environmental Protection Agency Administrator Gina McCarthy and Federal Trade Commission Chairwoman Edith Ramirez , Deputy Attorney General Sally Q. Yates speaks during a press conference at the Department of Justice on June 28, 2016 in Washington, DC. Volkswagen has agreed to nearly $15 billion in a settlement over emissions cheating on its diesel vehicles. (Photo by Pete Marovich/Getty Images) | Pete Marovich via Getty Images
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Sally Yates, qui officiait en tant que ministre de la Justice par intérim, a demandé ce lundi 30 janvier aux procureurs de ne pas défendre le décret anti-immigration pris par Donald Trump vendredi et l'a payé de son poste.

L'ancienne numéro deux du ministère sous l'administration Obama -qui avait pris la tête du ministère depuis le départ de l'ancien président, en attendant que le ministre proposé par Trump soit confirmé par le sénat- a été renvoyée quelques heures après avoir a mis en doute dans une note interne la légalité et la moralité de ce décret qui interdit temporairement l'entrée aux Etats-Unis des ressortissants de sept pays à majorité musulmane et à tous les réfugiés.

"Sally Yates a trahi le département de la Justice en refusant d'appliquer un décret destiné à protéger les citoyens des Etats-Unis. Le président Trump a relevé Mme Yates de ses fonctions", a déclaré la Maison Blanche dans un communiqué qui qualifie cette femme de 56 ans de "faible sur les frontières et très faible sur l'immigration illégale".

"Ma responsabilité est d'assurer que la position du ministère est non seulement légalement défendable mais est également formée par notre meilleure interprétation de ce qu'est la loi", avait justifié en milieu de journée Yates.

"De plus, j'ai la charge de m'assurer que les positions que nous adoptons devant les tribunaux restent cohérentes avec l'obligation solennelle de cette institution de toujours chercher la justice et de défendre ce qui est juste", avait-elle poursuivi en mettant en évidence son opposition personnelle à la loi en même temps que ses doutes sur sa légalité.

"A l'heure actuelle, je ne suis pas convaincue que la défense du décret présidentiel soit cohérente avec ces responsabilités, pas plus que je ne suis convaincue du fait que ce décret présidentiel soit légal. Par conséquent, pendant toute la période où je suis ministre par intérim de la Justice, le ministère de la Justice ne présentera pas d'arguments pour défendre le décret présidentiel, sauf si je finis par être convaincue qu'il est approprié de le faire", a-t-elle affirmé.

Le candidat de Trump devant le Sénat mardi

Le limogeage de la ministre de la Justice a entraîné une foule de réactions sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes saluant le courage de cette femme politique à s'opposer frontalement au président dont elle dépend.

"Le renvoi de Sally Yates montre à quel point il est important d'avoir des ministres de la Justice qui sont prêts à se battre face à la Maison Blanche quand on viole la loi"

"Donald Trump dit que Sally Yates a "trahi" le ministère de la Justice. D'autres diraient que c'est une patriote"

"Sally Yates s'est battue pour la constitution. Impossible de remettre son intégrité en doute".

"Vous avez remarqué que tous les gens qualifiés et sains d'esprit se font renvoyer? Moi oui."

"Bravo à la personne qui a changé la page Wikipedia de Sally Yates avec ça ('Sally Yates était ministre de la Justice et est une sacrée héroïne')"

"Sally Yates en train de quitter la Maison Blanche"

Son remplaçant immédiat est Dana J. Boente. Ce dernier n'aura pas l'occasion de rester en place bien longtemps car une commission sénatoriale doit se prononcer mardi sur la nomination de Jeff Sessions, choisi par Donald Trump pour définitivement prendre la tête du ministère de la Justice. Un vote du Sénat dans sa totalité est également nécessaire mais l'institution étant aux mains des républicains, les démocrates peuvent au mieux espérer ralentir et faire traîner le processus.

Boente n'a en tout cas pas perdu de temps pour annuler la décision de Sally Yates et a déclaré dans un communiqué en début de soirée qu'il demandait "aux hommes et femmes du ministère de la Justice de respecter les ordres émis en toute légalité par le président, comme c'est leur devoir".

Le président américain ne s'est pas arrêté là et a aussi remplacé lundi le chef intérimaire du service de l'immigration et des douanes Daniel Ragsdale, qui était lui aussi un ancien de l'administration Obama.

Thomas Homan, qui prendra la direction de l'ICE en remplacement, "oeuvrera à l'application de nos lois sur l'immigration sur le territoire des Etats-Unis, en conformité avec notre intérêt national", a déclaré le secrétaire à la Sécurité intérieure, la Maison Blanche voulant probablement éviter de se voir mettre d'autres bâtons dans les roues.

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