Les géants de l'économie ne s'intéressent pas à qu'à leurs résultats financiers...

Publication: Mis à jour:

ECONOMIE- Droits de l’Homme, parité, écologie… Une rhétorique qui semble étrangère au monde des affaires. Et pourtant, ce champs lexical intègre de plus en plus le milieu économique. Le reporting extra-financier qui consiste en des états de synthèses qui permettent de mesurer les impacts environnementaux et sociaux des entreprises, se «démocratise» de plus en plus. Selon le rapport 2016 établit par les Leaders du Reporting RSE, on note l’arrivée de 4 nouveaux «bons élèves»: d’une part, BMCI et Banque Populaire avec des rapports ne souscrivant pas aux lignes directrices GRI, et d’autre part, ONCF et Attijariwafabank avec des rapports GRI-G4.

Pas encore une obligation

Le Global Reporting Initiative (GRI) a été mis en place en 1997, prévu initialement pour des sociétés puis, par la suite, pour n'importe quelle organisation gouvernementale ou non gouvernementale. Il propose un référentiel d'indicateurs qui permet de mesurer l'avancement des programmes de développement durable des entreprises.

Ces dernières doivent intégrer, par exemple, leurs émissions de CO2 ou leurs consommations d'énergie ou la répartition homme femmes de ces cadres dirigeants sans oublier les investissements dans la formation ou le nombre d'accidents du travail. Selon les auteurs du rapport, le COP 22 a été un «accélérateur indéniable aux pratiques et à la réflexion sur la reddition des comptes au sein des organisations au même titre que la publication d’une recommandation du CESE en faveur de l’adoption du Reporting Extra-Financier pour les entreprises publiques et celles cotées à la bourse de Casablanca».
Alors qu’il s’agit d’un luxe pour les entreprises marocaines, en France, il s’agit d’une obligation pour les sociétés cotées, bien que le législateur de l’héxagone n’ait pas assorti cet impératif d’une quelconque sanction.

Une démarche purement «business»

«Les rapports commerciaux des entreprises marocaines avec leurs partenaires étrangers (ndlr : européens surtout) ne se base plus sur des critères purement économiques et financiers. Les normes législatives en matière de développement durable étant très développées dans les pays industrialisés, les entreprises sont obligées d’avoir des sous-traitants ayant les mêmes exigences sur la question», explique Mohamed Kouddane, professeur de droit international à l’Université Hassan II.

Une manière donc de montrer patte blanche aux grands donneurs d'ordre internationaux. Sauf que 5 sociétés marocaines seulement font un reporting dans les normes GRI : BMCE Bank of Africa, OCP, MANAGEM et maintenant Attijari Wafa Bank et ONCF. Pire, l’étude de matérialité, l’une des exigences du nouveau Standard GRI, n’est pas bien observée en général alors que celle-ci est l’outil par excellence d’introduire l’influence RSE dans les décisions des entreprises. A rappeler que la matérialité désigne le seuil de pertinence à partir duquel l’entreprise et son écosystème évaluent la saillance des risques environnementaux, sociaux et de gouvernance.

LIRE AUSSI:

Imprimer