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La "galerie-atelier" du créateur de bijoux Redha Skander, s'installe au Télémly

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REDHA SKANDER
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En cette matinée hivernale particulièrement pluvieuse, les passants au boulevard Krim Belkacem, s’attardent malgré les pluies diluviennes, devant une discrète vitrine ornée de bijoux en pierres semi-précieuses. En poussant la porte, c’est tout un univers qui se dévoile, celui de Rédha Scander, créateurs de bijoux chevronné et sculpteur.

Pour cette première journée, qui marque l’ouverture de sa "galerie-atelier", Redha Skander, accueille ses premiers visiteurs et pas des moindres. C’est un géologue, saisi par la profusion des pierres qui le félicite pour ses créations aussi singulières les unes que les autres.

Il faut dire, que des pierres il y en a. Les colliers accrochés aux murs marient toutes sortes de pierres : des perles baroques, ambre, turquoises, os de yak, ébène bronze et bien d’autres, démontrent tout l’intérêt que porte cet artiste à son art. La finesse du travail, donne d’emblée une idée sur les années d’expérience de cet artiste.

"Si je ne sens pas moment l’usure, il n’est cependant pas question de lassitude. Je crée des bijoux au quotidien depuis maintenant 30 ans. Lorsque j’avais commencé mon métier j’avais à peine 20 ans", se souvient Redha.

Un métier dans lequel il s’est épanoui, et en fait un art reconnu et exposé aux quatre coins du monde. Il revient à Alger il y à peine deux ans, même si cette idée de retour il ne l’entend pas de la même manière "Je n’aime pas cette idée de retour, on ne revient pas chez soi ! J’ai juste assez pris le vent et aujourd’hui je suis chez moi" précise-il amusé.

Il apprend ce métier avec un oncle, il est doué, et surtout séduit par son travail manuel et la matière, d’ailleurs ses créations en témoignent, ses bijoux sont fait de résine polyester, de pâte, de verre ou encore de bois.

"Au cours de mes années passées en France, j’ai appris la manufacture appliquée. J’ai passé beaucoup de temps avec des manufacturiers en atelier, ce qui m’a permis de cumuler un savoir-faire en transformation de différentes matières", explique Redha.

redha skander

C’est donc dans la capitale parisienne que Redha forge son savoir et devient un incontournable des créateurs de mode et des galeristes. "J’ai fait des collections pour beaucoup de stylistes, j’ai exposé un peu partout dans le monde. Après toutes mes pérégrinations je suis aujourd’hui là ou tout à commencer à Alger".

L’idée de créer cet espace, vient de l’envie de cet artiste de se sédentariser. La galerie-atelier "Redha Skander", exprime tout simplement son envie d’être autonome.

Redha raconte qu’il n’était pas question de dissocier son espace de création de celui d’exposition. "L’un ne va pas sans l’autre" dit-il. Ce qui se concocte à l’étage, dans l’atelier, s’expose en bas pour le public.

Chez cet artiste, c’est la pièce unique qui l’emporte et les collections à thème au gré de ses envies.

"Un bijou c’est un objet d’art qu’on porte sur soi". explique R"dha. C’est pour cette raison qu’il réfute l’idée de la reproduction. " C’est un engagement que je tiens envers la personne qui va porter mes créations".

Sur ses inspirations, il ne dira pas grand-chose. S’il y a un dénominateur commun entre les pièces et collection qu’il crée il dira simplement que c’est lui.

De toutes les pièces qui achalandent la boutique, la collection en argent intitulée "حروف", lettres arabes, force l’admiration. "Il s’agit de l’adaptation de la calligraphie sur le bijou" souligne l’artiste. On y voit des boucles d’oreilles et pendentifs en forme de "أ " ou en encore "ش ".


Du bijou à l’orfèvrerie

À l’occasion de l’ouverture de sa "galerie-atelier", le musée d’art moderne, lui prête sa sculpture intitulée "Alif" propriété du musée. Redha raconte que cette pièce en bronze a été réalisée à l’occasion de la foire internationale d’art contemporain en 2016. Le Mama se l’offre après l’exposition pour sa propre collection.

La sculpture, il la pratique depuis maintenant 10 ans. Si à priori on penserait que cette discipline est distincte de la création de bijoux, Rédha explique que c’est la même démarche. "Je sculpte les bijoux à taille réelle sur de la cire. Et lorsque je fais des bijoux géants ça donne une sculpture".

La sculpture, dit-il, demande un réel engagement de soi.

Ce nouveau lieu plein d’authenticité s’ajoute aux différents espaces de création et de représentation de l’art, qui naissent un peu partout à Alger. Une démarche de plus, initiée par un artiste de renom, qui s’engage à être au plus près du public.

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