Le président iranien critique Trump, affirme que l'époque des murs est "révolue"

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DONALD TRUMP
WASHINGTON, DC - President Donald Trump holds a joint press conference with Prime Minister of the United Kingdom Theresa May in Washington, DC Friday January 27, 2017. (Photo by Melina Mara/The Washington Post via Getty Images) | The Washington Post via Getty Images
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Le président iranien Hassan Rohani, dont le pays est visé par les nouvelles mesures, s'est montré samedi critique. L'époque de la construction de murs entre les pays est "révolue" et "aujourd'hui, on n'est plus à une époque où on construit des murs entre les nations. Ils (les dirigeants américains) ont oublié qu'il y a quelques années le mur de Berlin s'est effondré", a lancé M. Rohani lors d'un discours.

Dans ses restrictions à l'immigration, Washington va aussi arrêter pendant quatre mois le programme fédéral d'admission et de réinstallation de réfugiés de pays en guerre, toutes nationalités confondues. Un programme humanitaire ambitieux créé en 1980 et qui n'a été suspendu qu'une seule fois: durant trois mois après le 11-Septembre.

Quant aux réfugiés syriens, qui ont fui par millions le conflit dans leur pays, mais dont seulement 18.000 ont été acceptés aux États-Unis depuis 2011, ils seront définitivement interdits d'entrée, jusqu'à nouvel ordre.

Appel de l'ONU

Pour l'année budgétaire 2016 (du 1er octobre 2015 au 30 septembre 2016), les États-Unis, alors gouvernés par le démocrate Barack Obama, avaient admis sur leur territoire 84.994 réfugiés du monde entier, parmi lesquels un peu plus de 10.000 Syriens. L'administration Obama s'était donné pour objectif d'accepter 110.000 réfugiés pour l'année budgétaire 2017.

L'administration Trump vise dorénavant "pas plus de 50.000" réfugiés cette année.

Dans une déclaration commune à Genève, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) ont appelé les États-Unis à poursuivre leur tradition d'accueil des réfugiés.

"Les places de réinsertion offertes par chaque pays sont vitales. L'OIM et le HCR espèrent que les États-Unis vont continuer à jouer leur rôle important de leader et poursuivre leur longue tradition de protection de ceux qui fuient les conflits et les persécutions", indique leur déclaration.

"Les réfugiés doivent recevoir un traitement équitable (...) et des opportunités de réinsertion, quelles que soient leur religion, leur nationalité ou leur race", précisent les deux organisations internationales.

Le président républicain a été élu le 8 novembre sur des slogans de campagne nationalistes, isolationnistes et de lutte contre le "terrorisme islamique radical".

Il a récemment assuré qu'il ne visait pas avec ses mesures contre l'immigration une "interdiction contre les musulmans" mais "des pays qui ont beaucoup de terrorisme".

"Nous sommes une nation compatissante et je soutiens le programme de réinstallation des réfugiés, mais il est temps de réévaluer et de renforcer le processus de vérification des visas", a souligné le chef de la majorité républicaine à la Chambre des représentants, Paul Ryan. "Le président Trump a raison de s'assurer que nous faisons tout notre possible pour savoir exactement qui entre dans notre pays".

Les démocrates se sont en revanche inscrits en faux contre le texte. "Le décret cruel du président Trump sur les réfugiés sape nos valeurs fondamentales et nos traditions, menace notre sécurité nationale et démontre une méconnaissance totale de notre strict processus de vérification, le plus minutieux du monde", a regretté Ben Cardin, de la commission des Affaires étrangères du Sénat. "Cette politique à courte vue est dangereuse et va nuire à nos alliances et partenariats", a-t-il dit.

Sans lien direct avec le nouveau décret américain, un rapport publié vendredi par le Fonds monétaire international s'inquiète des capacités de l'Afghanistan toujours en guerre à absorber le retour massif de ses réfugiés et appelle la communauté internationale à leur apporter une aide financière et humanitaire.

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