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Trump prend un décret pour stopper l'entrée aux États-Unis de «terroristes islamiques radicaux»

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DONALD TRUMP
U.S. President Donald Trump looks on following a swearing-in ceremony for Defense Secretary James Mattis at the Pentagon in Washington, U.S., January 27, 2017. REUTERS/Carlos Barria TPX IMAGES OF THE DAY | Carlos Barria / Reuters
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Le président des Etats-Unis Donald Trump a annoncé vendredi un sérieux tour de vis en matière d'immigration, visant certains pays musulmans afin de stopper l'entrée éventuelle sur le territoire américain de "terroristes islamiques radicaux".

Une semaine tout juste après s'être installé à la Maison Blanche, M. Trump a déclaré qu'il avait pris un décret intitulé "protection de la nation contre l'entrée de terroristes étrangers aux Etats-Unis", un texte que la Maison Blanche n'avait cependant pas rendu public vendredi soir.

Le contenu du décret est toutefois connu depuis que le journal Washington Post en a publié une copie, dès mercredi soir et que M. Trump lui-même l'avait commenté.

Lors d'une cérémonie en grande pompe vendredi au Pentagone, en l'honneur de son nouveau secrétaire à la Défense James Mattis, le président américain a annoncé qu'il mettait "sur pied de nouvelles mesures de contrôle pour maintenir hors des Etats-Unis les terroristes islamiques radicaux".

"Nous ne les voulons pas ici", s'est exclamé le 45e président des Etats-Unis devant des hiérarques militaires réunis au ministère de la Défense, à quelques encablures de Washington.

"Nous voulons être sûrs que nous ne laissons pas entrer dans notre pays les mêmes menaces que celles que nos soldats combattent à l'étranger (...) Nous n'oublierons jamais les leçons du 11-Septembre" 2001, a proclamé M. Trump, en allusion aux attentats perpétrés par le groupe Al-Qaïda et qui ont traumatisé l'Amérique.

C'est du lourd

"C'est du lourd", a lancé le président, sans donner de détails sur son décret.

D'après le projet de décret dans le Washington Post, les autorités américaines bloqueraient pendant un mois l'arrivée de ressortissants de sept pays musulmans: Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen.

Washington arrêterait aussi pendant quatre mois le programme fédéral d'admission et de réinstallation de réfugiés de pays en guerre, toutes nationalités confondues.

Un programme humanitaire ambitieux créé en 1980 et qui n'a été suspendu qu'une seule fois: durant trois mois après le 11-Septembre.

Quant aux réfugiés syriens, qui ont fui par millions le conflit dans leur pays, mais dont seulement 18.000 ont été acceptés aux Etats-Unis depuis 2011, ils seraient définitivement interdits d'entrer aux Etats-Unis.

Pour l'année budgétaire 2016 (du 1er octobre 2015 au 30 septembre 2016), les Etats-Unis, à l'époque gouvernés par Barack Obama, avaient admis précisément sur leur territoire 84.994 réfugiés du monde entier, parmi lesquels un peu plus de 10.000 Syriens. L'administration Obama s'était donnée l'objectif de 110.000 réfugiés acceptés pour l'année budgétaire 2017.

L'administration Trump en viserait dorénavant tout juste 50.000.

Le président républicain a été élu le 8 novembre sur des slogans de campagne nationalistes, isolationnistes et de lutte contre le "terrorisme islamique radical".

Et deux jours avant qu'il n'annonce son décret, le nouvel occupant de la Maison Blanche l'avait défendu à la télévision. Interrogé par la chaîne ABC sur la réaction qu'il risquait de provoquer chez les musulmans, il avait rétorqué qu'il fallait agir dans "un monde en colère" devenu "un foutoir complet".

"Ce n'est pas une interdiction contre les musulmans mais cela concerne des pays qui ont beaucoup de terrorisme", avait martelé le milliardaire populiste.

Mais il s'est attiré les foudres des défenseurs des droits de l'homme et des libertés publiques.

Malala a 'le coeur brisé

La jeune Pakistanaise Malala Yousafzai, lauréate 2014 du prix Nobel de la paix, a déclaré avoir "le coeur brisé de voir l'Amérique tourner le dos à son fier passé d'accueil de réfugiés et de migrants".

Aux Etats-Unis, l'Aclu, la plus grande association de défense des droits civiques, a tonné contre ces mesures de "contrôle extrême" qui "ne sont que de la discrimination contre les musulmans". Aux yeux de son directeur Anthony Romero, le président Trump violerait même la Constitution américaine qui interdit toute forme de discrimination religieuse.

La première association d'Américains musulmans (moins de 1% de la population), Cair, a également dénoncé un "ciblage des gens sur leurs croyances et leurs origines" et a promis qu'elle se battrait en justice contre le décret présidentiel.

Du côté du gouvernement, le département d'Etat - en pleine transition depuis le départ du démocrate John Kerry qui n'a pas encore été remplacé - s'est engagé à "travailler étroitement avec le département de la Sécurité intérieure pour appliquer immédiatement" le décret de Donald Trump.

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