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Comment Chaymaa, Angélique et Stella travaillent tout en parcourant le monde

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DIGITAL NOMAD
De gauche à droite: Stella, Angélique, et Chaymaa. | Ibtissam Ouazzani
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ENTREPRENEURIAT - Travailler tout en bronzant sur une plage brésilienne semble invraisemblable, et pourtant... Le nomadisme digital, ce nouveau mode de travail qui consiste à travailler à distance à travers le monde, en utilisant simplement un ordinateur et une connexion Internet, a le vent en poupe. HuffPost Maroc a rencontré les entrepreneuses Chaymaa, Angélique et Stella, lors de la soirée débat "Digital Nomad Talks" qu'elles ont organisée pour inciter les gens à explorer cette nouvelle façon de travailler.

La naissance du concept Digital Nomad Talks

Chaymaa, Angélique et Stella ont décidé de quitter leurs emplois à plein temps pour lancer leurs propres entreprises, dont le travail est basé en ligne. Chaymaa a pu faire la connaissance d’Angélique au Brésil qui, de son côté, a rencontré Stella lors d’une croisière. Grâce aux réseaux sociaux, elles ont gardé contact et ont ainsi pu savoir qu’elles seraient toutes les trois au Maroc à la même période. Du coup, cela leur a donné une idée: celle d'organiser une soirée-débat pour partager leur expérience . Elles ont alors lancé le concept du "Digital Nomad Talks" et invité le public à les rejoindre pour une première édition au sein de l'espace de 7ay Coworking à Rabat.

Elle parcourt le monde, une caméra à la main

Chaymaa, une marocaine de 26 ans, se définit comme étant une nomade digitale. Elle a fait des études de production cinématographique en Egypte et en Allemagne et a participé à plusieurs ateliers et programmes d'entreprenariat et de cinématographie nationaux et internationaux mais c’est seulement lors d’un séjour à Dakhla que l’idée de créer sa propre entreprise lui est survenue. Elle quitte alors son emploi à plein temps et lance, en octobre 2015, la "Nomadic Filmland Academy".

"Mes parents auraient préféré qu’à 25 ans, je commence à fonder une famille, confie Chaymaa. Au début, ils ne comprenaient pas très bien le fait que je travaillais à distance, surtout en me voyant me déplacer d’un endroit à un autre, mais ils m’encourageaient quand même", explique-t-elle.

chaymaa rhou

Son entreprise Nomadic Filmland Academy (NFA) offre un programme de production cinématographique qui dure une semaine. Il permet aux participants de visiter plusieurs destinations marocaines tout en développant leurs compétences de production audio-visuelle grâce aux différents ateliers donnés durant ce voyage. Ce séjour de découverte commence en plein cœur du Sahara ; le désert évoquant cet esprit nomade de l’entreprise comme l’explique Chaymaa au HuffPost Maroc.

En mars 2015, NFA a conclu un partenariat avec "Dahab Co-workInn Space" pour créer le "Dahab Film Camp" en Égypte. Il s'agit d'un atelier adressé aux jeunes entrepreneurs voulant améliorer leurs compétences en production audio-visuelle. Chaymaa a aussi déjà commencé à avoir des clients du monde entier, qui veulent participer à son propre programme.

Aujourd’hui, elle vit au Maroc mais son cœur de nomade a encore des idées de voyage. "Les gens me demandent souvent comment je peux m’offrir tous ces déplacements. C’est tout d’abord une question de priorité, souligne Chaymaa. Je viens d’une famille de classe moyenne et avoir sa propre entreprise ne veut pas dire que je roule sur l’or. Je ne fais que suivre mon instinct tout en restant ouverte aux opportunités qui s’offrent à moi".

Savoir quand changer de vie

Angélique quant à elle a passé plus de 15 ans en tant qu'employée en ressources humaines dans différentes entreprises. Elle avait l'occasion de faire plusieurs déplacements internationaux pour son travail, mais c'est seulement après être rentrée d'une croisière, qu'elle se rendit compte qu'elle serait incapable de rester assise à son bureau de 9h à 17h cinq fois par semaine.

"Je pouvais parfaitement offrir mes services sans être rattachée à un endroit précis", dit-elle lors de sa présentation aux Digital Nomad Talks en montrant une photo d’elle travaillant en maillot de bain au Brésil.

Aujourd'hui, Angélique est une "Chief Happiness Officer". Sa mission, comme elle l'explique lors de Digital Nomad Talks, consiste à aider les entreprises à créer « une culture du 21ème siècle » dans leurs bureaux basée sur des valeurs de liberté et trouver des solutions aux tensions que connaissent les employés au sein de l'entreprise.

S'imposer ses propres règles

Stella, 31 ans, a créé son entreprise "22Stars" en 2012 qui vend des bijoux fabriqués par des femmes Ougandaises à partir de papier recyclé. Pouvoir créer et vendre des bijoux en ligne et atteindre des clients internationaux permettent à ces femmes de stimuler leur créativité, de parvenir à une indépendance financière et ainsi de favoriser leur émancipation.

"Ce n’est pas aussi facile d'être une nomade digitale, explique Stella, qui vit entre les Pays-Bas et l'Uganda. Il faut savoir planifier les choses à l’avance, savoir comment travailler sans être dépendant d’un lieu précis. Personne n’est là pour te dire quoi faire. C’est une liberté certes, mais il te faut en conséquence imposer tes propres règles et fixer tes propres délais", précise-t-elle.

Toutes les trois voient le nomadisme digital comme un état d'esprit. "On peut rester dans le même pays et toujours être considéré comme nomade digital, explique Chaymaa. C'est ce qu'on fait de ce temps qui importe".

Pour partager leur expérience, les jeunes femmes ont déjà trois autres Digital Nomad Talks de prévu : elles seront à Casablanca ce dimanche à 14h au Workspot Coworking, à Marrakech le 4 février à 13h au Queen’s Collective, et à Agadir (la date n'a pas encore été annoncée) pour faire découvrir aux jeunes Marocains un nouveau mode de vie et leur faire comprendre qu’ils pourraient concilier travail et liberté de mouvement.

Quid du nomadisme digital

Un nomade digital peut être un "freelancer" travaillant pour une entreprise comme il peut être un entrepreneur qui gère sa propre boîte, tant qu’il n’est pas dépendant d’un endroit pour pouvoir travailler.

Le nomadisme digital a toujours été là mais le terme n’a été forgé qu’il y a quelques années, ce qui a permis à plusieurs professionnels de s’identifier à ce mode de vie. La pratique commence à gagner en popularité grâce aux réseaux sociaux qui réunissent des communautés de nomades modernes de différentes nationalités.

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