Une exposition posthume rend hommage à Aziz Abou Ali à Rabat

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Exposition: Aziz Abou Ali, la mélancolie en héritage | Bank Al Maghrib
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CULTURE - Le Musée de Bank Al-Maghrib de Rabat organise, du 26 janvier au 10 mars, une exposition rendant hommage posthume à l'artiste peintre et graveur marocain Aziz Abou Ali, décédé en 1993 dans des conditions tragiques.

Un artiste qui a passé la majeure partie de sa carrière en Espagne, "de son vivant, il était surtout connu dans ce pays", nous explique le commissaire de l'exposition et collectionneur Rachid Chraibi.

D'abord formé à l'Académie des beaux-arts de Tétouan, il poursuit son éducation artistique en Espagne, à l'École supérieure des beaux-arts de Sainte Isabelle. Trois ans plus tard, il part à Madrid et intègre l'Ecole de San Fernando".

Au cours de sa carrière, il reçoit plusieurs distinctions: en 1968, il décroche la médaille d'argent de Ségovie; en 1986 il est 2ème prix à Séville et remporte la médaille d'argent à la biennale internationale des arts graphiques à Trieste en 1973.

Une fin tragique

Mort d'un malaise cardiaque, sa dépouille n'est retrouvée que 45 jours après son décès. C'est d'ailleurs Rachid Chraibi, commissaire de l'exposition qui, n'ayant pas de nouvelles de son ami, prévient en 1993 les autorités espagnoles pour effectuer des recherches. Aziz Abou Ali sera retrouvé dans mort son appartement, au dernier étage d'une tour en travaux de réaménagement.

"Quelle ironie du sort! Le gîte de notre artiste est déclaré monument historique, il en fut le dernier locataire à partir, après un couple de vieillard décédés dans l'indigence et l'abandon", déclare la critique d'art Zineb Abderrazik Chraibi dans la monographie dédiée au peintre, repris par le communiqué du Musée de la banque.

Un artiste profondément mélancolique

Une fin tragique qui rajoute à la légende de cet artiste que Rachid Chraibi qualifie de "seul et mélancolique". Pour lui, les circonstances de son décès mettent en lumière le "caractère solitaire d'Aziz Abdou Ali".

Enterré au cimetière de Madrid, il a laissé derrière lui presque 1500 oeuvres. Elles témoignent bel et bien des états d'âme du peintre graphiste. Au fil des années, les couleurs vives et les visages laissent la place à des formes et corps torturés. Le noir et blanc prend alors une place prédominante dans ses travaux.

"L'ambiance de ses oeuvres est tragique. L'usage du noir et du blanc, la présence de personnages écrasés, vecteur d'identification privilégié pour mettre en relief ses états mentaux (ennui, peur, angoisse, désespoir, etc.)",précise le communiqué du Musée de Bank Al-Maghrib.

L'exposition "Aziz Abou Ali, entrave et mélancolie" se déroule du 26 janvier au 10 mars au Musée de la banque à Rabat et est organisée à l'occasion de la parution du livre dédié à son oeuvre "Le graveur de la solitude" aux éditions Marsan.

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Exposition: Aziz Abou Ali, la mélancolie en héritage
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