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L'ARP reporte, de nouveau, le vote du Code électoral: Le droit de vote des forces armées divise

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TUNISIA ASSEMBLY
Zoubeir Souissi / Reuters
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Alors qu’il devait être voté lors de la séance plénière tenue, hier, à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), le Code électoral vient, pour la quatrième fois, d’être reporté et ce à cause de quelques points de discorde entre les différents blocs parlementaires. La séance reprendra mardi 31 janvier 2017.

Intervenant sur les ondes de la radio Express FM, le secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires locales et de l’environnement, Chokri Belhassen, a expliqué que ce report a été demandé par les présidents des différents blocs parlementaires après que les élus n’aient pas réussi à trouver un terrain d’entente. Encore une fois, le point de discorde était relatif à l’article concernant la participation des militaires et des agents de la sûreté intérieure aux élections municipales et locales.

Selon Chokri Belhassen, le gouvernement – qui tient absolument à ce que ces élections soient tenues au cours de cette année – a présenté une nouvelle version du projet de loi contenant un article qui permet aux deux entités militaires de participer, uniquement, au vote avec interdiction de présenter des candidatures ou de participer, de quelconque manière, aux différentes campagnes électorales.

De son côté, la présidente de la commission du règlement intérieur et de l’immunité à l’ARP, Kalthoum Badreddine a indiqué, lors de son intervention à Express FM, que le ministre des Affaires locales et de l’environnement, Riadh Mouakher, a déjà présenté une proposition de loi aux présidents des blocs parlementaires qui dispose que les militaires et les agents de sûreté intérieure ont le droit de voter tout en leur interdisant toute implication dans les campagnes ou au niveau des candidatures. Selon la députée, le vote devait trancher sur la question sauf que, plus tard, quelques blocs ont carrèment rejeté le vote dans son ensemble ce qui a causé le report.

La participation des corps armés aux élections municipales oppose, depuis quelques mois, les blocs parlementaires de mouvements de Nidaa Tounes et d’Ennahdha; alors que le premier soutien ce droit, le second s’y oppose et y voit une menace qui toucherait l’indépendance des militaires et des agents de la sûreté intérieure. Mais, et à en croire la députée du bloc démocratique, Samia Abbou, les deux mouvements seraient derrière ces reports et la raison n’aurait rien à avoir avec l’article en question. Intervenant sur les ondes de Shems FM, la députée a en effet indiqué que les deux mouvements craignent ces élections et prétendent un clivage pareil pour les retarder au maximum.

De son côté, et lors d’une interview accordée au journal Le Temps, le président de l’Instance supérieur indépendante pour les élections (ISIE), Chafik Sarsar, a expliqué que le Code électoral demande une majorité absolue (50% +1 des voix) pour être adopté et qu’il ne demande, en aucun cas, l’unanimité des voix.

Par ailleurs, le président de l’ISIE a avoué que l’Instance a beaucoup de mal à s’adapter au rythme ralenti que lui impose le Parlement en évoquant, à titre d’exemple, le renouvellement du tiers de la composition de l’Instance qui a pris plus qu’une année de retard.

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