Consommer du cannabis, Hassan Ben Othman ose l'avouer sur la télévision tunisienne (VIDÉO)

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Alors que le débat bat son plein sur l'abrogation de la loi 52 sur les stupéfiants entre les différents projets de loi proposés aussi bien par l'exécutif, l'ARP que la société civile, voici qu'un célèbre chroniqueur et journaliste ose avouer publiquement qu'il consomme du cannabis. Ce dernier est Hassen Ben Otham à l'émission "Liman Yajroo Fakat" sur la chaîne El Hiwar Ettounssi.

"Le produit qu'on vend en Tunisie, c'est de la contrefaçon et a le même effet que les cigarettes ", a avancé Hassan Ben Otham en parlant du cannabis. "Comment vous savez que ce n'est pas de la bonne qualité? ", l'a interpellé l'animateur Samir El Wafi. "Parce que je l'ai essayé, je ne vous ai pas dit moi que je fume du cannabis!", a confié le chroniqueur en expliquant par la suite que ça lui est nécessaire pour l'écriture.

Au risque d'être arrêté après l'émission comme l'a rappelé par l'animateur, Ben Othman répond: "Le problème n'est pas ceux qui fument mais ceux qui discutent des choses qu'ils ignorent en y associant leurs fantasmes; leur envie refoulée d'essayer. Leurs motivations sont de l'ordre des désirs étouffés ou de la haine aveugle", a-t-il rétorqué.

Promulguée en 1992 du temps du régime de Zine el Abidine Ben Ali, la "loi 52" est l'objet d'une longue controverse dans le pays: elle prévoit une peine minimale d'un an de prison pour "consommation de stupéfiants" et interdit en outre aux magistrats de prendre en compte des circonstances atténuantes.

Les appels se multiplient pour une réforme profonde de la controversée "loi 52", afin que "fumer un joint" ne mène plus chaque année des milliers de jeunes en prison dans la Tunisie de l'après-révolution.

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Certains ont cru en finir avec une nouvelle loi-tant promise- sur les stupéfiants abrogeant la fameuse loi 52. Béji Caïd Essebsi, président de la République, l'avait promis lorsqu'il était candidat à l'élection présidentielle de 2014 et nombreux y ont cru.

Environ trois années après, on revient à la case de départ avec un nouveau projet de loi qui serait "plus liberticide", dénonce la société civile: une peine de prison qui serait maintenue pour le consommateur et une amende plus lourde, a signalé Ghazi Mrabet, avocat et fondateur du collectif "Al Sajin 52", au HuffPost Tunisie. Un collectif d'associations composé de FIDH, Al Sajin 52, RSF, Human Rights Watch, EUROMED...sont montés au créneau pour faire barrage médiatiquement et à l'ARP à la version en cours d'adoption par les députés.

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