Avec Los Angeles, Rabat parmi les villes incontournables pour les street artistes

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CULTURE - Rabat se fraie un chemin dans le circuit des villes incontournables pour le street art. La capitale du royaume fait en effet partie des meilleures cités pour les graffeurs contemporains, selon le site spécialisé Artsy.

Rabat figure dans la liste aux côtés de Los Angeles, Buenos Aires, Lisbonne, Hong Kong et Melbourne. Une consécration qui fait suite à l'organisation, en 2015 et 2016, du festival de street art Jidar dans les rues de Rabat par l'association EAC L'Boulevart et la Fondation nationale des musées (FNM).

Depuis l'ouverture du musée Mohammed VI d'art moderne et contemporain à Rabat, des dizaines d'artistes étrangers et marocains sont venus investir les murs de la ville deux années de suite en réalisant d'immenses fresques peintes.

Un "effet positif" sur la population

"Les pièces exposées forment un fascinant mélange de styles et de cultures. La géométrie et les éléments calligraphiques de l'art islamique traditionnel étaient bien représentés aux côtés d'œuvres figuratives surréalistes", note Artsy.

Interrogé par le site new yorkais, l'artiste argentin Jaz explique que Rabat est l'un des endroits où il y a eu le plus d'interaction avec la population. Un sentiment partagé par le street artist espagnol Okuda, qui confie avoir senti que son travail a eu "un effet positif sur le quartier et la population".

Pour le magazine culturel, peindre à Rabat, une ville "historiquement conservatrice", représente un "challenge" pour les artistes internationaux qui doivent "innover et peindre en tenant compte des attentes politiques et sociales".

Contrairement à New York et Londres où les artistes peuvent se heurter à de nombreux obstacles comme le coût de la vie ou la difficulté à trouver des murs libres, Rabat fait partie des villes qui répondent aux besoins des graffeurs en termes d'opportunités commerciales et de collaborations, de cadre législatif et de géographie.

"Le plus important, c'est que les artistes repartent heureux"

"Nous sommes très heureux que Rabat apparaisse dans ce classement. C'était en effet une promesse que l'on avait faite lors de la première édition de Jidar: placer Rabat dans le réseau mondial des villes propices au street art", nous confie Salah Malouli, directeur artistique du festival. "Le plus important, c'est que les artistes repartent heureux et en parlent autour d'eux", estime-t-il.

Après le succès des deux premières éditions, une troisième édition du festival Jidar aura d'ailleurs lieu à Rabat au mois d'avril.

Pour l'artiste Morran Ben Lahcen, l'avènement des réseaux sociaux a beaucoup joué dans l'essor du street art au Maroc. "Cela a permis aux artistes de voir l'évolution du secteur dans le pays et à l'étranger", explique-t-il au HuffPost Maroc.

Si les festivals et les caravanes de street art ont aussi fait sortir de l'ombre certains artistes et démocratisé l'art de rue, pour le graffeur, le rôle des fondations, associations et surtout des galeries d'art reste primordial pour faire évoluer le secteur.

"La balle est dans leur camp. Il faut qu'ils aillent dénicher des talents et trouvent des espaces de création et du matériel pour les artistes", estime-t-il, déplorant le fait que beaucoup de jeunes graffeurs ne puissent pas se permettre d'acheter le matériel nécessaire qui coûte parfois trois à quatre fois plus cher au Maroc qu'en Europe.

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