Le premier débriefing de Sean Spicer, porte-parole de la Maison Blanche, en a abasourdi plus d'un

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Le premier débriefing de Sean Spicer, porte-parole de la Maison Blanche, en a abasourdi plus d'un | Fox News
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INTERNATIONAL - La guerre couve entre le cabinet de Donald Trump et les journalistes. Samedi 21 janvier, alors que les chiffres de la Marche des Femmes à Washington battaient tous les records, Sean Spicer, porte-parole de la Maison Blanche a tapé du poing sur le pupitre de la salle de conférence de la Maison Blanche.

Au cours de ce débriefing improvisé (la première conférence de presse doit se tenir lundi 23 janvier), l'homme du président s'en est pris aux journalistes, critiquant la couverture médiatique réservée à l'investiture de Donald Trump. "Certains médias s'appliquent à faire circuler de fausses informations", a-t-il déclaré, pointant notamment du doigt le nombre de participants estimés à l'investiture de Trump, bien inférieur à celui donné pour la Marche des Femmes.

"Sean Spicer: 'Nous tenons la presse pour responsable'".

Le sujet est sensible, dans une Amérique qui a rarement été aussi divisée. Les chiffres ont donc toute leur importance et, à en croire Sean Spicer, l''investiture de Donald Trump a battu des records.

"C'était la plus grande foule qui ait jamais assisté à une investiture", a-t-il scandé, chiffres à l'appui. "Nous savons que 420.000 personnes ont utilisé le métro hier, et contre 317.000 pour la dernière investiture du président Obama", a-t-il insisté, estimant que plus d'un million de personnes en tout avaient assisté à la cérémonie. Dans la matinée, Donald Trump avait lui affirmé que 1,5 millions de personnes s'étaient déplacées.

Et pour justifier les photos montrant un parterre plutôt vide, Sean Spicer a utilisé des arguments surprenants. "Les photographes ont été intentionnellement orientés de façon à minimiser l'énorme soutien qui s'était accumulé devant le National Mall", a-t-il asséné, s'appuyant tout d'abord sur le credo de la presse partisane, avant d'avancer des arguments d'ordre pratique cette fois.

"C'était la première fois dans l'histoire de notre nation que le sol avait été recouvert pour protéger l'herbe du Mall. Ce qui a eu pour effet de mettre en évidence les zones où les gens n'étaient pas debout, alors que lors des années précédentes, l'herbe permettait d'éviter cette impression. C'est aussi la première fois que les enceintes et les magnétomètres étaient aussi loin du Mall, pour éviter que des centaines de milliers de gens ne puissent accéder au Mall aussi vite que les années passées", a soutenu Sean Spicer.

Ces tentatives pour "diminuer l'enthousiasme" face à l'élection et l'investiture de Donald Trump sont "fausses et honteuses" a dénoncé le porte-parole, qui en a profité pour donner quelques leçons aux journalistes sur leur façon de travailler.

Revenant sur le déplacement du président Trump dans les bureaux de la CIA, Sean Spicer s'est attardé sur l'accueil chaleureux que le président y aurait reçu. "Les employés étaient fous de joie qu'il soit le nouveau Commandant en chef, et il leur a délivré un message puissant et important", a détaillé Spicer, avant de dénoncer l'absence de l'ex-directeur de la CIA John Brennan, qui a démissionné de son poste le jour de l'investiture de Trump.

"C'est une honte que la CIA n'ait pas de directeur pour accompagner le président lors de sa visite" a-t-il déclaré, avant d'accuser les Démocrates, responsables selon lui de cette situation. "C'est cela que vous, les journalistes, devriez écrire et couvrir, au lieu de créer des divisions avec de petites histoires et de fausses informations", a tancé le républicain.

Et Sean Spicer de mettre fin à la "conférence de presse" et de quitter la salle, sans répondre à aucune question. Cette entrée en matière, pour le moins inhabituelle, a de quoi raviver les inquiétudes des journalistes de la Maison Blanche, alors que l'équipe de communication du milliardaire n'a jamais caché son intention de vouloir faire évoluer les traditions médiatiques en vigueur à Washington.

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