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Pendant son discours d'investiture, Donald Trump a été fidèle à celui qu'il était pendant sa campagne

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DONALD TRUMP WASHINGTON SPEECH 20 2017
President Donald Trump delivers his speech at the inauguration ceremonies as the 45th president of the United States on the West front of the U.S. Capitol in Washington, U.S., January 20, 2017. REUTERS/Rick Wilking | Rick Wilking / Reuters
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ÉTATS-UNIS - On a beau commencer à connaître le personnage Trump, avec ses coups d'éclat, ses contradictions, ses déclarations tonitruantes, l'homme qui a prêté serment ce vendredi 20 janvier devant le Capitole de Washington a surpris. Avec son discours offensif et résolument patriotique, il s'est inscrit en rupture totale avec la solennité et la distance généralement observée dans le contexte d'une cérémonie d'investiture. Et il a, par la même occasion, conservé l'habit du candidat au poing levé.

Au lendemain de son élection le 9 novembre, il avait pourtant prouvé qu'il savait faire preuve de sobriété. Conciliant et fair-play envers son ancienne rivale Hillary Clinton, il avait appelé au rassemblement et rassuré sur ses intentions à l'international dans son premier discours de président élu. Donald Trump était tellement à contre-courant du ton de sa campagne qu'observateurs et spectateurs de sa victoire ont pu mettre ce revirement sur le compte de la surprise ou de l'émotion.

Si l'émotion l'avait poussé à mettre de l'eau dans son vin, il semblerait que Donald Trump ait désormais bien digéré sa victoire, et le fait qu'il soit aujourd'hui, à 70 ans, le 45e président des États-Unis. Ce vendredi, il a douché les espoirs d'une présidence moins brutale que ses discours de campagne.

"L'Amérique d'abord"

Style offensif, accents nationalistes, le désormais président a balayé en une quinzaine de minutes les grands thèmes de sa campagne, comme le protectionnisme économique. "À compter d'aujourd'hui, ce sera l'Amérique d'abord et seulement l'Amérique!", a-t-il lancé, énonçant "deux règles simples": acheter américain et embaucher américain.

Le magnat de l'immobilier, qui ne cesse de dénoncer les délocalisations des industries américaines, a regretté que des "millions d'Américains" soient "laissés sur le carreau". "Mais ça, c'est du passé. Je ne vous laisserai jamais tomber", a-t-il affirmé. "Le temps des discours vides est fini, le temps de l'action est venu".

Dans la droite ligne de ses déclarations de campagne, Donald Trump a parlé des "quartiers défavorisés", une expression qu'il a plusieurs fois utilisée et associée aux personnes de couleur. Lors du deuxième débat présidentiel, il avait ainsi expliqué vouloir aider "les Afro-Américains", qui "vivent dans les quartiers défavorisés", où les taux de pauvreté sont élevés et les emplois absents.

"Les femmes et les enfants sont piégés par la pauvreté dans les quartiers défavorisés. Les entreprises rouillées par le temps ferment et créent des cimetières sur tout le paysage de notre nation (...) La criminalité, les gangs et les drogues ont volé trop de vies et pris à notre pays tellement de son potentiel", a-t-il dit vendredi.

"Ce carnage américain s'arrête ici et maintenant. Nous sommes une nation, et leur malheur est le nôtre. Leurs rêves sont nos rêves, et leur succès sera le nôtre. Nous partageons un même coeur, un même foyer, et un même destin glorieux", a-t-il ajouté.

Une phrase remarquée sur le "terrorisme islamique radical"

Donald Trump a promis de "renforcer les vieilles alliances et d'en forger de nouvelles", tout en déplorant que depuis des années l'Amérique ait "subventionné les armées d'autres pays", sans dire toutefois à quels États étrangers il faisait référence.

Le milliardaire républicain a par ailleurs promis d'"éradiquer" le "terrorisme islamique radical". Nous allons "unifier le monde civilisé contre le terrorisme islamique radical, que nous allons éradiquer complètement de la surface de la Terre", a-t-il déclaré sous les applaudissements de plusieurs centaines de milliers de personnes.

La phrase n'a pas manqué de faire réagir. Sur les réseaux sociaux, beaucoup d'Américains ont regretté que leur nouveau président assimile le terrorisme à l'islam, et n'évoque pas le terrorisme dans son ensemble. Certains ont aussi mis en avant l'utilisation du mot "islamique" au lieu "d'islamiste".

"Trump dit qu'il détruira 'le terrorisme islamique radical', puis poursuit en condamnant les préjugés. *je secoue ma tête*"

"Ah, Trump vient juste de dire 'terrorisme islamique radical'. Boom! C'est bon. À cet instant, tous les différents groupes terroristes ont disparu dans un nuage de fumée"

"C'est un discours terrifiant. La plus grosse vague d'applaudissements est venue quand Trump a promis d'éradiquer le terrorisme 'islamique'".

"Une nouvelle fierté nationale"

Dans un discours aux accents populistes, Donald Trump a promis de "transférer" le pouvoir vers le peuple et appelé à "une nouvelle fierté nationale". "Ensemble nous allons rendre à l'Amérique sa force. Nous allons rendre à l'Amérique sa prospérité. Nous allons rendre à l'Amérique sa fierté. Nous allons rendre à l'Amérique sa sécurité. Et oui, ensemble, nous allons rendre à l'Amérique sa grandeur", a martelé Donald Trump, reprenant son slogan de campagne.

Donald Trump a terminé son discours en brandissant le poing. L'image, déjà vue pendant sa campagne, est néanmoins surprenante pour ce type de cérémonie. Elle a divisé, sur les réseaux sociaux comme dans les rues de Washington. Elle a divisé les Américains comme Donald Trump a divisé pendant sa campagne. Le nouveau président américain doit maintenant prouver qu'il ne divisera pas au-delà de cette journée d'investiture, et qu'il réalisera "l'unité" qu'il a appelée de ses voeux ce vendredi.

"C'est vraiment choquant de voir à quel point ce discours était déconnecté de l'histoire des investitures. Cette investiture était uniquement destinée à l'Amérique rouge (les républicains, ndlr)"

"Incroyable discours d'investiture du président Trump, sans précédent. Les bien pensants vont détester ça, les Américains ordinaires l'acclameront"

Retrouvez l'intégralité du discours de Donald Trump (en anglais) ci-dessous, sur sa page Facebook :

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