Parlement: Opposition dans la majorité, majorité dans l'opposition?

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PARLEMENT - Quelques jours après l'élection du président de la Chambre des représentants, qui intervient dans un contexte marqué par l'arrêt des négociations pour la formation du gouvernement, des points de convergence se font jour. Le parlement, véritable miroir des rapports de forces politiques, montre le reflet d'agglomérations partisanes dont la durabilité semble inévitable.

Si la carte politique est toujours marquée par les changements en cours, ne permettant ainsi pas de dégager avec acuité les tendances pérennes des postures temporaires, des lignes politiques émergent, annonçant une configuration où l'opposition ne sera pas forcément l'oeuvre de partis politiques clairement alignés dans l'opposition, et où la majorité devra chercher ses soutiens en dehors des partis présents dans l'exécutif.

Opposition dans la majorité, majorité dans l'opposition

La ligne de fracture a des noms. Tantôt c'est un bloc partisan tendant vers le "Tahakoum" versus des chantres de l'indépendance de la décision partisane. Tantôt c'est un bloc libéral porteur d'un corpus de valeurs progressistes contre des partis conservateurs. La qualification et la justification de cet antagonisme est avant tout une histoire de chapelles politiques.

La situation actuelle est certes changeante, mais les lignes politiques adoptées par les différentes formations politiques semblent moins dictées par les exigences du moment ou par des tactiques sur le court terme que par une volonté de constituer des pôles politiques.

Si elles persistent, et si les acteurs politiques maintiennent cet horizon, l'opposition au gouvernement Benkirane III sera moins l'oeuvre d'un bloc d'opposition homogène qui adoptera une posture statique, que de partis politiques dont les intérêts divergent a priori, mais qui, partageant a minima des principes politiques ainsi qu'une vision commune, pourraient impulser une ligne de conduite commune, et ponctuellement ou régulièrement coordonner afin de faire valoir leur point de vue.

183 députés derrière Benkirane

Du haut de ses 46 sièges, le parti de l'Istiqlal pourrait jouer un rôle important pour faire passer des lois au parlement ou pour y faire barrage, c'est selon.

Contacté par le HuffPost Maroc, le président du groupe parlementaire de l'Istiqlal Noureddine Mediane indique que "le Conseil national de l'Istiqlal a déjà rendu sa décision à ce sujet. Nous soutiendrons le Parti de la justice et du développement que nous soyons à la majorité ou à l'opposition". Selon Mediane, si le gouvernement venait à être formé, l'Istiqlal "ne soutiendra pas toutes ses composantes, mais primordialement le PJD et ses ministres".

Le Parti du progrès et du socialisme (PPS), s'il ne dispose que de douze sièges, reste le principal allié du Parti de la justice et du développement. Au total, le bloc PJD, PPS et Istiqlal dispose de 183 sièges.

Le G8 ressuscité

Le Parti authenticité et modernité (PAM), qui compte 102 députés à la première chambre, a fait le choix inverse: celui de soutenir le bloc de quatre partis politiques formé par le Rassemblement national des indépendants (RNI, 37 sièges), l'Union constitutionnelle (UC: 19 sièges), le Mouvement populaire (MP, 27 sièges) et l'Union socialiste des forces populaires (USFP, 20 sièges), qui ambitionnent d'entrer ensemble au gouvernement. Citant le précédent du G8, un député du PAM contacté par le HuffPost Maroc justifie cette coordination par "la nécessité de défendre une ligne politique progressiste".

Si le gouvernement venait à être formé et incluait toutes ou certaines de ces formations politiques, le PAM s'opposera en premier lieu au PJD, mais soutiendra l'action du bloc RNI-UC-MP-USFP. Le clan PAM-RNI-UC-MP-USFP compte 205 sièges au parlement, soit une "part de marché" relativement grande, mais dont la pérennité dépendra, avant tout, de la discipline des députés, ainsi que des consignes de vote.

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