France Inter provoque l'indignation en Turquie avec une chanson satirique sur l'attentat du Nouvel an

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REINA
OSMAN ORSAL / REUTERS
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Mise à jour : Suite à de nombreuses menaces de mort et à la demande de France Inter, nous avons retiré tout moyen d'identifier visuellement le musicien.

MÉDIAS - Le président de l'Autorité turque des médias, Ilhan Yerlikaya, a fait part de son malaise à son homologue français après la diffusion d'une chanson d'un humoriste de la radio publique française sur l'attentat du Nouvel An à Istanbul, a annoncé l'agence de presse Anadolu jeudi 19 janvier.

Dans une émission du 6 janvier, Frédéric Fromet, chansonnier sur France Inter, a interprété une chanson sur l'air de la "Macarena", traitant avec humour l'attentat qui a frappé une boîte de nuit branchée d'Istanbul, "La Reina", la nuit du 31 décembre 2016.

"39 morts, et alors ? C'est loin d'ici et, on a beau dire, c'est quand même assez joli de finir sa vie dans les confettis", chantait-il en s'accompagnant à la guitare

La chanson n'a pas fait rire en Turquie. Dans une lettre au président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), Olivier Schrameck, le président de l'Autorité turque des médias fait part de son "malaise" et appelle à "une approche plus collaborative, raisonnable et prudente dans le domaine des médias audiovisuels pour lutter contre le terrorisme".

Un "message fraternel" incompris

"Le langage et le style utilisés dans le programme susmentionné ont eu le même impact sur les Turcs de France et de Turquie qu'ils auraient pu avoir sur le peuple français si un programme similaire avait été diffusé par un média étranger après le détestable attentat du 13 novembre au Bataclan à Paris", écrit Ilhan Yerlikaya.

Répondant aux critiques sur les réseaux sociaux, Frédéric Fromet s'est dit, "désolé que certaines personnes n'aient pas compris ce message fraternel" dans lequel il dénonce "l'indifférence kilométrique, qui ferait qu'on devrait trouver normal d'être moins touché quand c'est loin".

Laurence Bloch, directrice de France Inter, a également expliqué le 10 janvier dans une lettre, que l'objectif était d'appeler "les citoyens et dirigeants européens à manifester une solidarité et une compassion fraternelles à l'égard de toutes les victimes".

Frédéric Fromet avait composé une chanson après les attentats de janvier 2015, "Coulibaly Coulibalot", qui se moquait des assaillants, mais aussi après les attentats de novembre 2015, "Allô maman, j'suis bobo", où il riait des "bobos", visés lors des attaques sur les terrasses et au Bataclan qui avaient fait 130 morts à Paris.

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