Cartographie: Daech a perdu près d'un quart de son territoire en 2016

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INTERNATIONAL - Un net recul. Le groupe jihadiste ultraradical Etat islamique (EI, ou Daech) a perdu en 2016 près du quart (23%) du territoire qu'il contrôlait en Irak et en Syrie. Un recul qui menace sa "cohésion", selon une étude publiée ce jeudi 19 janvier par le cabinet d'analyse IHS Markit.

Entre le mois de janvier 2016 et la fin de l'année, la superficie du "califat" proclamé par Daech sur ces deux pays est passée de 78.000 km2 à 60.400 km2, soit une zone représentant la moitié d'un pays comme la Corée du Nord, explique cette firme basée à Londres.

daseh territoire

En 2015, le territoire contrôlé par les jihadistes avait déjà fondu de 14%, passant de 90.800 km2 à 78.000 km2.

Perte de "zones cruciales pour le projet" de Daech

L'EI "a souffert de pertes territoriales sans précédent en 2016, notamment des zones cruciales pour le projet de gouvernance du groupe", souligne un analyste d'IHS, Columb Strack, cité dans l'étude.

"Et ceci, a-t-il souligné, malgré la reconquête en décembre de Palmyre", la ville syrienne antique inscrite par l'Unesco au patrimoine mondial de l'humanité, reprise par les jihadistes après une contre-attaque éclair.

Comme le souligne IHS, l'EI n'en a pas moins connu en 2016 une série d'échecs militaires, perdant en Syrie les villes de Dabiq ou Minbej, et en Irak celles de Ramadi ou Fallouja.

Selon IHS, les pertes territoriales enregistrées par l'EI ont entraîné des dissensions en interne sur la manière d'y répondre, qui menacent la "cohésion" du groupe. "Cela fait peser sur le groupe Etat islamique le risque de défections vers des groupes jihadistes rivaux en Syrie, ou même d'un possible éclatement interne" de l'EI, estime un autre expert d'IHS, Ludovico Carlino.

Mossoul reprise plus tôt que prévue?

Alors que des responsables militaires ont annoncé mercredi la libération de la partie est de Mossoul, IHS estime que la ville irakienne pourrait être complètement reprise "avant la seconde moitié de l'année".

La reconquête de Raqa, en Syrie, pourrait s'avérer plus problématique, avance également IHS en soulignant que la ville constitue "le coeur de l'Etat islamique".

IHS estime qu'il faudra probablement pour en chasser les jihadistes en 2017 "une vaste intervention au sol" menée par un acteur extérieur comme les Etats-Unis, la Turquie ou la Russie, et celle des forces du président Bachar Al-Assad.

Les Etats-Unis veulent appuyer sur l'accélérateur

Dans ce contexte, le Pentagone prépare les options qui pourront être présentées à Donald Trump pour accélérer la campagne militaire contre le groupe Etat islamique, conformément aux voeux exprimés par le nouveau président américain pendant sa campagne.

Donald Trump a promis de "bombarder à mort" l'EI et a affirmé avoir un plan secret pour vaincre rapidement les jihadistes.

Le président élu, qui prendra ses fonctions vendredi, a aussi dit qu'après son arrivée au pouvoir il réunirait ses principaux généraux et leur donnerait "30 jours" pour préparer un "plan pour vaincre le groupe Etat islamique".

Un responsable américain de la Défense, interrogé par l'AFP sous couvert d'anonymat, n'a pas exclu que des soldats supplémentaires puissent être envoyés en Syrie.

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