Huffpost Maroc mg

Obama commue la peine de Chelsea Manning, ancienne source de Wikileaks

Publication: Mis à jour:
CHELSEA MANNING
People hold signs calling for the release of imprisoned wikileaks whistleblower Chelsea Manning while marching in a gay pride parade in San Francisco, California June 28, 2015. Manning has appealed to an Army court to overturn her court-martial conviction, a court filing released on Thursday said. REUTERS/Elijah Nouvelage/File Photo | Elijah Nouvelage / Reuters
Imprimer

ÉTATS-UNIS - La Maison Blanche a annoncé ce mardi 17 janvier que Barack Obama avait commué la peine de 209 personnes et accordé 64 grâces. Parmi celles-ci, l'ancienne source de Wikileaks Chelsea Manning qui retrouvera la liberté le 17 mai 2017.

La militaire transsexuelle, qui s'appelait auparavant Bradley Manning, avait été condamnée en août 2013 pour avoir transmis plus de 700.000 documents confidentiels au site Wikileaks et ne pouvait pas espérer sortir de prison avant 2045, précise le New York Times.

Au mois de novembre dernier, Chelsea Manning avait écrit au président pour lui expliquer qu'elle ne demande pas à être graciée mais qu'elle espérait une réduction de peine. "Le seul allègement que je demande est de sortir de la prison militaire, après avoir passé six ans à l'isolement", y affirmait Chelsea Manning soulignant n'avoir jamais eu "l'intention de porter atteinte aux intérêts des Etats-Unis ou des membres des forces armées".

Deux tentatives de suicide et une grève de la faim

Âgée de 29 ans, Chelsea Manning avait tenté de mettre fin à ses jours en octobre, après une première tentative de suicide en juillet. Elle avait aussi annoncé en septembre avoir entamé une grève de la faim dans sa prison militaire de Fort Leavenworth (Kansas) pour obtenir les soins nécessaires à son changement de genre.

Considéré par ses partisans comme un héros pour avoir dévoilé selon eux les abus des Etats-Unis en Irak et en Afghanistan, Manning a été dénoncé par la justice américaine comme un traître mettant son pays et ses camarades en danger.

Selon la Constitution, le président peut soit gracier un condamné, soit commuer sa peine, c'est-à-dire en raccourcir la durée sans effacer la sentence. La grâce présidentielle s'applique aux condamnations rendues par la justice fédérale.

Obama y aura eu recours 212 fois depuis début 2009, plus que son prédécesseur George W. Bush (189) mais moins que Bill Clinton (396). En revanche, il est champion des commutations de peines (1385), dans un contexte de surpopulation carcérale.

"Traître" traité en "martyr"

"VICTOIRE", a immédiatement tweeté Wikileaks.

"VICTOIRE: Obama commue la peine de Chelsea Manning, ramenée de 35 à 7 ans. Sa sortie est maintenant prévue le 17 mai. Voici le contexte"

Si le président élu Donald Trump n'avait pas réagi mardi en fin de journée, nombre de ténors républicains ont exprimé leur mécontentement. Furieux, le sénateur de l'Arkansas Tom Cotton a déploré qu'un "traître" soit traité comme un "martyr". Il a affirmé ne pas comprendre "pourquoi le président aurait une compassion particulière pour quelqu'un qui a mis en danger les vies de nos soldats, de nos diplomates de nos agents de renseignement et de nos alliés".

Le sénateur John McCain a dénoncé "une grave erreur" qui risque "d'encourager d'autres actes d'espionnage et d'affaiblir la discipline militaire". "C'est tout simplement scandaleux", a surenchéri Paul Ryan, président républicain de la Chambre des représentants.

L'organisation Amnesty International a salué une décision positive mais tardive, jugeant "extravagant" que Chelsea Manning ait passé tant d'années en prison.

Le cinéaste Michael Moore a réagi avec enthousiasme: "MERCI président Obama pour avoir commué la peine de prison de Chelsea Manning !!! Elle sera libérée en mai au lieu de 2045 !! MERCI".

LIRE AUSSI: