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Ahmed Lahlimi : "2017 risque d'être l'année de la prédominance de l'idéologique sur l'économique"

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LAHLIMI
Abdeljalil Bounhar/AP
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ECONOMIE - "L’année 2016 a été une année d’incertitudes". C’est avec ces mots qu’Ahmed Lahlimi, Haut Commissaire au Plan, a débuté sa conférence annuelle sur la situation économique du royaume. Avec la faible production agricole et la montée de l’insécurité dans la région (et la baisse des arrivées touristiques et des IDE qui s’ensuit), l’année qui vient de s’écouler sera loin de rester dans les annales des performances économiques du royaume.

Le secteur primaire (Agriculture et pêche maritime) a régressé fortement (-9,8%). Et le secteur secondaire (industries) s’est de son côté ralenti (+1,9% de valeur ajoutée au lieu de 2,8%). Ce sont les activités tertiaires (services) qui se sont le mieux comportées avec une hausse de la valeur ajoutée de 2,3% au lieu de 1,2% en 2015. Ce qui, de l’aveu du patron du HCP est «une preuve de la vulnérabilité de notre modèle de croissance». En effet, selon lui, seuls les deux premiers secteurs représentent une «économie réelle» et seule une hausse de la production pourra garantir un modèle économique viable.

Baisse du commerce international

"Les pays occidentaux et industrialisés se replient de plus en plus sur eux même. Les élections américaines et le Brexit ont prouvé que les gouvernements de ces pays vont recentrer leurs politiques sur leur marché interne, au mépris même des principes du libre-échange". L’économie marocaine risque, selon lui, de pâtir sérieusement de cette nouvelle orientation puisque c’est vers à une stagnation voire une baisse du commerce international qu'on se dirige.

Ainsi, 2017 risque d’être l’année de la "prédominance de l’idéologique sur l’économique". Et, au vu de la conjoncture internationale, du comportement du marché, et des conditions climatiques, il fixe ses prévisions de croissance à 3,6% en 2017. Grâce notamment à la hausse de la valeur ajoutée du secteur primaire de 9,9%) et l’accroissement de la demande intérieure de 3,9% en 2017.

Lahlimi a également confirmé les projections du ministère des Finances en matière d’endettement : l’encours de la dette publique globale passerait de 81,8% en 2016 à 80,5% du PIB en 2017. L’encours de la dette du Trésor serait ramené de 64,8% du PIB en 2016 à 64,0% du PIB en 2017.

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