Dévastée, l'université de Mossoul a été reprise aux djihadistes qui en avaient fait leur QG

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The interior of a burnt building of the University of Mosul is seen during a battle with Islamic State militants, in Mosul, Iraq, January 14, 2017. REUTERS/Ahmed Saad TPX IMAGES OF THE DAY | Ahmed Saad / Reuters
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INTERNATIONAL - Elle était l'une des universités les plus réputées d'Irak avant la prise de Mossoul par les djihadistes en 2014. Elle est aujourd'hui en ruines, calcinée en partie. L'immense campus a été le terrain d'intenses affrontements entre la coalition et Daech, qui en avait fait son QG principal. L'immense campus a été repris aux djihadistes le 14 janvier.

Certains bâtiments sont brûlés et d'autres truffés d'explosifs, des balles fusent de temps en temps sur le campus: l'université de Mossoul porte les stigmates de la guerre.

L'université aux vastes bâtiments modernes accueillait chaque année 30.000 étudiants. Elle réunissait 22 facultés, 7 centres de recherches, 5 centres hospitaliers et 6 musées. Depuis 2014, elle était désertée. Elle ne sera pas rapidement repeuplée malgré sa reprise samedi par les forces d'élite du contre-terrorisme (CTS) qui mènent l'offensive pour reconquérir la deuxième ville du pays.

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Les Forces spéciales irakiennes se sont rassemblées près d'un immeuble de l'université de Mossoul, le 15 janvier 2017, au terme d'une longue bataille contre l'Etat islamique.


Substances chimiques

Le campus reste source de danger. Des bâtiments "sont minés et des substances chimiques sont stockées dans certaines parties de l'université", explique à l'AFP le capitaine des CTS Saif Ali. Ces substances auraient pu servir à fabriquer des armes chimiques rudimentaires.

"Nous avons pris le contrôle des entrepôts et des laboratoires dans lesquels ils (les jihadistes) travaillaient" et neuf tonneaux de substances chimiques ont été saisis, précise le général Sami al-Aridhi, un des commandants des CTS. Des ingénieurs militaires inspectent le campus, selon lui. L'EI se servait aussi de l'université comme d'"un centre de commandement", précisent ces forces d'élite.

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Daech s'était emparé en 2014 de l'immense campus de Mossoul et en avait fait son QG, y déposant de quoi fabriquer des bombes.

Bâtiments brûlés

Les forces du CTS ont attaqué l'université de deux côtés et sont parvenues à atteindre leur objectif au bout de six heures de combats, a dit le général Aridhi. Fidèles à leur stratégie, les jihadistes ont lancé des kamikazes à bord de voitures bourrées d'explosifs pour les stopper mais celles-ci ont été neutralisées, a-t-il ajouté.

Certains bâtiments de l'université ont échappé aux combats et sont quasiment intacts, mais d'autres sont très endommagés, avec des traces de fumée noire sur les façades de ceux incendiés. Un fragment rouillé de ce qui semble être un missile est coincé dans les débris à l'intérieur d'un édifice calciné. Mais l'enseigne "Collège technique de Mossoul" est restée indemne.

Dans un autre, des traces de sang séché sur les escaliers, et des plafonds détruits dont les morceaux sont dispersés au sol. Un peu plus loin, le cadavre d'un combattant est étendu au milieu d'une rue.

A l'extrême est de l'université, des membres du CTS, tous vêtus de noir, sont blottis autour d'un feu de bois pour se tenir au chaud, l'un fumant un narguilé. La reprise du campus s'est déroulée "d'un bâtiment à l'autre", témoigne Haider, un membre du CTS qui a pris part à l'assaut.

Encore dix jours de bataille à Mossoul-Est

Avec la reprise de l'université, la bataille pour expulser les jihadistes de la totalité de la partie orientale de Mossoul, divisée en deux par le fleuve Tigre, approche de sa fin. Elle devrait se conclure dans les dix jours, prédit le général Taleb Cheghati al-Kenani, commandant en chef des CTS.

Les forces irakiennes ont reconquis désormais 85% de cette partie Est depuis le début, le 17 octobre, de leur vaste offensive destinée à reprendre aux jihadistes leur principal fief irakien. Mais la bataille est loin d'être terminée: il restera ensuite à reconquérir la partie occidentale, moins vaste mais plus densément peuplée.

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