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Qui est Habib El Malki, le nouveau président du parlement?

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EL MALKI
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PARLEMENT - Avec Habib El Malki, l'Union socialiste des forces populaires (USFP) s'assure le contrôle de l'institution législative. El Malki, dont le parcours se confond avec celui de l'USFP, est l'une des figures qui ont contribué à l'intégration institutionnelle de l'Union socialiste des forces populaires (USFP) dans les années 90.

Janvier 1991. Soucieux de consolider un rapprochement déjà entamé avec l'opposition de gauche, le roi Hassan II coopte plusieurs personnalités de l'USFP. Dont Habib El Malki. Désigné à la tête du Conseil national de la jeunesse et de l'avenir (CNJA), il se confrontera à bien des reproches de la part des "camarades" du parti, qui lui reprochent son côté "lisse".

C'est que Habib El Malki était l'un des défenseurs d'une ligne politique participationniste et centriste. L'homme, prudent par nature, doté d'un tempérament de diplomate, est attaché à la recherche du consensus, et évite, au mieux que faire se peut, les apparitions médiatiques qui peuvent s'avérer coûteuses en terme d'image.

Né en 1946 à Bejaâd, El Malki est avant tout un universitaire. Auteur de plusieurs livres portant sur des questions de développement et d'économie, il a également signé des articles de recherche et a, avec Abdelali Doumou, développé une approche qui a fait date sur le capitalisme d'Etat et la bourgeoisie d'Etat. Ancien élève de l'économiste René Michel Moret, aux côtés de Fathallah Oualalou, il a longtemps géré avec un soin particulier la médiatisation de ses recherches universitaires.

L'inamovible député de Khouribga

Lors des législatives de 1993, Habib El Malki est élu à la circonscription de Khouribga. Celui qui, dès cette date, est devenu un député inamovible de cette circonscription avait le don de transformer chaque rendez-vous électoral en plébiscite, puisqu'il gardera son fauteuil lors des élections 1997, de 2002, de 2011 et de 2016.

Lors des tractations pré-gouvernementales qui ont précédé l'expérience de l'alternance, il était pressenti ministre de l'Emploi. Le 14 mars 1998, il est nommé ministre de l'Agriculture, du développement rural et de la pêche dans le premier gouvernement El-Youssoufi. Durant les 100 premiers jours du gouvernement, il sillonne le Maroc à la rencontre des professionnels du secteur, tente de mettre en place quelques réformes. Il restera en poste durant deux ans, avant d'être remplacé en septembre 2000 par Moulay Ismail Alaoui.

En 2002, il est nommé ministre de l'Éducation nationale dans le gouvernement Jettou I, et s'adjoindra, en 2004, les portefeuilles de l'Enseignement supérieur, de la formation des cadres et de la recherche scientifique.

Mort politique puis retour à la vie

A partir de 2007, Habib El Malki traverse le désert, en long, en large et en travers. Certes, ses activités au Centre marocain de conjoncture (CMC) qu'il préside le distraient quelque peu, mais ne lui permettent pas de jouer un rôle central dans la vie politique. En 2012, il tente de se faire élire premier secrétaire de l'USFP, mais y échoue face à Driss Lachgar, dont il deviendra, par la suite, le bras droit et l'éminence grise.

"Il a réussi un exploit: celui de ressusciter d'une mort politique que l'on croyait définitive", commente un député, vieux routier de la politique, contacté par le HuffPost Maroc. Un autre parlementaire se montre plus conciliant. "Habib El Malki est un homme qui sait écouter et accorder leur place à toutes les opinions, quelles que soient les divergences. Il a le profil-type d'un président du parlement".

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