Huffpost Maroc mg

Survivre en pleine nature, une aventure insolite désormais possible au Maroc

Publication: Mis à jour:
SURVIE
Survivre en pleine nature, une aventure insolite désormais possible au Maroc |
Imprimer

SURVIE - Perdu en pleine nature, sans aide, sans repères, et ce pendant quatre jours et quatre nuits. Le concept vous attire et vous n'êtes pas effrayés à l'idée de manger des grenouilles ou des insectes? Il est désormais possible de vivre une escapade à la "Koh Lanta" au Maroc.

Mustapha el Ouakhoumi, guide de haute montagne, collabore en effet depuis cinq ans avec Denis Tribaudeau, grand aventurier français, pour organiser des stages de survie dans le Haut Atlas ou le désert marocain, au sein de l’agence "Aventures insolites", basée à Marrakech.

Contacté par le HuffPost Maroc, le duo de choc de l’agence marrakchi nous livre les détails de l’organisation de ses périples et insiste sur le fait qu’avant tout, la survie, c'est répondre à toutes les questions existentielles que l'on n’a plus l'habitude de se poser. Où vais-je dormir ce soir? Que vais-je manger aujourd'hui? Vais-je trouver de quoi manger? Et l'eau? Y'en aura-t-il sur mon chemin?

L'homme développe ainsi un instinct quasi-animal. Et pendant les quatre jours que durent les stages de survie proposés par l’agence, les objectifs sont simples: manger, boire et trouver un endroit pour passer la nuit. Retour à la base de l'existence à travers un avant-goût de cette aventure.

1

En rouge, Denis Tribaudeau, au centre Mustapha el Ouakhoumi, entourés de leurs apprentis aventuriers dans le Sahara en 2013.

Le plus important: s'hydrater

Si vous pensez que la nourriture est plus importante que l'eau dans la survie, vous avez tort. La base d'un maintien en bonne condition physique, surtout dans des zones très arides telles que le désert, c'est l'eau. Alors en premier lieu, si vous êtes totalement perdu, l'eau sera votre seule alliée. Si vous croisez un cours d'eau, remontez-le, c'est là où vous aurez le plus de chances de croiser un pêcheur ou un quelconque signe de civilisation.

Dans le désert, c'est une autre paire de manches. Heureusement, Mustapha et Denis connaissent les emplacements des oasis. "Dans le désert, on est obligé de passer par des oasis pour se ravitailler."

2

À la vue d'une cascade dans le Haut Atlas, certains ne résistent pas et foncent sous l'eau pour se rafraichir et s'hydrater.

Se nourrir

En situation de survie, et surtout dans le désert, ce n'est pas toujours chose facile de trouver quelque chose à se mettre sous la dent. Du coup, on ne va pas faire le difficile: Mustapha et Denis initient leurs groupes aux joies des insectes en tous genres. Dans le Haut Atlas, il leur arrive même parfois de chasser la grenouille.

Mais gare aux espèces protégées, comme nous l'explique Mustapha: "Je leur apprends à fabriquer des pièges pour chasser, mais on ne s'en sert pas beaucoup car il y a trop d'espèces protégées. Quand j'emmène un groupe avec moi, je préfère leur faire manger des insectes, des grenouilles, des feuilles d'acacias, des baies, quelques fruits ou légumes selon la saison et l'endroit."

scorpion

Quand on n’a presque rien à se mettre sous la dent, impossible de refuser un petit scorpion.

Il y a des limites à la survie

Mais stage de survie ne veut pas dire survie à l'état pur. Il y a tout de même certaines limites, cela reste une simulation. Alors Mustapha se permet quelques écarts en prévoyant une ration de farine par personne :

"Lorsqu'on part en stage de survie, chacun dispose d'un kilo de farine. Cela va nous servir à faire du pain ou des pâtes. Parfois nous trouvons même quelques plantes et légumes, de quoi faire une bonne soupe."

4

À l'heure du repas, tout le monde met la main à la pâte et rien n'est gaspillé

Mais tout ceci n'est rien sans feu:

5

Tant qu'il fait jour, on ramasse tout le bois que l'on trouve afin de pouvoir s'éclairer, se chauffer et cuire ce que l'on a récolté pour le dîner.

Une précaution indispensable car le feu est la base d'un maintien en survie quasi-assuré, il permet de se chauffer, se nourrir, et s'éclairer dans la nuit noire.

S'abriter pour la nuit

Pour éviter de trop s'exposer aux prédateurs, et essayer de trouver un nid "douillet" pour la nuit, Mustapha El Ouakhoumi a décidé de s'abriter dans les grottes du Haut Atlas. Ainsi, les apprentis Indiana Jones profitent des bergeries naturelles pour dormir et faire le feu du soir.

6

Habituellement, les chèvres se plaisent dans ce genre d'endroit, il faut donc faire avec les crottins qui jonchent le sol!

Mais dans le désert, c'est un peu plus complexe, comme pour tout d'ailleurs. Alors on fait avec les moyens du bord comme nous l'explique Mustapha: "Dans le désert c'est plus compliqué, nous disposons de bâches et nous essayons de monter des abris de fortune à l'aide de branchages et de tout ce qui nous passe sous la main."

7

"Pour nous, cela s'apparente à de la survie, mais pour les nomades qui vivent dans le désert, c'est la vie de tous les jours."

La chaleur est l'ennemi public numéro un pour ces apprentis aventuriers. Tous les moyens sont bons pour y échapper.

dromadaires

Et quand il n'y a pas d'eau dans les alentours, pas d'autres choix que de se poser à l'ombre des dromadaires.

Pas d'inquiétude, vous avez à faire à des guides chevronnés

Alors oui, vous serez perdus en pleine nature, mais que les plus sceptiques se rassurent, Mustapha connaît son métier. Il prend donc toutes les précautions nécessaires vis-à-vis de la santé de son groupe, en toute discrétion. "Je ne le dis pas au groupe, mais dans ma poche j'ai un téléphone portable que j'utilise en cas d'urgence médicale."

Au total, l'agence française "Panter", partenaire de l'agence marocaine "Aventures insolites", propose 29 stages différents, dont deux au Maroc. "En général, ce sont trois ou quatre stages qui sont organisés au Maroc chaque année. Ce qui représente à peu près 5% du chiffre d'affaires global de l'agence, et entre 30 et 50 touristes par an." Mais le Mac Gyver du XXIe siècle n'a initié que très peu de Marocains, la plupart de ses clients étant des Français.

Le survivalisme, un véritable phénomène de mode

Le survivalisme est en vogue en ce moment, notamment grâce au programme télévisuel américain "Man vs Wild", émission dans laquelle l'aventurier Bear Grylls se fait larguer en pleine nature, avec pour unique objectif de retrouver les traces de la civilisation. Une immersion ultra-réaliste qui a sans doute inspiré de nombreuses agences touristiques à travers le monde.

Cependant, le nombre de touristes venant au Maroc chaque année pour ces stages ne dépasse jamais la quarantaine.

Selon Mustapha el Ouakhoumi, il est impossible de faire dans le tourisme de masse car cela aurait des effets catastrophiques sur la faune et la flore locale. La nature se ferait littéralement piller ses ressources petit à petit. "Ce que recherchent avant tout les stagiaires survivalistes, c'est cette communion avec la nature."

8

Survie, mode d’emploi

À l'origine de ces stages de survie, l'agence de tourisme française Panter spécialisée dans le créneau, fondée par Denis Tribaudeau. Ce dernier a par ailleurs écrit un guide de survie en milieu hostile aux éditions "Le courrier du livre".

survie mode emploi

Petit bonus: apprenez à faire du feu avec Denis Tribaudeau:

Pour une excursion de 7 jours, comptez aux alentours de 3000 dirhams par personne. Si vous venez directement du Maroc, adressez-vous à l'agence "Aventures insolites" via leur site internet.

Sinon, pour ceux qui ont besoin de prendre l'avion pour venir, rendez vous sur le site de Denis Tribaudeau.

LIRE AUSSI: Ces globe-trotters marocains qui plaquent tout pour voyager