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Pour les USA, la lutte contre les sites pirates est une bataille économique

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Dans sont dernier rapport, le Bureau du représentant américain au commerce (USTR) établi la liste noire des sites diffusant des produits de la contrefaçon et des contenus protégés par les droits d’auteurs. Cette liste, publiée fin décembre 2016, un peu différente de celle de l’année dernière, a pour but de "motiver une action appropriée des propriétaires et des opérateurs du secteur privé, ainsi que des gouvernements, pour réduire le piratage et la contrefaçon", affirme le rapport de l’USTR.

L’USTR, qui représente les intérêts des producteurs américains de contenus (musique, cinéma, logiciels) et des entreprises d’autres secteurs, mène une véritable "guerre" contre les sites pirates qui "entraînent des pertes financières considérables pour les détenteurs de droits et les entreprises légitimes" et "sapent les avantages comparatifs essentiels des États-Unis en matière d'innovation et de créativité au détriment des travailleurs américains et peuvent présenter des risques importants pour la santé et la sécurité du consommateur".

La liste 2016 est différente de celle de 2015 après la suppression de certains sites qui se sont soit "conformés" aux règles des droits d’auteurs et de propriété intellectuels ou ont été carrément fermés. "Par exemple, KAT (Kickass Torrents), un des sites de piraterie illégale les plus populaires et les plus lucratifs au monde, a été fermé (…) en coopération avec des organismes étrangers. L'opérateur principal a été arrêté et inculpé. Suite à (cette) action, un autre site, TORRENTZ.EU, a fermé volontairement", explique le rapport de l’USTR.

Le document rappelle aussi que le Cyberlocker EX.UA, un des plus importants sites pirates en Ukraine, a été retiré de la liste parce qu’il a annoncé qu’il aller fermer. "Le site a été largement répandu pour avoir permis le téléchargement illégal de musiques, vidéos, et de logiciels protégés par copyright, et a été responsable de 15 à 25% de l’ensemble du trafic d'Internet en Ukraine".

En plus des sites de téléchargements, la technique du "Stream Ripping", qui permet de "convertir un fichier à partir d'un site de streaming autorisé en une copie non autorisée", constitue, selon l’USTR, "cause des préjudices économiques substantiels aux créateurs de musique". Utilisé par "près de 30% des internautes" dans le monde, le "stream ripping" a induit un "important manque à gagner" à l’industrie de la musique de streaming. "En reconnaissance de cette menace croissante", l’USTR a inscrit le service en ligne "YOUTUBE-MP3.ORG" qui permet de convertir des vidéos en mp3, dans la liste des sites pirates. Le document rappelle, non sans raison, qu’un site pirate sur trois est source de diffusion de malwares.

Une liste non-exhaustive

Il y a en tout 21 sites pirates répertoriés dans le rapport 2016 de l’USTR. Il s’agit des sites les plus importants, mais la liste "n’est pas exhaustive", comme le précise le document. Ces sites sont, pour la plupart, hébergés en Russie et en Ukraine, mais également en Suisse, en Islande, en Bosnie, en Chypres, ou les Îles Vierges britanniques.

Le fameux "The Pirate Bay" revient dans la liste noire des sites pirates de l’USTR "après une brève mise en veille". Le site de torrent "a une douzaine de noms de domaines" dans une "dizaine de pays". Il est, depuis quelques temps, signalés par les navigateurs Internet pour ses "contenus dangereux" (malwares). Il est cité parmi les sites torrents comme "ExtraTorrent.cc", "rarbg.to" ou "rutracker.org" (connu sous le nom de "rapidgator.org").

Certains sites dépassent en popularité les sites torrents. C’est le cas de "Putlocker.ch" "l'un des sites de streaming vidéo les plus de la région Asie-Pacifique pour des films et émissions télévisées piratées".

Plusieurs sites d’hébergement de fichiers (cyberlocker) sont également listés dans le rapport de l’USTR pour 2016. Il s’agit de "4shared.com", "movshare.net", et "uploaded.net". D’autres spécialisés dans le téléchargement de livres, comme "Bookfi.net" et "Libgen.io".

Parmi les sites de la liste noire on retrouve également la plateforme e-commerce business-to-business (B2B), "GongChang.com", basée en Chine, « spécialisée dans les produits et machines industrielles » contrefaits.

Créé par un "développeur anonyme en Egypte", le site "MyEgy.to" est considéré comme "l'un des plus grands marchés pour la contrefaçon de jeux vidéo, et d’autres contenus protégés (musique et vidéo) au Moyen-Orient ". En langue Arabe, il est "hébergé en Russie" et "utilise comme domaine de premier niveau le code de pays du (Royaume) de Tonga".

Figure également dans la liste noire des sites pirates, "BeeVideo.TV", une application qui "facilite la visualisation de films et des émissions de télévision piratées" sur SmartTV, Smartphones et tablettes. L’application, téléchargée plus de 12 millions de fois, n’est pas diffusée par le Play Store de Google mais sur le site éponyme hébergé en Chine.

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