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Gasoil, butane, médicaments... La Cour des comptes alerte sur la déficience des stocks de sécurité

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BUTANE
A worker carries a cylinder of Liquefied Petroleum Gas (LPG) in Foshan, Guangdong province, October 20, 2008. China is the biggest consumer of LPG, a compressed mix of propane and butane, used for heating and transport, and now increasingly being considered for making petrochemicals in the world's second-biggest economy. As demand in China soars, the U.S. shale boom has led to a surge in production of LPG, which is bringing down global prices and challenging established suppliers in the Middle E | China Stringer Network / Reuters
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RAPPORT - La Cour des comptes dresse un rapport alarmant sur les pénuries chroniques auxquelles fait face le Maroc par apport aux stocks de sécurité de produits comme le gasoil, le butane, le blé, les médicaments ou encore les dons de sang.

Selon ce rapport, les stocks de sécurité sont régis par des règles obsolètes. Ainsi, selon la Cour des comptes "le système de stockage de sécurité en vigueur au Maroc est régi par la loi n° 09-71 du 12 octobre 1971 et les législations et réglementations (...) L’analyse de ce cadre juridique et de son évolution montre qu’il reste incomplet et n’apporte pas les définitions et les spécifications nécessaires pour une gestion efficace des stocks de sécurité".

Produits pétroliers, en déficience chronique

Selon la Cour des comptes, les produits pétroliers tels que le gasoil disposaient en 2015 de réserves de sécurité de seulement 24,1 jours, alors la réglementation prévoit 60 jours de consommation pour les produits raffinés chez les distributeurs.

Du coté du butane, les stocks ne couvraient que 27,5 jours. Les supercarburants ne disposaient eux que de 34,8 jours de consommation.

"A noter que dans plusieurs cas, à l’intérieur de la même année, les stocks atteignent des niveaux critiques ne dépassant pas 10 jours de consommation pour certains mois", précise le rapport, bien en dessous des minimas requis.

Une situation qui devient encore plus critique suite à la fermeture de la raffinerie Samir en 2015. Depuis, "le marché national est approvisionné entièrement par l’importation de produits raffinés, ce qui accroit son exposition aux aléas du marché international et fait que les capacités de stockage se trouvent diminuées de celles disponibles, jusqu’à cette date, chez le raffineur local".

Le blé, contrôle difficile

Selon la même source, il est difficile pour la cour des comptes de connaitre le volume réel des stocks de blé disponibles dans le pays, en raison de la multiplicité des stockeurs (280 organismes stockeurs, 30 importateurs et 164 minoteries industrielles) dont certains utilisent encore des modes de stockage traditionnels.

Les niveaux de stocks sont de leur coté considérés comme "relativement suffisants toutefois", précise la cour. "En dépit de leur importance, ces capacités se caractérisent par une concentration dans trois régions du centre-nord qui comptent environ 62% des capacités globales".

Les médicaments, une réglementation inadaptée

Concernant les médicament, le rapport dénonce une réglementation trop généralisée qui ne tient pas compte des spécificités de certains médicaments. "La réglementation relative aux stocks de sécurité des médicaments est marquée par un manque de précision de certaines dispositions relatives aux produits concernés par le stockage de sécurité, comme elle ne couvre pas certains produits essentiels tels que les dispositifs médicaux", est-il précisé.

Ainsi les opérateurs préfèrent ne pas suivre cette réglementation. Le ministère de la Santé a même mis à leur disposition un site pour gérer leurs stocks.

Une situation encore plus alarmante du côté des dons sanguins

En effet il n'existe même pas de réglementation par rapport aux stocks de dons sanguins au Maroc. Une situation d'autant plus urgente au vu de leur quantité limitée. Malgré une hausse constante ces 7 dernières années, seul 0,9% de la population marocaine donne son sang. Le royaume est donc en dessous des recommandations de l'OMS qui conseille que 1 à 3% de la population fasse un don sanguin.

L’insuffisance des stocks de produits sanguins est attribuable, selon la cour des comptes, à plusieurs facteurs. "Il s’agit de la culture du don qui n’est pas encore assez développée, à l’insuffisance des infrastructures d’accueil et de traitement, à des problèmes organisationnels et de ressources humaines insuffisantes" précise le rapport. La Cour des comptes recommande d'ailleurs une "sensibilisation active et soutenue" du don du sang pour arriver aux taux recommandés par l'organisme mondial de la santé.

Le sucre tire son épingle du jeu

Le sucre par contre connait des stocks supérieurs à ceux recommandés. "Ainsi, en 2015, le stock disponible a dépassé, en moyenne, deux mois de consommation". Cependant, comme pour le blé, "le niveau des stocks connait des fluctuations significatives (...). Le mois d’avril enregistre systématiquement le niveau de stocks le plus faible".