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Donald Trump nomme son gendre à la Maison Blanche, mais quid des lois anti-népotisme?

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JARED KUSHNER
U.S. President-elect Donald Trump greets his daughter Ivanka and son in law Jared Kushner (R) at his election night rally in Manhattan, New York, U.S., November 9, 2016. REUTERS/Jonathan Ernst | Reuters
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ÉTATS-UNIS - Donald Trump a nommé ce lundi 9 janvier son gendre Jared Kushner haut conseiller à la Maison Blanche, officialisant ainsi le rôle-clé que joue déjà à ses côtés le mari d'Ivanka et générant par là même les critiques de favoritisme.

L'annonce n'a rien d'une surprise. Très proche du futur président, il était pressenti depuis un bon moment que Kushner hériterait d'un poste important à la Maison Blanche à partir du 20 janvier, date d'entrée en fonction de Donald Trump.

Ce riche homme d'affaires, qui vient d'avoir 36 ans, s'était en effet aménagé une place de plus en plus cruciale auprès du milliardaire new-yorkais tout au long de la campagne et la transition avec Barack Obama. "Il a été un atout formidable et un conseiller de confiance. Je suis fier de l'avoir dans un rôle clé de mon administration", s'est réjoui Donald Trump.

Mesures préventives

Jared Kushner, qui a toujours travaillé dans l'ombre devra oeuvrer "en étroite collaboration" avec le très controversé Steve Bannon, conseiller en stratégie et figure de "l'alt-right" proche des nationalistes, et de Reince Priebus, secrétaire général de la Maison Blanche.

Sa nomination risque d'alimenter les critiques sur la brochette des très fortunés conseillers qui entourent le prochain président, élu en partie sur la promesse de se faire le porte-parole des perdants de la mondialisation. Lui, qui n'avait aucune expérience politique avant de devenir l'un des chefs d'orchestre de la campagne de son beau-père, a hérité de son père d'un mini-empire immobilier comme Donald Trump.

La nouvelle soulève aussi des inquiétudes autour de conflits d'intérêt et de népotisme. Et ça, le mari d'Ivanka Trump le sait très bien. Pour diminuer ses chances de créer la polémique, ce dernier a d'ores et déjà annoncé qu'il allait renoncer à tout salaire pour la durée de ce poste.

Quant aux conflits d'intérêt du jeune homme, une avocate recrutée par Kushner a indiqué qu'il "quitterait ses fonctions" à Kushner Companies, procéderait à des "désinvestissements substantiels" et resterait à l'écart des questions ayant "un effet direct et prévisible" sur ses intérêts financiers.

Failles exploitables dans la loi

Mais même avec ces mesures préventives, Donald Trump devra prouver aux autorités que la loi anti-népotisme entrée en vigueur en 1967 après la nomination par John F. Kennedy de son frère Robert au poste de ministre de la Justice ne s'applique pas dans ce cas.

Le texte n'est en effet pas catégorique et comporte quelques failles exploitables. Officiellement, cette loi interdit aux responsables fédéraux d'engager de placer des membres de leur famille dans l'agence ou le bureau qu'ils dirigent.

Le président pourra par exemple mettre en avant le fait que, techniquement, la Maison Blanche n'est pas une agence et que cette loi n'a donc pas d'incidence. Trump pourra aussi rappeler que la justice avait autorisé Bill Clinton à confier un projet de réforme du système de santé à Hillary Clinton au cours de son premier mandat. La situation est cependant différente car la cour avait estimé que Hillary Clinton faisait déjà partie des personnels officiels grâce à son statut de première dame.

"Kushner est déterminé à se plier aux lois fédérales américaines en matière d'éthique et nous sommes en contact avec le Bureau fédéral sur l'éthique gouvernementale concernant les mesures à prendre", a en tout cas assuré l'avocate du gendre de Trump, Jamie Gorelick.

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