Première interview de Belhassen Trabelsi: Entre les aveux et le déni

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Le beau-frère de l’ancien président Ben Ali, Belhassen Trabelsi, a accordé une interview exclusive à la chaîne tunisienne privée, Attessia.

Depuis sa fuite du pays en janvier 2011, le frère de Leila Ben Ali n’a fait aucune apparition médiatique et c’est, d’ailleurs, de là qu’il a commencé son speech; l’intéressé a en effet assuré qu’il a préféré n’accorder aucune déclaration à aucun média étranger pour qu’il n’ait pas à dire que son propre pays a listé ses enfants sur des avis de recherche internationaux les considérant, ainsi, comme des personnes impliquées dans des affaires de corruption.

Interrogé sur le lieu de sa résidence actuelle, Belhassen Trabelsi s’est excusé de ne pas pouvoir répondre à une telle question mais, à la fin de l’émission, il a adressé un message à son épouse et à ses enfants en leur témoignant de son amour et en leur disant à quel point ils lui manquaient ce qui a amené les autres invités à déduire qu’il ne vivait plus au Canada. Notons que l’invité de Moez Ben Gharbia a exigé que l’interview se passe sans que son visage ne soit dévoilé.

Sur les raisons du choix du timing pour l’interview en question, le beau frère de Ben Ali a affirmé qu’il a pris cette décision après avoir suivi les séances d’audition publique des victimes de l’oppression ; après avoir exposé le calvaire dans lequel sa famille (élargie) vit après le 14 janvier, Belhassen Trabelsi a assuré qu’il n’existe aucune différence entre les familles qui ont été présentes aux séances de l’Instance vérité et dignité (IVD) et la sienne puisque la souffrance est la même.

"La raison qui m’a convaincu de m’exprimer aujourd’hui, c’est les premières séances d’audience publique des victimes de l’oppression" a t-il affirmé.

Revenant au mystère du 14 janvier 2011, Belhassen Trabelsi a fait allusion à une sorte de complot dont les principaux acteurs auraient été le Général Rachid Ammar – qui aurait, contrairement à ce qu’il a dit, rencontré Ben Ali le 9 janvier 2011 – et le directeur de la Garde présidentielle, Ali Seriati.

Ces derniers auraient joué une grande partie d’échecs accompagnés par Samir Tarhouni (qu’il accuse, sa femme et lui, d’avoir exécuté des ordres provenant de quelques parties bien déterminées) et Sami Sik Salem. Expliquant qu’il n’a pas les détails exacts du déroulement du 14 janvier, Trabelssi a expliqué cela au fait qu’il n’appelle plus sa sœur et son beau-frère que pour les occasions vu qu’ils ne sont pas dans la capacité de lui faire des confidences au téléphone.

En ce qui concerne son propre départ de la Tunisie, Belhassen Trabelsi a affirmé avoir quitté le pays à bord d’un bateau après avoir eu l’impression d’être une cible d’un piège de la part de l’ancien gouverneur de l’aéroport.

Présent sur le plateau en tant qu’invité l’avocat Imed Benhlima a tenté de ramener Belhassen Trabelsi sur les différentes accusations, dépassements et abus de pouvoir dont il est, avec sa famille élargie, accusé. En dépit des informations précises et de quelques documents qu’avaient l’avocat, Belhassen Trabelsi a absolument tout nié en bloc en insistant sur le fait que sa fortune est exclusivement le fruit de son travail et de ses efforts. Ce positionnement a d’ailleurs été largement contesté sur les réseaux sociaux de la part d'internautes qui ont estimé que toute l’interview n’était qu’une mascarade visant à blanchir l’intéressé.

A la fin de l’entretien, Trabelsi s’est adressé au chef du mouvement d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, pour lui rappeler qu’à l’époque de Ben Ali, personne ne s’était pris à sa famille et ce malgré la grande méfiance qu’avait le système contre les islamistes. Lui demandant d’agir de la même manière, Trablesi a invité Ghannouchi à trouver une manière pour que cessent les injustices qui pèsent sur les Trabelsi depuis la révolution selon ses dires.

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