Brésil: Quatre prisonniers tués dans un nouveau massacre à Manaus

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MANAUS 8 JANUARY
Soldiers of the military police are seen during a security operation outside of Puraquequara prison in Manaus after some prisoners were relocated following a deadly revolt, January 5, 2017. REUTERS/Ueslei Marcelino | Ueslei Marcelino / Reuters
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VIOLENCE - Au moins quatre détenus ont été tués, dimanche à Manaus, dans un nouvel épisode de violence carcérale ayant fait 100 morts depuis dimanche dernier, ont annoncé les autorités locales.

Quatre détenus ont été tués aux premières heures de dimanche (3H locale) dans la prison de Raimundo Vidal Pessoa, au centre de la capitale de l'Etat de l'Amazonas, a indiqué le secrétaire d'Etat chargé de l’Administration pénitentiaire, Pedro Florencio.

Sur les quatre détenus tués, trois ont été décapités et un a été asphyxié, a précisé le comité de gestion de crise, en relevant que la raison du massacre était encore inconnue. Selon l’administration pénitentiaire de l’Etat de l’Amazonas, la situation est déjà contrôlée sur le terrain.

La prison Vidal Pessoa avait été fermée en octobre dernier sur recommandation du Conseil National de la Justice (CNJ) en raison de son délabrement avancé mais a dû être rouverte, lundi dernier, pour accueillir 280 détenus, menacés de mort, transférés de la prison d’Anisio Jobim, où 56 détenus ont été tués dans la nuit du 1er au 2 janvier.

Embrasement de violence

Ce nouveau massacre intervient après l’assassinat de 56 détenus à Manaus et de 33 détenus dans la prison agricole de Monte Cristo à Boa Vista, capitale de l'Etat voisin de Roraima.

Cet embrasement de violence résulte d'une guerre que se livrent actuellement plusieurs factions de narcotrafic qui contrôlent les prisons brésiliennes, dont Comando Vermelho (CV), allié de la FDN (Familia do Norte), jugé responsable des massacres de Manaus, et le puissant Primero Commando da Capital (PCC), un grand rival du CV.

Dimanche, le ministre de la Justice, Alexandre de Moraes, a autorisé le déploiement de renforts fédéraux pour répondre aux demandes d'aide des gouvernements de l’Amazonas, Rondonia et du Mato Grosso pour contenir les violences en milieu carcéral et de moderniser les prisons locales.

249 millions de dollars débloqués

Jeudi, le président brésilien Michel Temer a annoncé le déblocage de 800 millions de réais (249 millions de dollars) pour la construction d'une nouvelle prison dans chaque Etat brésilien.

Sur les fonds annoncés, 150 millions de réais seront alloués à l’installation de brouilleurs mobiles dans au moins 30 pc des prisons de chaque Etat et 200 millions de réais iront à la construction de cinq prisons fédérales.

Avec 622.000 détenus recensés à fin 2014 par le ministère de la Justice, le Brésil compte la quatrième plus grande population carcérale au monde. Au niveau national, le taux d'occupation est de 167 pc, soit 1,67 détenu par place disponible.

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