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Justice: Le rappeur tunisien Weld El 15 pourra rester en France

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Le rappeur tunisien Weld El 15, installé depuis mars 2015 à Saint-Malo, pourra rester en France, la justice ayant confirmé vendredi en appel l'annulation de son expulsion vers la Tunisie ordonnée par la préfecture d'Ille-et-Vilaine en avril 2016, a-t-on appris de source judiciaire.

La cour administrative d'appel de Nantes a confirmé le jugement qui annulait la décision du préfet d'expulser le rappeur de 28 ans, de son vrai nom Ala Edine Yacoubi, contre l'avis du rapporteur public, a indiqué la juridiction à l'AFP.

Le 8 avril, le préfet d'Ille-et-Vilaine avait pris un arrêté portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours à l'encontre de M. Yacoubi, arrivé en France un an plus tôt, muni d'un visa "compétences et talents", et condamné à plusieurs mois de prison avec sursis en 2015 pour usage illicite de stupéfiants et pour des violences sur sa compagne.

Le chanteur avait saisi le tribunal administratif de Rennes, qui lui avait donné raison le 6 juillet en enjoignant au préfet de délivrer à M. Yacoubi une carte de séjour dans un délai d'un mois.

La préfecture avait fait appel, mettant en avant lors de l'audience les liens d'amitié entre Weld El 15 et un ancien membre de son groupe ayant rejoint le groupe Etat islamique, et qui serait décédé. Les avocats du rappeur ont dénoncé "une mascarade" et un "harcèlement" de l'administration française.

"Ils avaient des doutes sur moi, ils ont fait leur travail. Maintenant, je veux avoir une vie tranquille, je suis venu pour ça. Je vais pouvoir travailler sur mon album et continuer à faire ce que j'ai à faire. (...) Le cauchemar, il est fini", a déclaré à l'AFP M. Yacoubi.

Nommé en 2014 pour le prix Sakharov pour les droits de l'Homme, décerné chaque année par le Parlement européen, Weld El 15 avait connu de multiples péripéties judiciaires dans son pays, dénoncées par ses soutiens et des ONG comme une atteinte à la liberté d'expression dans la Tunisie post-Ben Ali.

L'artiste y avait écopé en mars 2013 de deux ans de prison ferme pour un clip vidéo diffusé en ligne et intitulé "Les policiers sont des chiens", une peine réduite en appel à six mois avec sursis. Il avait été à nouveau condamné en décembre de la même année à quatre mois de prison pour "outrage" à la police, avant d'être relaxé en appel.

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