Fermeture des écoles Gülen au Maroc, une décision diplomatique

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Groupe scolaire MAF
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TURQUIE - Jeudi 5 janvier, le ministère de l'Intérieur marocain a annoncé la fermeture des écoles issues de la fondation Gülen au Maroc. En juillet dernier déjà le chargé d'affaires de l'ambassade, Ibrahim Khalil Sakli, avait contacté le ministère marocain des Affaires étrangères au sujet des institutions appartenant à Fetullah Gülen, principal opposant au président turc Erdogan, implantées au Maroc.
En effet le régime d'Ankara accuse ce dernier, prédicateur religieux et fondateur du mouvement Hizmet, et ses fidèles, d'être derrière la tentative de coup d'état qui a secoué le pays le 19 juillet dernier.

Depuis, c'est une kabbale internationale qu'a lancée le président turc, Recep Tayib Erdogan, contre son ancien allié devenu ennemie juré. Une de ses cibles, les écoles dirigées par la fondation Gülen. Dans le communiqué annonçant la fermeture prochaine de ces écoles du groupe scolaire Mohamed El Fatih, liés à la fondation Gülen, le ministère de l'Intérieur a accusé ces établissements d'utiliser "le secteur de l’enseignement pour répandre l’idéologie de ce groupe et des idées contraires aux principes du système éducatif et religieux marocains". Une décision qui a provoqué la colère et mobilisation des parents d'enfants scolarisés dans ces écoles.

Une décision diplomatique

Cette décision, prise plusieurs mois après la demande d'brahim Khalil Sakli, est d'abord diplomatique pour le Maroc qui cherche à garder de bonnes relations avec la Turquie. Comme l'explique un expert en sociologie politique au HuffPost Maroc "Le Maroc a annoncé cette fermeture pour garder de bonnes relations avec la Turquie, qui se pose aujourd'hui comme un acteur clé dans l'équation géopolitique du monde arabo-islamique, et passer le message qu'il est un partenaire incontournable dans la lutte contre le terrorisme dans toutes ses formes".

En effet, la pérennité de ces établissements aurait pu provoquer, au moyen terme, une crise diplomatique entre les deux nations. "Nous avons vu comment Erdogan a harcelé les Etats-Unis pour qu'ils expulsent Fethullah Gulen du territoire", nous déclare l’expert en sciences politiques. Et de préciser que "leur rapprochement vers la Russie en est d'ailleurs une réponse en quelques sortes".

Toujours selon ce dernier, le délai entre la demande de Brahim Khalil Sakli, et l'annonce de la fermeture de ces écoles est aussi un moyen pour le Maroc de montrer "qu'il n'est pas aux ordres de la Turquie".

Des écoles très présentes en Afrique

Le cas du Maroc est loin d'être une exception en Afrique. Cet été, le Tchad a également annoncé la fermeture de plusieurs écoles de ce type, très présentes dans le continent. Au Sénégal, ces établissements dépendront désormais de la Fondation de l’Education turque, selon l'agence de presse turque Anadolu. En Somalie aussi ces écoles ont été fermées.

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