Pourquoi certaines femmes saoudiennes doivent se marier à des heures tardives dans les tribunaux?

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ARABIAN WOMEN
Saudi photographer Muneera Al Romaih poses in front of one of her photographs during the opening of a gallery by a group of Saudi women photographers in Amman April 8, 2009. REUTERS/Muhammad Hamed (JORDAN SOCIETY) | Muhammad Hamed / Reuters
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Le mariage des femmes sans tutelle ou sans l'aval de ce dernier constitue une problématique qui taraude les Saoudiens dans un système où la femme n'a d'existence juridique et sociale qu'à travers son tuteur masculin, en l'occurrence son père, ses frères ou son mari.

En effet, les femmes dans ce cas de figure ne se marient pas chez un Cheikh comme c'est l'usage dans ce pays, mais dans les tribunaux devant le juge du Statut Personnel. Constant que contracter ce qu'ils nomment un contrat de "Nikah" est considéré comme "une honte" pour le couple concerné, l'Arabie Saoudite a décidé d'aménager les horaires du travail des tribunaux de telle sorte que ces couples puissent se marier hors des horaires convenus, quitte à réquisitionner un juge s'il n'y en pas à ces heures tardives, a rapporté la chaîne Al Arabiya.

Ce mariage est entouré de paperasses administratives pour la femme qui veut se marier et diffère selon sa situation, à savoir si elle n'a pas de tutelle ou si son tuteur refuse ce mariage.

Pour les premières, elles doivent prouver à travers une attestation fournie par d'autres autorités habilitées qu'elle n'a pas de tuteur.

Pour les deuxièmes, c'est plus compliqué, la femme doit saisir la Justice au préalable, pour que cette dernière convoque son tuteur pour enquêter sur les raisons de refus ainsi que le futur époux pour examiner s'il est apte à ce mariage. Le juge rend ensuite son jugement qui permettra ou pas à la femme concernée de se marier.

Une prison nommée système de tutelle

Consolidé par des témoignages d'hommes et de femmes saoudiens, d'analyse actualisée du système juridico-politique, l'ONG Human Rights Watch (HRW) dresse la situation des femmes saoudiennes à travers rapport accablant de 79 pages, intitulé "Prises au pièges : Halte à la tutelle des hommes sur les femmes en Arabie saoudite ("Boxed In: Women and Saudi Arabia’s Male Guardianship System"), publié en 2016.

LIRE AUSSI:"Prises au pièges:Les femmes sous tutelle masculine en Arabie Saoudite", un nouveau rapport accablant de HRW

Le rapport démontre l'inanité de ce système juridique qui sape les droits fondamentaux de la femme, corroboré avec une culture masculine castratrice. En effet, profitant de système de tutelle, les hommes saoudiens procèdent à des chantages en extorquant des sommes d'argent exorbitantes à des femmes dépendantes de leur tutelle, rapporte le rapport de HRW.

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