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Les nouvelles missions dévoilées par la Nasa s'annoncent passionnantes

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ESPACE - 2017 n'a commencé que depuis quelques jours que la Nasa se projette déjà dans les 6 ans à venir. L'agence spatiale américaine a annoncé, les 3 et 4 janvier, les nouvelles missions qu'elle allait déployer dans les années à venir.

Ces différents lancements devraient avoir lieu de 2020 à 2023. Deux d'entre elles ciblent des astéroïdes pour scruter l'une des périodes les plus reculées et mystérieuses de notre système solaire, qui remonte à moins de dix millions d'années après la naissance du soleil. La troisième vise un peu plus loin: mieux comprendre les trous noirs et autres étoiles à neutrons.

Enfin, la Nasa a annoncé qu'elle continuait de financer un projet qui fait froid dans le dos: s'assurer qu'aucun astéroïde ne rentre en collision avec la Terre.

IXPE, pour voir dans le (trou) noir

nasa

En 2020, les scientifiques devraient en savoir plus sur les trous noirs, les étoiles à neutrons et les pulsars, des objets parmi les plus bizarres et méconnus de notre univers. La Nasa a validé, mardi 3 janvier, une nouvelle mission intitulée IXPE, pour un coût total de 188 millions de dollars.

L'idée: envoyer en orbite trois télescopes spatiaux avec des caméras bien particulières, capables d'analyser les rayons X cosmiques. Plus précisément, ces outils vont analyser la polarisation de ces astres, c'est à dire la manière particulière dont les rayonnements qu'ils émettent "vibrent".

Pourquoi se focaliser sur ces ondes particulières? Car il n'est pas possible pour les scientifiques d'observer plus directement ce qu'il se passe autour des trous noirs et des étoiles à neutrons.

LUCY, ou l'archéologie spatiale

lucy

L'Agence spatiale américaine a indiqué mercredi 4 janvier qu'elle prévoit de lancer une sonde en 2021 pour aller étudier des astéroïdes dits "troyens", en orbite stable autour de Jupiter, considérés comme les plus anciennes reliques de la formation du système solaire. Ces sortes de "fossiles" pourraient nous permettre de mieux comprendre comment se sont formées les planètes.

Baptisée "Lucy" en l'honneur de l'une des plus célèbres ancêtres de l'humanité, un australopithèque dont les restes fossilisés datent de 3,2 millions d'années, la sonde tirera profit du succès de la mission New Horizons vers Pluton et la ceinture d'astéroïdes de Kuiper avec de nouvelles versions des instruments scientifiques déjà utilisés.

Lucy devrait arriver à proximité d'un premier astéroïde en 2025 et explorera ensuite six astéroïdes Troyens de Jupiter entre 2027 et 2033.

PSYCHE, le prospecteur de fer

La Nasa a également annoncé une seconde mission qui a le même type d'objectif que Lucy, mieux comprendre l'origine de notre système solaire. L'agence a programmé le lancement d'une sonde en 2023 qui ira se mettre en orbite autour de "16 Psyche", l'un des dix objets les plus massifs de la ceinture d'astéroïdes, encore jamais exploré.

Mesurant plus de 200 kilomètres de diamètre, il serait composé uniquement de fer, comme le noyau de la Terre, mais sans couches de protection autour. "16 Psyche est le seul objet connu de cette nature dans notre système solaire nous offrant la possibilité d'observer directement un noyau planétaire", a souligné Lindy Elkins-Tanton, de l'Université d'Etat d'Arizona.

Psyche atteindra sa destination en 2030. Les scientifiques se demandent pour l'instant si cet astéroïde était à l'origine une planète, de la même taille que Mars, mais qui a perdu sa croûte rocheuse suite à de nombreuses collisions avec d'autres astres, dans les premiers temps du système solaire.

Psyche et Lucy sont clairement complémentaires. "Nous avons exploré les planètes terrestres, les géantes gazeuses comme Jupiter, et un ensemble d'autres objets qui sont en orbite autour du soleil", a ajouté Jim Green, le directeur des sciences planétaires à la Nasa.

"Lucy observera les restes de la formation du système solaire dans une zone encore plus éloignée alors que Psyche étudiera directement l'intérieur d'un corps planétaire", a-t-il poursuivi. "Et ces pièces supplémentaires du puzzle nous aiderons à comprendre comment le soleil et sa famille de planètes se sont formés au cours du temps et sont devenus des lieux où la vie peut éclore et se maintenir", a poursuivi Jim Green.

NEOCAM, l'observateur d'astéroïdes dangereux

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La Nasa a également annoncé un financement accru de son projet NEOCam. Objectif: scruter l'espace proche de la Terre pour y déceler des astéroïdes, en utilisant un télescope à infrarouge. L'intérêt: pouvoir détecter les astres les plus sombres et déterminer leur orbite. Au hasard, pour vérifier qu'ils ne risquent pas de s'écraser sur la Terre.

Si plus de 90% des astéroïdes passant proche de la Terre qui représentent un risque d'extinction de l'humanité (plus d'un kilomètre de diamètre) sont répertoriés par la Nasa, ce n'est pas le cas pour les plus petits, qui peuvent pourtant causer de sérieux dégâts. Ainsi, l'agence américaine estime que seuls 30% des météores de 160 mètres et plus sont répertoriés. Pour ceux de 30 mètres, on passe à 1%.

Avec NEOCam, la Nasa améliorerait ses compétences en matière de détection d'astéroïdes. Pour l'instant, l'agence ne prévoit pas encore de lancer ce télescope dans l'espace, mais souhaite continuer à financer le projet pour vérifier sa viabilité.

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