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Le gouvernement Benkirane III sans opposition?

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ILYAS OMARI
Ilyas el Omari, Vice Secretary General of Morocco's Party of Authenticity and Modernity (PAM) speaks during a interview on September 23, 2016, in Casablanca.The main opposition party PAM has vowed to 'liberate' Morocco from the scandal-tainted ruling PJD Islamist party as the country gears up for campaigning ahead of a crucial October election. Around 15 million Moroccans are registered to vote and 30 parties are due to take part in the election to win seats on the 395-member Chamber of Represen | FADEL SENNA via Getty Images
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PARLEMENT - L'on sait désormais à quoi ressemblera, probablement, la majorité. Mais qu'en sera-t-il de l'opposition?

Elle contrôle le travail de l'exécutif via le mécanisme des questions orales et écrites adressées au gouvernement. Elle peut mettre en place des commissions d'enquête parlementaire et préside la commission en charge de la législation à la Chambre des représentants. La Constitution, les lois organiques et ordinaires ou encore le règlement intérieur de chaque Chambre du parlement accordent différents droits et devoirs à l'opposition.

Si le mandat du précédent gouvernement a été ponctué de sorties et de salves de l'opposition, qui a rempli sa fonction avec âpreté, c'est avant tout grâce (ou à cause?) des partis politiques qui la composaient. Aux côtés du Parti authenticité et modernité (PAM), siégeaient le parti de l'Istiqlal, qui a causé bien des soucis à la majorité au gouvernement, l'Union socialiste des forces populaires (USFP), rompu à l'exercice de l'opposition, ainsi que l'Union constitutionnelle (UC).

Le PAM isolé?

La majorité gouvernementale qui se profile sera vraisemblablement composée du Parti de la justice et du développement (PJD), du Rassemblement national des indépendants (RNI), du Mouvement populaire (MP) et du Parti du progrès et du socialisme (PPS). Elle sera soutenue par le parti de l'Istiqlal et l'Union constitutionnelle (UC).

Qui sera dans l'opposition? Le Parti authenticité et modernité (PAM) en premier lieu, puis la Fédération de la gauche démocratique (FGD) qui a annoncé, de son côté, qu'elle fera de "l'opposition démocratique" et non "une opposition ordinaire". Comprenez: elle fera de l'opposition sans pour autant rejoindre un quelconque camp d'opposition.

Hormis ces deux partis politiques, aucun autre n'a officiellement annoncé qu'il sera dans l'opposition. Quoi qu'il en soit, il est à attendre que l'Union socialiste des forces populaires (USFP) rejoigne, elle aussi, les rangs de l'opposition.

L'USFP pour insuffler une certaine énergie à l'opposition

Du moins, c’est ce qu'espère le parti dirigé par Ilyas El Omari. Si l'USFP décide de rester dans l'opposition, il pourra insuffler une certaine énergie au camp censé constituer un contrepoids de l'exécutif.

Malgré cela, le trio PAM-USFP-FGD pèse à peine 124 sièges au parlement. A titre de comparaison, le PJD, à lui seul, dispose de 125 sièges. Le bloc PJD-RNI-MP-PPS dispose de 201 sièges, et l'Istiqlal ainsi que l'Union constitutionnelle, qui apporteront leur contribution à la majorité, raflent 65 sièges.

"Il est certain que dans cette configuration, le camp de l'opposition ne disposera pas d'un poids qui lui permette de remplir son rôle de contre-pouvoir", commente, sous couvert d'anonymat, un député du Parti authenticité et modernité (PAM).

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