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Violences et pillages à Béjaïa, incidents à Alger et des rumeurs en réseau

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Des rumeurs faisant état de plusieurs émeutes dans des quartiers de la capitale - dont Bab Ezzouar et Ain Benian - ont circulé dans la nuit du lundi à mardi sur les réseaux sociaux. Des sites d'informations évoquaient même des affrontements entre jeunes habitants de ces quartiers, "hostiles à la loi de finances 2017" et les forces de l'ordre, à l'instar de ce qui s'est passé plus tôt dans la journée dans la wilaya de Béjaïa.

Une vidéo publiée sur YouTube en date du dimanche 1 janvier 2017, la veille des affrontements survenus à Béjaïa, montrant des pneus et des poubelles brûler en plein milieu d'une route nationale, circulaient sur les réseaux sociaux. Des internautes ont associé ces images à des émeutes, qui seraient survenues dans la commune de Ain Benian entre des jeunes habitants et les forces de l'ordre.

Interrogés par le HuffPost Algérie, des habitants du centre-ville de Aïn Benian affirmaient pourtant n'avoir vu aucune émeute lundi soir ou mardi matin.

"Je suis passée par cette route pour rentrer chez moi lundi soir, explique une habitante du quartier. Je n'ai vu aucune émeute et les gens circulaient normalement". Une autre citoyenne explique avoir vu "ce mardi matin des pneus et des poubelles brulées. Mais cela datait de dimanche, suite à des affrontements entre "gangs", poursuit-elle.

D'autres internautes évoquaient des émeutes à Bab Ezzouar. Mais le quotidien arabophone El Khabar expliquait alors qu'il s'agissait d'attaques dont ont été victimes des ressortissants chinois.

Dans la cité Boushaki de Bab Ezzouar, à Dar El Beida, des dizaines de jeunes, armés de poignards, ont pris d'assaut lundi soir vers 23H le "quartier chinois". Ils ont assailli des magasins et locaux appartenant aux ressortissants chinois pour voler les marchandises qui étaient stockées.

La même source rajoute que l'un des propriétaires de ces magasins a été violemment agressé par ces jeunes assaillants, qui l'ont obligé à descendre de son véhicule pour le lui voler.

Les pillages se sont poursuivis pendant plus d'un quart-d'heure, jusqu'à l'intervention des autres habitants du quartier.

Condor et Djezzy dévalisés

Hier à Béjaïa, où plusieurs communes ont répondu l’appel de grève générale lancé la semaine dernière sur les réseaux sociaux, une marche de quelques centaines de personnes se dirigeant vers le siège de la wilaya, a dérapé. Des individus ont décidé de brûler un bus de l'entreprise de transport étatique locale.

Selon d'autres témoins, quelques routes ont été bloquées par des manifestants empêchant tout mouvement vers la ville.

Dans la soirée, des émeutiers ont dévalisé des magasins de Condor, Djezzy et de la SNTA. Sur les réseaux sociaux, on parle de dizaines d'interpellation après la nuit de pillage et saccage qu'a connu la ville.

Des affrontements ont éclaté un peu partout entre les manifestants et les forces de l'ordre. Ces derniers ont usé de bombes lacrymogènes.

La grève a également été observée par des commerçants de Bouira, où des jeunes habitants des communes de l'est de la wilaya ont bloqué la RN 26 et la RN 5, y brulant des pneus et des branches d'arbres, paralysant la circulation dans la région. Les éléments de la Gendarmerie nationale ont fini par évacuer les routes suscitées tard dans la soirée.

Les autorités "maîtrisent la situation"

En visite à Guelma, le ministre de l'Intérieur et des collectivités locales, Noureddine Bedoui, a tenu à rassurer les citoyens en affirmant que les autorités "maîtrisaient la situation à Béjaïa". Répondant à une question sur la grève des commerçants, il a rajouté que "le gouvernement est le seul garant du pouvoir d'achat du citoyen".

De son côté, la Ligue algérienne pour la Défense des Droits de l'Homme (LADDH) a appelé les habitants de Béjaïa au calme, expliquant dans un communiqué que les revendications sociales ne pourront être satisfaites que dans un cadre paisible.

La Ligue a ensuite averti contre une escalade des violences, qui "peut conduire le pays à la ruine", qualifiant néanmoins la grève des commerçants de la wilaya "d'actes matures".

Ce mardi matin, la situation semble calme à Bejaïa mais les commerçants ont poursuivi leur grève, apprend-t-on.

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