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Des chercheurs veulent envoyer un message à Proxima-b, l'exoplanète la plus proche de la Terre, dès 2018

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ESPACE - Depuis sa découverte en août dernier, l'exoplanète Proxima b est au centre de nombreuses attentions. Il faut dire que cette planète rocheuse orbite autour de l'étoile Proxima du Centaure, ce qui en fait la plus proche "cousine" de la Terre jamais découverte en dehors du système solaire. Mieux: vu sa distance par rapport à son étoile et sa masse, Proxima b pourrait disposer à sa surface d'eau liquide. Et qui dit eau liquide dit, potentiellement, vie extraterrestre.

Dans les années à venir, les scientifiques vont tenter d'observer comment ils peuvent en savoir plus sur cette exoplanète. Mais un groupe de chercheurs veut aller plus loin et carrément envoyer un message à destination de Proxima du Centaure, rapporte Mercury News. L'idée: dire "bonjour" à une éventuelle vie intelligente à la surface de la planète.

D'ici 2018, les scientifiques aimeraient pouvoir y envoyer des signaux radios ou lasers. "Cela pourrait être le début d'une belle amitié", lance carrément l'astrobiologiste Douglas Vakoch, fondateur du Meti, une organisation créée en 2015. Pour ce faire, les chercheurs prévoient de lever un million de dollars pour leur budget annuel et de se réunir afin, notamment, de réfléchir sur le type de message à envoyer. Une des idées évoquées pour l'instant: transmettre le tableau périodique des éléments terrestres, traduit en "binaire", le langage mathématique que parle votre ordinateur.

Une initiative controversée

Ce n'est bien sûr pas la première fois qu'un signal radio ou laser part de la Terre à destination de l'espace. Cela arrive d'ailleurs quotidiennement, via nos transmissions satellites. Mais ces signaux sont si faibles qu'ils deviennent quasiment illisibles quand ils traversent les milliers de milliards de kilomètres du vide spatial.

Des signaux forts, destinés justement à une hypothétique vie extraterrestre en dehors de notre système solaire, ont été envoyés par le passé. Le plus célèbre est celui d'Arecibo, envoyé par le radiotélescope éponyme en 1974. En octobre 2016, un message radio a également été envoyé à destination de l'étoile Polaire. Mais ces expériences étaient plutôt des preuves de concepts, voire des performances artistiques, qui n'attendaient pas réellement de réponse.

Cette fois, les chercheurs envisagent de créer un signal puissant et, surtout, de le répéter plusieurs fois, pendant des mois voire des années. Le but: bien faire comprendre à d'éventuels extraterrestres que ce n'est pas une simple erreur, mais bien un message artificiel.

Le projet du Meti, dont le nom est une référence au vénérable Seti, un institut international qui scrute le ciel à la recherche d'un signal extraterrestre depuis les années 60 (mais n'a toujours rien trouvé), fait évidemment polémique dans le monde scientifique. Depuis des mois, plusieurs chercheurs ont mis en garde contre un acte au potentiel dévastateur. Si une intelligence extraterrestre existe, qui nous dit qu'elle ne sera pas hostile? Dans ces conditions, mieux vaut vivre caché et continuer d'écouter, tout en restant bien silencieux.

Réponse souhaitée avant le 1er janvier 2027

Sans avoir à trancher le débat, il y a de grandes chances pour que cette initiative ne nous apprenne pas grand-chose, même si elle réussit. Ou alors, pas avant de longues années. Déjà, ce serait tout de même un hasard incroyable qu'une forme de vie intelligente se soit développée sur la planète rocheuse la plus proche de la Terre, alors que les conditions nécessaires à l'apparition et au développement de la vie sont tout de même très complexes. Sans même parler de vie intelligente.

À terme, les scientifiques aimeraient contacter d'autres planètes, encore plus éloignées. Mais alors, l'autre obstacle de ce projet en sera décuplé: le temps d'attente. Comme rien ne peut voyager plus vite que la lumière, un message partant de la Terre mettra 4,24 années à atteindre Proxima b. Même si d'hypothétiques extraterrestres le captaient et y répondaient dans la foulée, nous ne pourrions pas obtenir de réponse avant 2026, plus de huit ans après l'envoi. Évidemment, si l'on commence à vouloir contacter des planètes éloignées de centaines d'années-lumière, ce sera un dialogue très, très lent. "C'est un projet intrinsèquement multigénérationnel", assume Douglas Vakoch.

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