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Pourquoi le RNI veut-il écarter l'Istiqlal du gouvernement?

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AKHANNOUCH CHABAT
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GOUVERNEMENT - C'est la question que tout le monde se pose. Alors que le Parti de la justice et du développement (PJD) s'attache à la participation de l'Istiqlal, le Rassemblement national des indépendants (RNI), le Mouvement populaire (MP) et l'Union constitutionnelle (UC) souhaitent que le parti dirigé par Hamid Chabat soit écarté de la coalition.

C'est une logique de clans. Le RNI, l'UC et le MP, qui représentent un pôle libéral, craignent que l'alliance du Parti de la justice et du développement (PJD) avec le Parti du progrès et du socialisme (PPS) et l'Istiqlal donne lieu à une configuration où ils se retrouveront isolés.

Une situation résumée par Mohand Laenser, secrétaire général du MP, en ces termes: "nous disons clairement que nous n'avons pas d'a priori pour la participation ou contre celle-ci. En revanche, nous avons fait savoir au chef du gouvernement que si les alliances étaient uniquement celles qui existent aujourd'hui, c'est-à-dire avec le Parti de la justice et du développement (PJD), l'Istiqlal et le Parti du progrès et du socialisme (PPS), nous considérons, au Mouvement populaire, que notre position va être affaiblie, parce que nous n'avons pas de convergence d'idées avec ces partis politiques".

"Les circonstances ont changé"

"Mais les circonstances ont changé depuis", concède un responsable d'un parti politique de la majorité en cours de formation. Si, à l'époque où Mohand Laenser nous faisait part de son point de vue, la participation du Rassemblement national des indépendants n'était pas encore tranchée, elle est désormais assurée.

Certes, la crainte du RNI, de l'UC et du MP de voir se former un front PJD-Istiqlal-PPS persiste, mais s'y ajoute désormais la réticence de siéger aux côtés d'un Istiqlal dont le secrétaire général "ne réfléchit pas forcément aux conséquences de ses actions", nous déclare le responsable politique précédemment cité.

Alors que le président du RNI Aziz Akhnnouch n'a cessé de conditionner son entrée au gouvernement par la mise à l'écart de Hamid Chabat, durant les rounds de négociation entre lui et le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, la donne a changé depuis les déclarations du patron de l'Istiqlal sur la "marocanité de la Mauritanie". Lesquelles ont mis dans l'embarras Rabat et isolé l'imprudent Chabat dans la scène politique marocaine. Surtout, elles ont offert à Benkirane un prétexte pour abandonner l'idée d'une alliance avec Chabat, que les membres de l'Etat major du PJD rejetaient, pour certains, dès le départ.

Toujours est-il que secrétaire général de l'Istiqlal Hamid Chabat a une nouvelle fois brouillé les pistes en choisissant, lors du dernier Conseil national du parti, de déléguer une partie de ses prérogatives en attendant la tenue du congrès ordinaire de l'Istiqlal, ainsi que de ne pas participer en personne au prochain gouvernement. Cela poussera-t-il le RNI à changer de position quant à l'entrée du parti de la balance dans le prochain gouvernement? L'avenir nous le dira. En attendant, le scénario le plus probable semble être celui d'un gouvernement sans Istiqlal.

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