Pour résoudre des problèmes compliqués, servez-vous de vos mains

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SCIENCE - Enfant, nous n'hésitions pas à utiliser nos doigts pour résoudre de très simples additions. Et nous avions certainement raison de ne pas nous limiter à notre feuille de papier. Selon une récente étude publiée dans la revue Acta Psychologica, la pensée est loin de se cantonner au cerveau et lorsqu'on prend une décision importante, le monde extérieur nous influence beaucoup.

Gaëlle Vallée-Tourangeau, professeur en "comportement organisationnel" et Frédéric Vallée-Tourangeau, professeur de psychologie, tous deux de la Kingston University de Londres, montrent que l'interaction avec l'environnement permet d'accroître la productivité.

Pour démontrer que la pensée ne se fait pas que dans la tête et que les problèmes peuvent être plus aisément résolus en utilisant des outils ou des objets, ils ont demandé à 50 personnes de participer à une expérience.

Interaction avec des outils

Comme l'explique le site Science Daily, ces participants, divisés en deux groupes, devaient résoudre le problème suivant: mettre 17 animaux dans 4 enclos de sortes à ce que dans chaque enclos, il y ait un nombre impair d'animaux. Le premier groupe avait le droit de construire des enclos et animaux, quand le deuxième ne pouvait utiliser qu'une tablette pour visualiser l'expérience.

Résultat, ce sont les participants du premier groupe qui étaient les plus susceptibles de trouver la solution, qui nécessitait de concevoir des enclos se superposant.

"Nous avons montré à travers cette étude que pour certains types de problèmes, peu importe les capacités cognitives d'un individu, la possibilité d'interagir physiquement avec des outils donne d'assez bonnes chances de les résoudre", souligne Frédéric Vallée-Tourangeau.

"Quand vous écrivez ou dessinez, l'action elle-même vous fait penser différemment. En psychologie cognitive, on est entraîné à voir le cerveau comme un ordinateur, mais on a trouvé que les gens ne pensent pas ainsi dans le monde réel", explique quant à elle Gaëlle Vallée-Tourangeau.

Dans une autre étude, publiée dans la revue Cognitive Research: Principles and Implications, les deux chercheurs ont montré que leurs résultats étaient d'autant plus vrais quand la personne est angoissée par les mathématiques.

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