Une réunion "décisive" du courant anti-Chabat, ou une simple rencontre autour d'un thé?

Publication: Mis à jour:
CHABAT
DR
Imprimer

VIE PARTISANE - "Si vous êtes déjà venu au siège de l'Istiqlal, vous avez pu remarquer que le parti n'a qu'une seule porte. Quand on y entre, on n'en sort plus". C'est ainsi qu'un haut cadre du parti décrit la philosophie de l'Istiqlal.

Samedi 31 décembre, au terme d'un Conseil national qui s'est déroulé dans une atmosphère tendue, Hamid Chabat a proposé une formule de sortie de crise: en plus de déléguer ses prérogatives de secrétaire général à deux comités, constitués de membres du parti connus pour leur proximité avec lui, Chabat a décidé de soutenir la participation de son parti au gouvernement, tout en se mettant en retrait et en ne briguant aucun poste ministériel.

Si certains membres de l'Istiqlal opposés à Hamid Chabat exigent sa démission immédiate, en raison du fait qu'il "nous a déjà fait le coup de l'annonce de la démission par le passé, au lendemain des élections communales et régionales", d'autres, qui se qualifient de "légalistes", ont "décidé d'attendre la tenue du congrès du parti en mars", explique notre source.

Une "rencontre décisive"? Ou pas...

La divergence des points de vue entre les mécontents de Hamid Chabat fait que "nous ne pouvons parler ni de mouvement anti-Chabat, ni de courant", estime notre interlocuteur. "Il y a des gens qui sont insatisfaits. Il y a des gens qui ont signé une pétition, mais il ne s'agit pas d'un mouvement", insiste-t-il.

Ce lundi 2 janvier à 17 heures, une rencontre est prévue au domicile de M'hamed Boucetta, leader historique de l'Istiqlal. Si certains médias parlent d'ores et déjà de la création d'un mouvement de fronde qui serait dirigé par Boucetta, notre interlocuteur balaie d'un revers de main ce scénario, qu'il juge "peu plausible".

"Croyez-vous qu'un homme de 91 ans, qui a été secrétaire général de l'Istiqlal durant 23 ans, ministre des Affaires étrangères pendant de longues années, qui a une formation de juriste, accepterait de se laisser mener dans un jeu pareil, et de voir se constituer, dans son domicile, un mouvement contre Hamid Chabat?" s'étonne notre interlocuteur, qui rapporte qu'il "ne s'agira que d'une rencontre entre une trentaine de personnes et M. Boucetta, afin de discuter actualité politique, notamment celles se rapportant au parti de l'Istiqlal, autour d'un thé ou d'un café", et non d'une réunion de coordination comme cela a été annoncé par une partie de la presse.

"M'hamed Boucetta est un sage de l'Istiqlal. Il joue le rôle du père de famille. Nous nous dirigeons vers lui pour avoir son point de vue sur un certain nombre de questions, pour obtenir de lui qu'il effectue une médiation ou pour qu'il calme les esprits, mais pas pour qu'il coordonne les activités du courant", ajoute notre source.

"Cela étant dit, il y a un réel débat, extrêmement corsé, au sein du parti. Il y a beaucoup de discussions", ajoute notre interlocuteur, qui déclare que l'avancement "se fera lentement et doucement, jusqu'à la tenue du congrès" de l'Istiqlal, prévu en mars.