Alors qu'il a quitté l'ONU avec la présidentielle coréenne en tête, comment Ban Ki-moon peut-il se défaire des accusations de corruption?

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BAN KI MOON
U.N. Secretary-General Ban Ki-moon attends the Cyprus reunification talks in the Swiss mountain resort of Mont Pelerin, Switzerland November 7, 2016. REUTERS/Pierre Albouy | Pierre Albouy / Reuters
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INTERNATIONAL - "Je me sens un peu comme Cendrillon", plaisantait Ban Ki-moon en faisant ses adieux vendredi 30 décembre, au personnel des Nations unies. Le désormais ex-président de l'ONU a quitté son poste le lendemain, après avoir dirigé l'institution pendant dix ans.

Avant que son carrosse ne se transforme en citrouille, il a eu le privilège de donner le top départ de l'année 2017 à Times Square à New York, en déclenchant le traditionnel compte à rebours. Désormais, c'est le portugais Antonio Guterres qui dirige la maison.

230.000 dollars de pot-de-vin

Et si en une décennie, le Sud-coréen s'est voulu "la voix de ceux qui n'ont pas voix au chapitre" et l'avocat "de ceux qui sont laissés pour compte ou sans défense", son retour au pays s'annonce délicat. Il est, en effet, accusé par l'hebdomadaire Sisa-in de corruption.

Selon les informations du journal relayées par RFI en France, Ban Ki-moon aurait reçu, au total, quelques 230.000 dollars de pot-de-vin par Park Yeon-cha, le patron du groupe Taekwang, impliqué dans un vaste scandale de corruption autour de l'ancien président Roh Moo-hyun. "200.000 dollars en 2005, quand il était ministre des Affaires étrangères, puis 30.000 dollars en 2007, après son accession à la tête de l'ONU", détaille le site de la radio.

Des informations que Ban Ki-moon a immédiatement démenties, par la voix de son porte-parole, les qualifiant de "complètement fausses et dénuées de fondement."

Il faut dire que ces révélations font surface alors que l'ancien secrétaire général des Nations unies prépare son grand retour sur la scène politique sud-coréenne. Comme l'explique Le Monde, les rumeurs sur sa candidature à la future élection présidentielle courent depuis plusieurs mois.

Très populaire dans son pays

Il aurait même multiplié les rencontres et les consultations dans ses milieux d'influence et auprès de la présidente, Park Geun-hye, elle-même visée par une procédure de destitution... pour corruption.

Pour se sortir de cette passe délicate, le néo-retraité de l'ONU pourra compter sur un parti conservateur soudé autour de lui et sur une belle côte de popularité, notamment chez les personnes âgées. Le parti au pouvoir voit, en effet, en Ban Ki-moon la seule solution pour éviter une débâcle à la prochaine élection présidentielle, donnée perdue d'avance face au parti de centre-gauche après un large scandale de corruption.

Il reste cependant deux inconnus pour celui qui est surnommé "l'anguille insaisissable" pour sa capacité à se faufiler entre les scandales, comme l'explique Le Monde: son avenir judiciaire et l'influence du scandale sur sa côte de popularité. Le parti de l'opposition Minjoo a notamment demandé à la justice de faire "toute la lumière sur cette histoire."

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