Huffpost Tunisie mg

Les personnalités tunisiennes qui ont marqué l'année 2016

Publication: Mis à jour:
Imprimer

Femmes de Tunisie et le Huffpost Tunisie vous présentent leur liste des 12 Tunisiens qui ont marqué l'année 2016.

Société civile, entrepreneuriat, littérature, cinéma, artisanat, sport etc. tant de disciplines dans lesquelles ces personnalités ont brillé. L'année 2016 aura surement été la leur et c'est bien pour cela que nous les avons choisi.

Portrait et récap' de ce que ces Tunisiens ont fait de marquant en cette année 2016:

  • Start-Up: Yahya Bouhlel
    Facebook/Yahya Bouhlel
    Yahya Bouhlel, un jeune bachelier tunisien de 19 ans est un jeune garçon aux grandes ambitions. Grand amateur de jeux vidéos depuis son jeune âge, ce dernier a décidé de vivre sa passion jusqu'au bout. Ayant fait des stages en ce domaine à la Silicon Valley aux Etats-Unis, Yahya a eu l'opportunité de développer ses premiers jeux vidéos et de créer ses premières applications mobile en collaboration avec quelques startups de la ville américaine. Ayant eu, à sa grande surprise, plus d'un prix dont le 1er prix au ''Diamond Challenge Tunisia", l'Honorable Mention au ''Youth Entrepreneurship Summit WC'' ainsi que la 1ère place au ''Pebble Sponsor Price AngelHacks'' à la Silicon Valley en 2015, le jeune homme de 19 ans, élu ''best iOs game YC hacks'', décide de se lancer dans son propre projet. C'est ainsi que Yahya Bouhlel entreprit l'ouverture de sa startup au nom de Go My Code. La Startup Go My Code offre l'opportunité, aux jeunes passionnés de jeux vidéos, de créer leurs propres jeux et applications mobile et de vivre ainsi le rêve qu'a réalisé Yahya Bouhlel. "Je pense que créer des jeux vidéos est la meilleure façon pour apprendre la programmation" conclut-il, en forme d'appel à la génération montante, car du haut de ses 19 ans, Yahya est déjà une valeur sûre dans son domaine.
  • Littérature : Hela Ouardi
    Capture écran/Youtube/TV5
    Le CV de Hela Ouardi rendrait jaloux plus d'une personne: Auteur, professeur de littérature et de civilisation françaises, chercheur associé au Laboratoire d'études sur les monothéismes au CNRS, membre-fondateur de l'Association Tunisienne de Littérature Comparée et de Poétique théorique et pratique, membre du bureau de l’Association pour la Culture et les Arts de la Méditerranée, ancienne directrice du département scientifique à l' Académie Beït al-Hikma et Chevalier de l’Ordre des Palmes académiques françaises. Mais c'est surtout son livre publié en mars 2016 aux éditions Albin Michel, "Les derniers jours de Muhammad – Enquête sur la mort mystérieuse du Prophète" qui aura marqué cette année 2016. Interdit au Sénégal, par un décret ministériel, ce livre n'a cessé d’alimenter la polémique entre ceux qui y voient "une insulte" et ceux qui affirment et mettent en valeur le caractère scientifique si vital à cette époque où l’extrémisme ne cesse de se propager. Pourtant, face au danger qui pourrait la menacer avec la parution d'un tel livre, Héla Ouardi n'en a que faire: "Et vous quand vous prenez votre douche le matin, ne redoutez-vous pas de glisser et de faire une chute grave? Si à chaque fois qu’on entreprend une action quelconque, on commence à envisager les risques encourus, on ne ferait plus rien".
  • Cinéma : Majd Mastoura
    Rached Cherif
    Presque inconnu du grand public avant 2016, Majd Mastoura est devenu en l'espace de quelques mois, l'un des acteurs tunisiens les plus sollicités sur les plateaux télé, les stations radios et les tapis rouges. Son succès, il le doit au film "Nhebbek Hedi" du réalisateur Mohamed Ben Attia, qui lui a valu l'Ours d'Argent du meilleur acteur à la Berlinale 2016 pour le rôle de Hedi. Un rôle qu'il a pourtant jugé banal en lisant le scénario mais qui s'est avéré complexe par la suite. Mais si le public tunisien l'a connu dans le rôle de Hedi, le jeune homme âgé de 26 ans n'en est pas à son premier film puisqu'il a déjà joué dans Bidoun 2 de Jilani Saadi projeté aux Journées Cinématographiques de Carthage (JCC) 2014. Le jeune acteur qui avait fréquenté l'ISG de Tunis avant d'atterrir au cinéma, faisait également partie du collectif de rue "Street Poetry" qui s'intéresse à la poésie et à la lecture de textes dans les espaces publics afin de mettre en valeur la littérature dialectale. Mais si l'année 2016 a été celle de tous les défis et de la concrétisation de ses rêves, c'est à l'année 2011 qu'il doit ce qu'il est devenu aujourd'hui. En effet, c'est la révolution qui a influencé ses choix personnels. D'ailleurs, lors de son émouvant speech à la Berlinale, il a dédié son prix au peuple tunisien ainsi qu'aux martyrs de la révolution. Mais Majd ne s'arrête pas là et ne rate pas une occasion pour prouver son engagement pour la réalisation des objectifs de la révolution et pour apporter son soutien aux initiatives citoyennes comme l'a été le cas lors de la montée des marches des JCC 2016 où il s'est affiché avec un T-shirt "Manich Msamah" (Non à la réconciliation), mouvement citoyen militant pour le retrait de la loi de la réconciliation économique.
  • Artisanat- Faten Abdelkefi
    Sami Zekri
    Militante de la société civile, Faten Abdelkefi s’est choisi différents fronts sur lesquels elle a décidé de se battre pour une Tunisie meilleure. Son plus grand et plus récent succès étant la création du mouvement "Be Tounsi" qui engendra un grand regain d’intérêt pour l’artisanat tunisien en cette année 2016. Cette jeune femme, littéraire de formation, manie bien les mots, à tel point que durant les années pré-révolution, elle fait partie du cercle très actif de la blogosphère tunisienne. Avec de nombreux blogs connus dont "Au quotidien" et "Du bruit dans la cuisine", Faten se plaît dans cet univers virtuel à grande influence sur l’opinion publique. Au lendemain de la révolution, elle s’engage dans différentes associations. Mais sa passion pour l’artisanat et son engagement pour la Tunisie font qu’en 2016, la jeune femme, avec d’autres membres, décide de lancer une action virtuelle et spontanée pour soutenir le secteur de l’artisanat touché par la crise du tourisme. Quelques semaines après la création du groupe sur Facebook, "Cet été, je m’habille tunisien", le collectif organise déjà sa première expo/vente au Cinevog avec plus de 30 artisans participants. Il n’est plus question d’action éphémère. Le mouvement se met en place et est transformé en "Be Tounsi" avec plus de 35 000 membres en quelques mois. De nombreuses actions sont entreprises : des expo-vente ou encore des actions virales comme la relance de la mode du "Marioul Fadhila" etc. "C’est finalement un devoir de participer à la croissance économique de notre pays en soutenant les artisans qui perpétuent un savoir-faire, qui innovent, qui résistent et qui parfois se développent, exportent et deviennent une belle vitrine pour la Tunisie.".
  • Sport- Marwa Amri
    Mokhtar Hmima
    Elle est l’une des révélations sportives de l’année. Marwa Amri est parmi les rares sportifs tunisiens à avoir remporté une médaille lors des jeux olympiques de Rio 2016. Une fierté nationale avec un parcours bien accompli, pour celle qui a travaillé sans relâche pour atteindre son rêve. Née en 8 janvier 1989, Marwa Amri est issue d’une famille modeste de 4 enfants. Rien ne prédestinait la jeune femme à s’intéresser à la lutte. D’ailleurs, elle découvre cette discipline par hasard dans la salle d’entrainement de son quartier à Rades. Marwa prend l’habitude d’y aller après les cours avec ses camarades de classe. Très vite, elle en devient fascinée "Je suis tombée amoureuse de ce sport" confie-elle. En 2002, elle se met à imiter les lutteurs, attirant l’attention du coach, Zouhair Sghaier. Ce dernier la prend sous son aile et l’aide à développer ses compétences sportives. Bac en poche, Marwa décide de se consacrer entièrement et pleinement à sa passion. Les entrainements et les compétitions s’enchaînent. Du championnat d’Afrique au championnat du monde, la jeune lutteuse s’affirme doucement. Au cours des années, elle suit de nombreux stages d’entrainements à l’étranger et cela avec les plus grands champions du monde. Les victoires ne tardent pas à suivre : 8 fois championne d’Afrique, 2 fois médaillée aux jeux méditerranéens. Août 2016, c’est la consécration! Marwa Armi marque l’histoire avec sa médaille de bronze aux JO de Rio en devenant la première femme tunisienne et du monde arabe à remporter une médaille dans cette discipline. La championne ne compte pas s’arrêter là et visera plus haut lors des prochains jeux olympiques à Tokyo en 2020.
  • Associatif- Olfa Rambourg
    Rambourg foundation
    Franco-Tunisienne, Olfa Rambourg, diplômée de l’ESC Tunis et de la Sorbonne Paris, a d’abord travaillé dans la finance. En 2011, elle crée la Fondation Rambourg, dont elle est la présidente, en compagnie de son mari, Guillaume Rambourg, qui opère lui aussi dans la finance. Elle initie le projet "Prix Olfa Rambourg pour l'Art et la Culture", où les projets soumis étaient diversifiés: un spectacle de danse, du théâtre sourd, une maison d’édition numérique ou encore un web documentaire. "Chaque projet me racontait la Tunisie (...) Il y a cette formidable volonté de la jeunesse tunisienne d'aller de l'avant, de dire oui à la vie et non à la mort", s’était exprimée Olfa Rambourg, en assurant que le projet se maintiendra pour une seconde édition. Mais c’est avec l’exposition “L'Éveil d’une Nation” qu’elle marque la fin de l’année 2016, à l’ancien palais beylical "Q'sar Es-Saïd" du Bardo. Une exposition qui s’étale sur 3 mois et dont l’objectif principal est de renouer avec l’histoire tunisienne. . Pour préparer cette exposition, il a fallu un travail d'un an et trois mois de préparation, pour un résultat qui se veut unique avec près d'une centaine de pièces présentées au grand public. La Fondation Rambourg Tunisie, s’est chargé de restaurer une partie du Palais "Q’sar Es Saïd" mais aussi et surtout les oeuvres laissées à l'abandon, souvent dans un piètre état.
  • Mode- Ali Karoui
    Instagram/Ali Karoui
    Le styliste de l’année 2016 est sans aucun doute Ali Kaorui. C’est à l’âge de 9 ans qu’il découvre son talent et commence déjà à confectionner ses propres créations, pour sa soeur, et plus tard, les femmes de son entourage. A 17 ans, il intègre ESMOD Tunis et remporte le premier prix de stylisme en 2005 et participe à un défilé à Beyrouth. Il commence ensuite à travailler pour son propre compte et habille des modèles de renommée internationale. C’est en 2012 que KLF "Karoui Luxury Fashion" voit le jour, il présente alors ses créations pour la première fois à la Fashion Week de Tunis. Sa carrière explose et il participe à plusieurs événements de mode à l’échelle internationale. Habilleur des stars, il a habillé entre autres Hanaa Ben Abdesslem, Kenza Fourati, Rym Saidi, Yasmine Torjdman Besson, Latifa Arfaoui, Nancy Ajram, Haifa Wehbe, Dorra Zarrouk ou encore Adèle Exarchopoulos et Victoria Sivstedt. 2016 était riche en Fashion et Ali Karoui était présent aux différents festivals internationaux tels que le festival de Cannes ou encore le Dubai International Film Festival, où plusieurs stars, parmi celles mentionnées plus haut, affichaient de grands sourires dans leurs robes signées par ce jeune designer tunisien.
  • Entrepreneuriat social- Sarah Magida Toumi
    Facebook/Sarah Toumi
    A seulement 29 ans, la franco-tunisienne Sarah Magida Toumi, originaire de Bir Salah, est l’un des acteurs les plus actifs dans le domaine de la permaculture et l’entrepreneuriat social. Elle dirige "Acacias For All", une entreprise sociale qui combat la "désertification des terres en Tunisie par des techniques agricoles durables" mais aussi "la pauvreté et les inégalités sociales", avec un programme qui propose aux agriculteurs de nouvelles solutions, alternatives, qui leurs généreront de nouveaux revenus. Grâce à ce projet, elle apparaît dans le top 30 établi par le magazine économique américain Forbes des jeunes entrepreneurs de moins de 30 ans. Elle est aussi sélectionnée parmi les finalistes du Rolex Awards et fait partie des primés, elle figure donc parmi les 5 jeunes lauréats, ayant été choisis parmi 2322 candidats. Elle est aussi la fondatrice "DREAM in Tunisia" et l’initiatrice de la campagne "#1milliontrees4Tunisia", incitant les citoyens à planter un arbre chacun, et dont l'objectif est d'atteindre 100 000 arbres le 31 décembre 2016, et un million d'arbres en 2018.
  • Start-Up : Ahmed Mhiri
    Facebook/Ahmed Mhiri
    Après un diplôme de l'Ecole Supérieure des Technologies et d'Informatique de Charguia, il poursuit ses études en France et rentre dans le monde professionnel dans la sécurité des systèmes d'information. Féru de voyages et passionné par l'entrepreneuriat, il a souhaité "répondre à une problématique" que rencontrent souvent les voyageurs: Que faire de sa voiture quand on part en voyage? Il créé alors Travelercar, une startup de location de voitures entre voyageurs opérant dans plusieurs pays européens. Fondée en 2012, le but de cette startup est "de mettre votre véhicule en location pendant votre voyage plutôt que de payer au prix fort le parking à l’aéroport." Après seulement 4 ans d'existence sa startup réussi une levée de fonds exceptionnelle de 5 millions d'euros auprès de différents actionnaires. Sa startup remporte de nombreux prix en 2016 à l'instar du Prix européen du choix du public 2016 au Sommet de l'innovation Voyage au Phocuswright à Dublin, une rencontre annuelle qui met en valeur la prochaine vague d'innovation dans le domaine du voyage, mais aussi le Luxembourg Fleet award 2016 de la meilleure startup récompensant une société de moins de 5 ans et qui emploie moins de 10 personnes et ce pour son dynamisme, son caractère innovant et son potentiel de croissance dans un futur proche.
  • Société civile/Associatif- Mounir Baatour
    Facebook/Mounir Baatour
    Avocat de profession, il est devenu en 2016 président de l'association Shams pour la dépénalisation de l'homosexualité. Parmi ses membres fondateurs en 2015, il a été de toutes les batailles médiatiques relatives à la défense des homosexuels en 2016. De nombreuses affaires l'ont poussé à monter au créneau tout au long de cette année: L'affaire du test anal et du bannissement de la ville de jeunes homosexuels à Kairouan, la suspension des activités de l'association pendant un mois, l'appel au meurtre de l'avocat du parti islamiste Hizb Ettahrir contre les homosexuels, sans compter les nombreuses agressions physiques. Il est également président du "parti libéral tunisien".
  • Tourisme- Mouna Allani Ben Halima
    Sabrina Belkhouja
    Elle est incontestablement l’une des personnalités de l’année 2016. Mouna Allani Ben Halima, une redoutable femme d’affaire tunisienne, a eu la lourde tâche de redorer le blason d’une industrie hôtelière à l’agonie. Avant de devenir propriétaire du luxueux hôtel "La Badira", à Hammamet, Mouna Allani Ben Halima a grandi à Tunis puis s’est envolée pour des études à Paris. La jeune femme a ensuite repris, à seulement 24 ans, les rênes de l’hôtel "Le Sultan" hérité par son père, à Hammamet, et celles du "Sultan Beach" quatre ans plus tard. Le travail a fini par payer car les deux établissements font aujourd’hui partie des meilleurs hôtels de Hammamet. En dehors de sa vie professionnelle, la femme d’affaire est devenue chef de projet du "Bus Citoyen". Après la révolution, celui-ci a parcouru pas moins de 22 gouvernorats tunisiens dans un but de sensibilisation au vote citoyen. 2014 reste d’ailleurs une année très importante pour elle avec l’ouverture de "La Badira", un hôtel situé à Hammamet. Sa propriétaire étant une passionnée de voyage, de cultures et d’artisanat local, on comprend mieux le choix du thème du voyage dans les années 1930 pour la conception de ce luxueux hôtel 5 étoiles. En 2015, Mouna Allani Ben Halima a fait partie du groupe de femmes tunisiennes auquel le Women’s Forum Global Meeting a rendu hommage pour leur combat pour la liberté. En octobre 2016, "La Badira" a été primé à Doha lors des World Luxury Hotel Awards dans la catégorie Best Luxury New Hotel.
  • Culture - Rochdi Belgasmi
    Mounir Ben Hadj Khelifa
    Amoureux de la danse depuis son plus jeune âge, Rochdi Belgasmi commence à prendre des cours dans des clubs et des écoles de danse dès l’âge de 10 ans. Diplômé ensuite en théâtre et arts de la scène à l'Institut supérieur d'art dramatique de Tunis, Roshdi Belgasmi apprend avec les plus grands chorégraphes tunisiens, dont Khira Oubeidallah avec qui il débute sa carrière. Originaire de M’saken à Sousse, le jeune danseur chorégraphe, désormais figurant parmi l’élite de la danse contemporaine et traditionnelle tunisienne, vit actuellement dans la capitale, mais se produit un peu partout dans le monde. Un rêve qu’il a réussi à réaliser en dépit d’un environnement social traditionnel, pas souvent tendre envers les jeunes artistes. Âgé d’à peine 29 ans, il a déjà à son actif plusieurs interprétations dans divers spectacles, des apparitions au cinéma, mais surtout une dizaine de réalisations chorégraphiques pour différentes prestations théâtrales et cinq créations de danse contemporaine. Son premier solo, "Transe, corps hanté" a été réalisé en 2012 et interprété pour la première fois au Théâtre El Hamra à Tunis puis dans différentes manifestations à travers le monde. Il a ensuite créé "Zoufri", puis "Wa Idha Assaytom" (Et si vous désobéissiez), méta-danse, et enfin "Ouled Jellaba", en 2016, enchainant ainsi les succès au fil des années. Sa dernière création est à juste titre lauréate du Prix international Olfa Rambourg pour l'art et la culture. Dérangeante, elle touche l’image de l’homme viril, l’homme macho de cette société qui se veut moderne mais que le "masculin" domine toujours.
Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.