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Pour Hamadi Jebali, ce n'est pas l'assassinat de Chokri Belaïd qui l'a poussé à démissionner de la présidence du gouvernement

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HAMADI JEBALI
FETHI BELAID/AFP/Getty Images
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L’ex secrétaire-général du mouvement d’Ennahdha et ancien chef du premier gouvernement de la Troïka, Hamadi Jebali, était l’invité de la chaîne privée Attessia pour une interview exclusive, mardi 27 décembre.

Revenant sur son mandat, qui avait pris fin lors de l’assassinat du martyr Chokri Belaïd, Hamadi Jebali s’est remémoré toutes les tensions qui avaient accompagné les premières semaines de son gouvernement. A l’époque, Jebali voulait initier un remaniement ministériel afin de perfectionner son équipe, chose qui lui a été fermement refusée par les partis alliés de l’époque à savoir Ennahdha, Ettakatol et le CPR.

Pour la démission annoncée quelques heures après l’assassinat de Belaïd, Hamadi Jebali a expliqué qu’il ne s’agissait presque que d’une coïncidence puisqu’il avait, au vu du blocage des négociations concernant ledit remaniement, indiqué à ses interlocuteurs qu’il quitterait le pouvoir si le remaniement ne voyait pas le jour avant le 6 février 2013.

Toutefois, Jebali a déclaré qu’Abdelfattah Mourou, actuel vice-président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), lui avait conseillé, après l’assassinat, de limoger le ministre de l’Intérieur, Ali Laârayedh sauf qu’il avait préféré ignorer le conseil en question.

L’autre sujet fâcheux était la rupture des relations diplomatiques entre la Tunisie et la Syrie – une décision entreprise par l’ancien président provisoire de la République, Moncef Marzouki – Hamadi Jebali a assuré que personne ne l’avait informé de ce sujet qu'il avait découvert, comme tous les autres citoyens, à travers les médias.

Questionné sur son retrait de la scène nationale après son court passage au pouvoir, l’ancien chef du gouvernement a préféré appeler son retrait "une période de méditation et de remise en question". Sans faire d’annonce claire sur ses intentions politiques futures, Hamadi Jebali a laissé comprendre que, sans intention de revenir au mouvement d’Ennahdha, il continuera, d’une manière ou d’une autre, à exercer la politique.

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