Ne riez pas, 2017 pourrait bien être l'année de la voiture volante

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Ne riez pas, 2017 pourrait bien être l'année de la voiture volante | TERRAFUGIA
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TECHNO - Marre des bouchons et des transports en commun? Vous rêvez d'un véhicule autonome, qui vous emmènerait partout sans contrainte? Oubliez la voiture autonome, place à la voiture volante! Certes, l'idée d'un véhicule personnel, abordable et se déplaçant dans les airs fait figure d'arlésienne de la science-fiction. Il faut dire qu'on nous la promettait déjà au début du XXe siècle.

Pourtant, après nous avoir tant déçu, ce moyen de transport révolutionnaire pourrait bien s'imposer comme la nouvelle tendance de 2017. La société Aeromobil, par exemple, souhaite commercialiser ce qui n'est pour le moment qu'un prototype cette année. Mi-voiture, mi-avion, le concept a encore tout à prouver, d'autant que l'Aéromobile a été victime d'un crash en 2015 lors d'un test.

voiture volante

En 2017 toujours, Airbus, qui a de grands plans pour le futur du transport, devrait tester pour la première fois son prototype de véhicule volant autonome et individuel. Plus proche de nous, le prototype français Xplorair devrait être présenté au salon du Bourget, en juin. Pour l'instant, seuls des concepts ont été dévoilés par la société:

Des start-ups et des dollars

Et ce n'est que la partie émergée de l'iceberg. Car de nombreuses start-ups cherchent à créer la première voiture volante. D'ailleurs, si 2017 pourrait être à marquer d'une pierre blanche, 2018 ne sera pas en reste. Le jet privé Lilium, la voiture-hélicoptère PAL-V ou encore la TF-X de la société Terrafugia devraient également se dévoiler en 2018.

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Sans même parler des autres start-ups qui planchent sur des concepts mais sans se risquer à évoquer des dates précises qui risqueraient d'être dépassées. C'est le cas notamment de la société Zee.Aero, dans laquelle le fondateur de Google Larry Page aurait investi 100 millions de dollars et qui n'a jamais dévoilé un seul prototype. Ou encore des projets Skycar et EHang 184.

Mais pourquoi un tel entrain maintenant? "Il se passe quelque chose dans l'aéronautique, cela peut s'expliquer par le coût de l'électronique qui a énormément baissé et par le fait qu'en parallèle, il y a beaucoup d'argent de disponible", estime François Chopard, un Français qui a justement lancé Starbust, un incubateur de start-up et fond d'investissement dans le domaine de l'aéronautique. D'ailleurs, "il est possible que nous investissions 10 à 20 millions d'euros sur les voitures volantes dans les deux ans", précise-t-il au HuffPost.

La généralisation des moteurs électriques, plus petits et répartis sur toute la carlingue, de même que la baisse des prix des capteurs en tout genre, ont permis aux voitures volantes de trouver un second envol ces dernières années. "On réutilise les avancées du drone, qui est un bon prototype pour le véhicule volant de demain", affirme François Chopard.

Les grandes questions de l'autonomie

Si la course à la voiture volante semble bien partie, il reste de nombreux obstacles. Déjà, il faut bien comprendre qu'il y a deux grandes catégories. La première, et celle qui pourrait être commercialisée le plus tôt, fait plutôt penser à un mélange entre une voiture et un avion, à l'instar d'Aeromobil. Si ce type de véhicule pourrait être commercialisé plus tôt, il a un inconvénient majeur. Il lui manque un décollage vertical. Comme un avion, il a besoin d'une petite piste d'atterrissage. "Le Graal, c'est le décollage vertical, que l'on voit dans les start-ups qui sont en train d'émerger", estime François Chopard.

Les deux autres problèmes concernent l'autonomie. D'abord, en terme de kilomètres parcourus. Car si certaines voitures volantes tablent sur un moteur à essence, la majorité penchent plutôt pour un équivalent électrique. Et donc, des batteries. Sauf que les batteries actuelles ne permettent pas de tenir beaucoup plus d'une demi-heure.

Un peu court pour un trajet, même dans les airs. Interrogé par The Verge, Marc Andreessen, inventeur du navigateur internet Netscape et à la tête d'un fond d'investissement, estime qu'une découverte fondamentale dans le domaine de la batterie est ce qui nous sépare de la commercialisation des voitures volantes. "Déjà, on commence à voir des piles à hydrogène qui permettent d'augmenter la capacité de vol à près de 2 heures", affirme de son côté François Chopard.

Il y a enfin l'autre problème d'autonomie, celle de la conduite. Dans un premier temps, on peut imaginer que ces véhicules, qui coûteront sûrement des centaines de milliers d'euros, seront vendus à des particuliers très riches. Qui pourront se permettre de passer un permis de pilote, d'avion de tourisme, d'ULM, d'hélicoptère, en fonction de ce à quoi s'apparentera la voiture.

Mais pour que la voiture volante se démocratise, il faudra qu'elle soit entièrement autonome. Et quand on voit à quel point la question pour les voitures normales pose problème, on peut s'attendre à de très longs débats, même si la technologie est prête. "Cela va arriver par paliers. Dans moins de 10 ans, ce genre de système autonome volera. Les voitures volantes avec permis seront là dès 2020", estime, optimiste, François Chopard. Reste à voir si l'avenir lui donnera raison.

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