Tunisie: La révolution a fait jaillir la volonté de quitter le pays, selon cette étude de la FTDES

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MIGRATION
Jacky Naegelen / Reuters
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Quel est le rapport entre la révolution et la volonté d'émigrer? Quel est le degré d'enchevêtrement entre la violence et l'émigration? Combien de Tunisiens sont prêts à émigrer clandestinement et quel est leur profil? À toutes ces questions et autres, l'étude du Forum Tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), publiée le 27 décembre, esquisse des réponses.

L'étude a été réalisée auprès de six "quartiers populaires" du pays où 45,2% des sondés "sont actuellement dans un processus de réflexion sur la migration".

"L'augmentation du nombre de ceux qui envisagent la migration (...) montre la détérioration des conditions de vie, les menaces terroristes ainsi que (...) l'incapacité de l'Etat à maîtriser la situation", affirme l'ONG.

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Selon cette étude réalisée avec la Fondation Rosa Luxemburg, "les trois quarts des répondants sont parfaitement au courant des problèmes rencontrés par les immigrés irréguliers". Mais 30,9% --soit près d'un tiers-- sont prêts à prendre part à des tentatives d'immigration clandestine faute "de possibilité de migration régulière".

"En dépit du fait que la révolution ait été menée sous la bannière de la dignité, de la liberté et de la révolution de la jeunesse", ils sont en outre peu nombreux à s'intéresser à la politique, note le FTDES: "seulement 13% (...) ont déclaré avoir participé à des manifestations organisées par des partis politiques".

L'étude de la FTDES en quelques chiffres:

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Les Tunisiens et l'émigration
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Entre 22 et 25 mille tunisiens ont quitté clandestinement le pays après la révolution

Le nombre de tunisiens ayant quitté clandestinement la Tunisie se situe entre 22 et 25 mille, durant les années post-révolution, selon le secrétaire d’Etat à la Migration Radhouane Ayara.

Le gouvernement a pu réduire ce flux à 800, depuis une année ou deux, grâce à la coopération avec les pays voisins, a-t-il avancé, affirmant toutefois que ce nombre reste élevé.

Selon Radhouane Ayara, la solution à ce phénomène qui coûte la vie à des dizaines de Tunisiens chaque année est tributaire du rétablissement de la confiance entre les jeunes et l’Etat, l’élaboration de stratégies pour la création d’emplois, la promotion du développement dans les régions et la facilitation de la migration organisée.

Un projet sera, prochainement, soumis au conseil ministériel visant à orienter les transferts de fonds des Tunisiens résidents à l’étranger vers l’investissement dans les régions de l’intérieur, a fait savoir le secrétaire d’Etat à la Migration lors d’une tribune de dialogue avec les jeunes. Des tribunes similaires seront organisées avec les jeunes tunisiens en France, Allemagne et Italie, a-t-il indiqué.

Il est à noter que 772 tunisiens ont été expulsés de France en 2015 affirme le Parisien dans un article publié le mardi 28 juin 2016.

Ainsi, les immigrés tunisiens font partie des "plus expulsés de France" affirme le média français juste derrière les immigrés roumains (2422 ressortissants expulsés), albanais (1934) et algériens (831) et juste devant les marocains (731).

"A elles cinq, ces nationalités totalisent ainsi 63 % de l'ensemble des expulsions" a indiqué le Parisien.

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