Mohand Laenser: Pas de participation au gouvernement "si c'est pour constituer un complément de sièges" (INTERVIEW)

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MOHAND LAENSER
Moroccan Interior Minister Mohand Laenser is seen during a meeting with his Spanish, French and Portuguese counterparts to discuss regional security in Rabat January 25, 2013. REUTERS/Stringer (MOROCCO - Tags: POLITICS CIVIL UNREST) | Stringer . / Reuters
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MAJORITÉ - Au moment où les négociations pour la formation du gouvernement ont repris, le chef du gouvernement devrait rencontrer les dirigeants des différents partis politiques souhaitant rejoindre la majorité. Le Mouvement populaire (MP) donne, néanmoins, l'impression d'avoir été mis à l'écart. Dans cet entretien avec Mohaned Laenser, le secrétaire général du parti, ce dernier revient sur la position du parti quant à la participation, ou non, au gouvernement, son point de vue sur la coalition en cours de formation, ou encore l'éventualité de rejoindre l'opposition.

Le chef du gouvernement a-t-il pris contact avec vous pour la reprise des négociations?

Jusqu'à présent, pas encore. Je pense que le chef du gouvernement est actuellement occupé, puisqu'il doit se rendre en Mauritanie.

Les dernières évolutions donnent un peu l'impression que le Mouvement populaire est mis à l'écart, dans ces négociations. Est-ce le cas?

Comme vous le savez, notre position, nous l'avons exprimée clairement. Le reste dépend du chef du gouvernement. La Constitution n'oblige pas le chef du parti arrivé premier à répondre favorablement aux demandes des partis politiques qui veulent rejoindre le gouvernement, tout comme elle n'impose pas non plus à ceux-ci d'accepter les conditions du chef du gouvernement.

Dès le début, nous avons dit que nous sommes partants, et que nous ne sommes pas contre la participation au gouvernement. Mais nous avons aussi dit comment nous souhaitons participer. Il incombe donc au chef du gouvernement de prendre sa décision, selon ses désidératas.

Vous demandez toujours la reconduction de la majorité sortante?

Oui, nous avons dit que notre préférence allait pour la reconduction. Maintenant, le chef du gouvernement a décidé en toute responsabilité de modifier la composition de la coalition. C'est une choix qui lui revient en tant que chef du gouvernement. De notre côté, nous considérons que la coalition devrait être équilibrée, et que nous ne pouvons pas y participer, si c'est juste pour constituer un complément de sièges.

Si l'on se dirige vers une coalition sans l'Istiqlal, accepteriez-vous d'y participer?

Nous n'avons aucune objection. D'ailleurs, pour être bien clair, si le RNI demande l'écartement de l'Istiqlal, nous ne sommes pas allés jusque là. En revanche, nous disons que nous ne pouvons participer que si les partis avec lesquels nous partageons des valeurs soient dans la coalition, le RNI essentiellement.

Si vous n'êtes pas du prochain gouvernement, allez-vous apporter un soutien critique à la majorité, ou irez-vous plutôt vers l'opposition?

Cela dépendra de ce que décidera le Conseil national du parti, qui est l'instance habilitée à prendre les décisions adéquates, le moment venu.

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