Tunisie: Oubliant qu'ils détenaient l'initiative législative, les députés clament leurs idées politiques à travers des pancartes (PHOTOS)

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Facebook/Assemblée des représentants du peuple
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Si généralement ce sont les citoyens qui exhibent leurs revendications à travers des pancartes lors de manifestations, mardi, ce sont plusieurs députés réunis en plénière à l'Assemblée de représentants du peuple, qui ont posé avec des pancartes clamant leur positions politiques à propos de sujets d'actualités.

Du racisme au retour de Tunisiens des zones de conflits en passant par la normalisation avec l'entité sioniste, certains députés ont dû oublier qu'ils détenaient l'initiative législative pour faire avancer les choses, comme le prévoit l'article 62 de la Constitution tunisienne: "L’initiative des lois est exercée par des propositions de lois émanant de dix députés au moins..."

Nidaa Tounes: "Non au retour des terroristes"

Tout d'abord, l'ensemble des députés du bloc parlementaire de Nidaa Tounes ont mis devant eux une pancarte sur laquelle il est écrit: "Non au retour des terroristes".

La Tunisie connait depuis plusieurs jours des vagues de contestations quant au possible retour des Tunisiens partis combattre en Syrie, en Irak et en Libye. Une manifestation a d'ailleurs été organisée, samedi, en face de l'Assemblée des représentants du peuple, demandant à ce que ces derniers ne puissent pas rentrer en Tunisie.

De leur côté, les députés du Front populaire Ammar Amroussia et Jilani Hammami ont dénoté un discours différent entre celui du président de la République Béji Caid Essebsi et des députés de Nidaa Tounes, parti que Caid Essebsi a lui même créé.

Ce à quoi le président du bloc parlementaire d'Ennahdha Nouredinne Bhiri a répondu:

Souheil Alouini et la lutte contre le racisme

De son côté le député du bloc Al Horra, Souheil Alouini a décidé quant à lui de tenir une pancarte dénonçant le racisme en Tunisie. Samedi, 3 Congolais vivant en Tunisie ont été sauvagement agressés au centre-ville de Tunis. Une manifestation de soutien a eu lieu devant le théâtre municipal.

Lundi, le chef du gouvernement a appelé les députés à accélérer la loi criminalisant les actes racistes déposée à l'Assemblée en juin 2016.

Le Front Populaire et la normalisation des relations avec l'entité sioniste

Pour sa part, la député du Front Populaire Mbarka Brahmi a tenue une pancarte sur laquelle peut lire "Le peuple veut la criminalisation de la normalisation des relations avec l'entité sioniste".

Intervenant lors de la plénière, elle a indiqué que: "l'attaque de notre souveraineté nationale par l'entité sioniste est une opération dirigée. Nous réitérons nos voeux afin d'étudier l'initiative criminalisant la normalisation".

Et si on déposait une proposition un loi?

Cette façon d'exprimer ces idées, a fait gentiment sourire Wahbi Jomaa, activiste politique et ancien d'Ettakatol, pour qui il semblerait que "les députés de Nidaa Tounes ont oublié que c'est eux qui tiennent le pouvoir" et l'initiative législative, leur reprochant "de faire de la comédie".

Il ne s'agit pas de la première fois que cela arrive en Tunisie. Le 07 janvier 2012, une dizaine de députés ont mis sur leurs pupitres une pancarte sur laquelle est écrit la mention "7ell", en référence à la campagne menée sur les réseaux sociaux pour la transparence, le droit à l’information et aux données publiques.

A l'international, cela est aussi déjà arrivé plusieurs fois, comme un moyen de communication de l'opposition.

Le 08 décembre dernier, en Corée du Sud, des députés de l'opposition ont levé des pancartes demandant destitution de la présidente Sud-Coréenne Park Geun-hye.

Cela est également arrivé au Parlement européen où plusieurs députés ont levé une pancarte avec un point d'exclamation contre la modification de la Constitution Hongroise.

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Idem en Ukraine en 2011, où l'opposition a affiché un "tifo" géant de Yulia Tymoshenko en plein speech du président Viktor Yanukovich.

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En 2011, en France, lors de la réforme de fiscale, plusieurs députés d'oppositions ont également manifesté contre à travers ce biais.

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