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L'arrivée de prédicateurs salafistes à l'époque de la Troika est une erreur estime Rached Ghannouchi

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Sur fond de polémique sur l'accueil des prédicateurs à l’époque de la Troika, le dirigeant du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, a qualifié, de grande erreur l’arrivée des cheikhs salafistes au lendemain de la révolution tunisienne. “Nous n’avons pas eu d’expérience à cette époque,” a-t-il dit en notant qu’à la suite de la révolution la Tunisie a été ouverte à tout le monde. Il a précisé, dans son interview accordée à Sabra Fm, que ces prédicateurs ont été accueillis par des associations.

Ghannouchi a, toutefois, appelé à se référer à l’expérience marocaine et à importer les prédicateurs du Maroc pour lutter contre les interprétations incorrectes du coran et les notions toxiques du Jihad. Il a indiqué qu’avec sa doctrine malikite et ses interprétations modérées de l’Islam, le royaume marocain a pu “se purifier” du fléau, selon ses dires.

“Seul 4% des prêcheurs de la prière du vendredi en Tunisie ont des connaissances approfondies en Islam,” a-t-il noté en soulignant la nécessité d’importer des Oulamâa du Maroc pour enseigner les vraies bases de l’Islam et déceler le vrai du faux.

Ghannouchi a indiqué, par ailleurs, que 90% des terroristes ont été radicalisés à travers internet et manipulés dans les prisons. “Le terrorisme, c’est une maladie contagieuse qui doit être traitée sérieusement”, a-t-il ajouté.

De son côté, le dirigeant d’Ennahdha Nouredine Bhiri est revenu, sur les ondes de Shems Fm, sur le retour des terroristes. Il a indiqué que “tout tunisien impliqué dans des affaires terroristes que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur du pays doit être jugé conformément à la loi antiterroriste". Pour faire face à ce danger, Bhiri a souligné la nécessité d’”éradiquer les racines” du terrorisme en agissant sur différents facteurs dont notamment culturel et psychologique.

Interrogé sur les propos de Habib Ellouz datant de 2012 et selon lesquels il a manifesté son enthousiasme pour aller combattre en Syrie s’il était jeune, Bhiri a indiqué que "nous sommes dans un État de droits et seul le ministère public est capable de juger ses propos".

Quant à son avis à propos de l’entrée de certains prédicateurs en Tunisie à l’époque de la Troika, Bhiri a préféré s’abstenir de commenter les propos de Rached Ghannouchi en arguant que cette question est dépassée: "C'est une vieille rengaine...arrêtez (...) Cette vieille rengaine ne marche plus".

Rappelons qu’en 2012, l’arrivée des “prédicateurs extrémistes” tels que les égyptiens Wajdi Ghanim et Mohamed Hassen a soulevé une vague de contestations au sein de la société.

Ghanim a prêché dans plusieurs villes comme Sousse, Mahdia avant de rassembler une foule de plusieurs milliers de personnes lors d’une conférence dans le Palais des Sports d’El Menzeh.

Il a appelé, dans ses prêches, à l’application de la charia en Tunisie, a critiqué les "laïcs et les libéraux" et a justifié l’excision des femmes comme une "opération esthétique". Une forte mobilisation a eu lieu, à l’époque, pour protester contre sa venue. Des manifestations ont eu lieu notamment au Bardo, devant l’Assemblée nationale constituante (ANC), pour dénoncer les appels à la haine lancés par celui-ci.

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