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Trump et Poutine annoncent chacun de leur côté vouloir renforcer leur potentiel nucléaire

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INTERNATIONAL - Les Etats-Unis et la Russie, de nouveau dans la course au nucléaire? Jeudi 22 décembre, le futur président Donald Trump a donné un aperçu de ses ambitions concernant l'arsenal nucléaire américain, en se prononçant pour son renforcement. Une déclaration qui fait écho à celle de Vladimir Poutine le même jour.

"Les Etats-Unis doivent renforcer et étendre leur potentiel nucléaire jusqu'à ce que le monde revienne à la raison sur la question du nucléaire", a tweeté le président élu des Etats-Unis. Il n'a cependant pas précisé ce qu'il entendait par "potentiel nucléaire", à savoir l'armement et/ou les centrales énergétiques.

Toutefois, dans le contexte actuel, le doute semble restreint. La publication de Donald Trump apparait en effet comme une réponse aux déclarations de Vladimir Poutine.

En 2016, la campagne internationale pour l'abolition de l'arme nucléaire (ICAN) estimait l'arsenal nucléaire à un peu moins de 7000 têtes, faisant ainsi des Etats-Unis la deuxième puissance nucléaire mondiale...derrière la Russie.

Vers une nouvelle escalade?

Selon l'ICAN, l'arsenal nucléaire russe est estimé en 2016 à 7300 têtes. Et visiblement, le chiffre n'est pas prêt de décroître. Ce jeudi 22 décembre, Vladimir Poutine a ordonné le renforcement en 2017 de la force de frappe nucléaire russe, afin de la rendre capable de percer tout bouclier antimissile. "Il faut renforcer le potentiel militaire des forces nucléaires stratégiques, avant tout à l'aide de systèmes de missiles capables de garantir le franchissement des systèmes de défense antimissile existants ou à venir", a déclaré le président lors d'une réunion avec l'ensemble des responsables des armées russes.

Dans son viseur, le bouclier antimissile que le Pentagone envisage de déployer en Europe Orientale, et qui constitue, selon l'autorité russe, une menace contre sa capacité de dissuasion nucléaire. "Il faut faire attention à n'importe quel changement dans l'équilibre des forces et de situation politico-militaire dans le monde et surtout aux frontières russes. Et corriger à temps nos plans pour éliminer les menaces potentielles contre notre pays", a ainsi ajouté le président. Washington assure pour sa part que ce bouclier est destiné à protéger l'Europe d'une éventuelle menace iranienne.

Une nouvelle rupture avec la politique Obama

Avec cette déclaration, Donald Trump prend un nouvelle fois le contre-pied de son prédécesseur Barack Obama, qui a oeuvré tout au long de ses mandats à réduire l'arsenal américain. En avril 2016, ce dernier avait notamment rappelé les ambitions du traité Star 2, signé entre la Russie et les Etats-Unis et destiné à encadrer et réduire le nombre de missiles nucléaires des deux pays.

"Ma préférence serait de réduire encore notre arsenal nucléaire, mais il faut s'assurer que notre dissuasion continue de fonctionner" avait-il alors déclaré, tout en déplorant l'attitude de son homologue russe, décidé au contraire.

Mais visiblement, Donald Trump n'entend pas poursuivre sur la même lancée. Et sa déclaration fait d'autant plus réagir qu'elle arrive quelques heures après celle de Vladimir Poutine, favorable à une politique similaire en Russie.

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