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RSF dénonce une "asphyxie progressive" des médias algériens dans un nouveau rapport

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Quelques jours après le décès en détention du journaliste Mohamed Tamalt, Reporters sans frontières (RSF) publie ce jeudi 22 décembre 2016 son rapport “Algérie : la main invisible du pouvoir sur les médias”, consacré à la situation des médias en Algérie. Le rapport décrit une "asphyxie progressive" des médias algériens depuis la réélection du président Abdelaziz Bouteflika en avril 2014.

RSF est revenue dans son rapport sur la mort en détention de Mohamed Tamalt. Une affaire "venue noircir le tableau" de la situation des médias en Algérie, "puisque c’est la première fois qu’un détenu meurt pour des opinions publiées sur Facebook".

Reporters sans frontières (RSF) estime que le décès de ce journaliste prouve que le "combat pour une presse libre est plus que jamais d'actualité", notamment quand il s'agit de "sujets tabous" tels que "la santé du chef de l’Etat, les avoirs des dirigeants algériens et la corruption". Mais cette ONG n'a pas non plus manqué de souligner l’emprisonnement de journalistes, le contrôle sur le champ de l’audiovisuel et l’"étranglement économique des titres indépendants".

Une situation risque de s'aggraver à l’approche des élections législatives algériennes en avril 2017, prédit RSF.

“Les journalistes algériens se sont battus avec beaucoup de courage et de résilience depuis les années 90 pour la liberté d’informer, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF). Aujourd’hui, nous constatons que sous couvert de pluralisme se cachent des pratiques autoritaires nuisibles à l’indépendance journalistique. Jusqu’où iront les autorités algériennes pour étouffer la presse et ceux qui la défendent ?", s'est-t-elle interrogée, rappelant l'arrestation de Mehdi Benaissa et Ryad Hartouf "détenus arbitrairement pendant plus de 20 jours en juin dernier".

Le même rapport, RSF a également appelé à ouvrir une enquête sur les circonstances de la mort de Mohamed Tamalt, à "cesser de recourir au code pénal, à la détention arbitraire et à des procédures administratives abusives pour interdire et criminaliser la liberté d’information" et à "réviser le code pénal en supprimant la peines d’emprisonnement pour les délits de presse notamment ceux concernant l’injure, l’outrage ou la diffamation".

La même ONG a ensuite appelé les autorités algériennes à "soutenir les médias et organisations de la société civile défendant la liberté de la presse dans le pays afin que soient encouragés l’existence et le développement de médias libres et indépendants, y compris les médias associatifs".

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