Les autorités allemandes critiquées pour le fiasco de la traque d'Anis Amri, suspect de l'attentat de Berlin

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Les autorités allemandes critiquées pour le fiasco de la traque d'Anis Amri, suspect de l'attentat de Berlin | Getty Images/iStockphoto
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TERRORISME - Le suspect court toujours, la polémique s'épaissit. Les autorités allemandes sont pointées du doigt pour ne pas avoir su stopper Anis Amri, le Tunisien considéré comme le principal suspect de l'attentat au camion-bélier de Berlin alors qu'il était identifié comme un islamiste potentiellement dangereux.

La police allemande a lancé contre le jeune homme de 24 ans, une chasse à l'homme à l'échelle européenne mercredi 21 décembre. Soit deux jours après l'attentat - revendiqué par Daech - qui a fait 12 morts et de nombreux blessés.

Son portefeuille et ses papiers avaient pourtant été découverts dans le poids lourd qui a ravagé le marché de Noël de Berlin. Mais les policiers se sont focalisés en priorité sur un suspect pakistanais, finalement mis hors de cause et libéré. "Ca a duré avant que la police criminelle ne se tourne vers Amri et le considère comme suspect", constate la Süddeutsche Zeitung.

Un suspect bien connu par la police

Anis Amri était pourtant bien connu des policiers, du centre de lutte antiterroriste et du parquet. Pendant l'essentiel de l'année 2016, il avait été placé sous surveillance à Berlin car suspecté de préparer un cambriolage pour financer l'achat d'armes automatiques et un attentat. L'enquête a été abandonnée en septembre faute d'éléments probants.

Sa demande d'asile a par ailleurs aussi été rejetée mais son expulsion a été bloquée par son pays d'origine. Malgré cette longue liste de suspicions établie aussi bien au niveau fédéral que dans les Etats-régions de Berlin et de Rhénanie du Nord-Westphalie il a été laissé en liberté par manque de preuve.

La presse se demande dès lors comment les policiers et les procureurs avaient pu rater autant de signaux d'alerte, l'individu ayant par ailleurs été lié des mois durant à la mouvance salafiste et à des prédicateurs de la guerre sainte bien connus. En novembre encore, il avait fait l'objet d'un signalement, avant de disparaître.

Angela Merkel critiquée...

Des dysfonctionnements qui ne font pas les affaires de la chancelière Angela Merkel, accusée, en particulier par la droite populiste, d'avoir ouvert l'Allemagne à la menace terroriste en permettant l'arrivée de 900.000 réfugiés en 2015, puis de 300.000 autres cette année. Mercredi 21 au soir, une poignée de néonazis manifestaient notamment dans les rues berlinoises, jugeant que la chancelière allemande "responsable" et demandant son départ.

Des rassemblements qui font écho aux violentes critiques des mouvements populistes allemands et européens. Tous dénonçant à l'unisson la politique migratoire mise en place par Angela Merkel. Rien d'étonnant.

Plus délicat: elle est également critiquée par ses alliés conservateurs bavarois de la CSU, cela à moins d'un an des élections législatives lors desquelles elle compte obtenir un quatrième mandat. "On doit tout remettre à plat (...) nous avons besoin d'une autorité de l'Etat forte", a lâché le secrétaire général de ce parti, Andreas Scheuer.

... jusque dans son propre camp

Plus grave encore pour la chancelière, dans son parti, la CDU, des voix s'élèvent aussi pour dire que l'arrivée des migrants a mis l'Allemagne en danger.

"A l'échelle nationale, il y a un grand nombre de réfugiés dont on ne sait pas d'où ils viennent ni comment ils s'appellent. Et ça représente un potentiel d'insécurité important", a jugé Klaus Bouillon (CDU), ministre de l'Intérieur de la Sarre.

Toujours est-il que plus de deux jours après l'attaque au camion-bélier, la police semble n'avoir aucune idée du lieu où peut se cacher le suspect. Une récompense de 100.000 euros est même proposée.

Mercredi, environ 150 policiers ont perquisitionné un foyer de réfugiés dans l'ouest de l'Allemagne, à Emmerich, où l'homme a séjourné il y a quelques mois, selon des médias allemands. Faute de résultat, les autorités se sont résolues à publier un avis de recherche à l'échelle européenne.

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