Tunisie: Le PIB baissera de 10% d'ici 2030 à cause des dangers environnementaux

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POLLUTION
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“Les dangers environnementaux qui menacent le littoral tunisien peuvent causer une perte de 10% du PIB d’ici 2030,” a affirmé, mardi, le ministre des Affaires locales et de l’environnement Riadh Mouakher en se référant à une étude réalisée par la Tunisie et le Fonds mondial pour la nature.

“Malgré l’importance de l’arsenal juridique adopté depuis la Révolution pour préserver le littoral, un travail reste à faire sur ces lois”, a indiqué le ministre. Il a précisé que le littoral des pays de l’Afrique du Nord se trouvent menacés par une pollution massive due à l’exploitation humaine .

Il a expliqué que les activités économiques installées dans ces régions, les changements climatiques, la hausse du niveau de la mer ne cessent de perturber et de détériorer les milieux marins et la zone côtière en général.

Selon le rapport “Evaluation de la vulnérabilité, des impacts du changement climatique et des mesures d'adaptation en Tunisie”, le tourisme serait le secteur le plus touché, suivi par les zones résidentielles et les ressources en eau.
Ce sont les gouvernorats de Sousse, de Gabès/Médenine et de Nabeul qui connaîtront les pertes les plus importantes, compte tenu notamment des impacts sur le secteur touristique, précise la même source.

Cette étude montre que les pertes de production agricole, estimées à 81 MDT par an (soit 2% de la valeur ajoutée agricole), sont dues à la submersion de terres agricoles et une perte du potentiel d’irrigation suite à la salinisation des nappes. 10% des périmètres irrigués existants seraient perdus. Au niveau du secteur touristique, les pertes estimées à 56%, se traduirait par le déclassement d’un certain nombre d’hôtels et la disparition de plages, ajoute la même source.

Conscient de la gravité de la situation et des dangers qui menacent les régions côtières, Mouakher a appelé, dans le cadre d’un atelier tenu à l’initiative du WWF en coordination avec l’Agence de protection et d’aménagement du littoral (APAL), à l’application des systèmes juridiques existants et leur concrétisation sur terrain tout en poursuivant les réformes législatives.

Cet atelier qui se poursuivra pendant trois jours s’inscrit dans le cadre de la campagne de sensibilisation relative à la concrétisation du programme “Intégration Effective de l’Approche Gestion Intégrée des Zones Côtières dans les Pays de l’Afrique du Nord”.

“Trois régions du Maghreb à savoir Ghar El Melh (gouvernorat de Bizerte en Tunisie), El Marsa, Ben Azzouz et Gerbes dans la wilaya de Skikda (nord-est de l’Algérie) et Nador (nord-est du Maroc) ont été choisies pour ce projet qui a démarré depuis avril 2016 et se poursuivra pendant un an”, a indiqué le responsable.

Il a fait savoir que l’objectif recherché est de faire participer les parties concernées dans les régions côtières des trois pays et de créer des réseaux locaux et régionaux entre eux, outre l’élaboration d’un guide au niveau de chaque région.

Pour sa part, la directrice générale de l’APAL a mis l’accent sur l’importance du projet pour une ville comme Ghar El Melh, évoquant les principaux problèmes auxquels fait face cette ville comme la construction anarchique, l’avancée des sables et la hausse du niveau de la mer.

Elle a appelé à activer les mécanismes de rapprochement législatif maghrébins afin de limiter les impacts négatifs sur les régions côtières et les zones pilotes choisies dans le cadre du projet.

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