Un camion polonais, un chauffeur sans doute kidnappé, un suspect faussement accusé et un Tunisien recherché: Ce que l'on sait de l'attentat de Berlin

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BERLIN
Hannibal Hanschke / Reuters
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Un camion polonais, un chauffeur sans doute kidnappé, un suspect faussement accusé et un Tunisien recherché: le point sur l'enquête après l'attentat au poids lourd sur un marché de Noël de Berlin revendiqué par le groupe Etat islamique.

La course du camion polonais

Lundi, selon son employeur polonais, le chauffeur attitré du camion, un homme de 120 kilos et mesurant 1,83 m est à Berlin pour livrer un chargement de 24 tonnes d'éléments en acier provenant d'Italie. Mais cette livraison est remise au lendemain, si bien que le routier doit rester dans la capitale allemande et gare son camion dans une zone industrielle située dans le nord-ouest de la ville, selon Bild.

Vers 15H00, il parle brièvement à son épouse et le couple décide de se reparler une heure plus tard, un contact téléphonique qui n'aura jamais lieu.

En revanche, selon son patron, les données GPS du camion montrent que le véhicule a été mis en marche mais en ne faisant que de petits mouvements "comme si quelqu'un apprenait à le conduire".

Toujours, selon cette source, le poids lourd quitte finalement son stationnement vers 19H40, parcourt dix kilomètres environ du nord-ouest vers un quartier très fréquenté de l'ouest de Berlin. Là, il fonce sur la foule rassemblée sur un marché de Noël sur une place vers 20H00.

Mais après 60 à 80 mètres, le camion, au lieu de poursuivre sa course tout droit à travers le marché, est parti sur sa gauche, transperçant un chalet commerçant pour s'immobiliser sur l'avenue bordant la place. Cette sortie de trajectoire met fin au carnage.

La police retrouve le chauffeur polonais mort, tué par balle, dans la cabine sur le siège passager. Selon son patron, qui a vu des photos du corps, son employé portait "des traces de coups, il était évident qu'il s'était battu. Son visage était ensanglanté, tuméfié. Il y avait une blessure à l'arme blanche".

Selon des médias, le conducteur a pu être kidnappé et forcé de conduire le camion vers la foule avant de se débattre et d'être tué. Ou alors, tenu en respect par une arme sur le siège passager, il a tenté de prendre le contrôle du véhicule et forcé celui-ci à quitter sa trajectoire mortelle.

Un Tunisien recherché

Un ressortissant tunisien d'une vingtaine d'années originaire de Tataouine, dans le sud de la Tunisie, est recherché activement depuis mercredi matin, selon plusieurs médias.


L'homme est connu sous au moins trois identités et anniversaires différents ainsi que pour des faits de violence, selon Bild. La police est remontée jusqu'à lui grâce à un document d'identité retrouvé dans la cabine du camion sous le siège du conducteur.

Ce document, remis à certains demandeurs d'asile, a été émis à Kleve, une ville de Rhénanie du Nord-Westphalie, située à la frontière avec les Pays-Bas.

Le quotidien Süddeutsche Zeitung, qui prête au suspect jusqu'à huit identités, indique que l'homme est arrivé en juillet 2015 en Allemagne où il a déposé une demande d'asile en avril 2016.

Et ce Tunisien aurait entretenu des contacts avec un ressortissant irakien de 32 ans, identifié comme Ahmad Abdulaziz Abdullah A. alias "Abou Walaa". Ce dernier a été arrêté en novembre avec quatre complices pour avoir monté un réseau de recrutement pour le compte du groupe Etat islamique, selon le parquet fédéral.

La fausse piste

Dans un premier temps, dès lundi soir, la police berlinoise a cru tenir son homme : un demandeur d'asile pakistanais arrêté une heure après le carnage à deux kilomètres du marché de Noël. Mais coup de théâtre, l'individu est remis en liberté dès mardi soir, innocenté.

Il avait été arrêté sur la foi d'un témoignage. Un homme avait téléphoné à la police en affirmant avoir pris en filature l'auteur de l'attentat. Restant à distance du suspect, le témoin est resté en contact avec les policiers pour les guider jusqu'à l'arrestation.

Au final, selon Bild, le témoin aurait en réalité perdu le suspect durant sa filature. Et la police, s'appuyant sur une description trop vague, arrêta le mauvais homme. "On a crié victoire trop tôt", a reconnu un enquêteur.

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