L'Institut Pasteur de Tunis condamne "une campagne de dénigrement" à son encontre menée par Al Jazeera

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Richard Laird via Getty Images
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Suite à la diffusion, le 17 décembre, du film documentaire "هل يصنع القتلة الدواء؟" ("Les assassins fabriquent-ils les médicaments?") par la chaîne Al Jazeera, l’Institut Pasteur de Tunis (IPT) a réfuté les accusations portées à son encontre et a fortement condamné la campagne de dénigrement orchestrée par la chaîne et la réalisatrice du documentaire.

“Ce documentaire diffusé le 17 décembre courant a pour seul objectif de nuire à la réputation et à la nature des recherches scientifiques sur la fabrication d’un médicament contre la leishmaniose cutanée”, a indiqué le directeur général de l’IPT, Hechmi Louzir, lors d’une conférence tenue lundi.

Il a fait savoir les patients ayant fait l’objet de cette étude ont confirmé que leur participation était volontaire et éclairée, ajoutant qu’ils réclament des poursuites contre les parties impliquées dans cette “campagne médiatique diffamatoire”.

Louzir a, par ailleurs, souligné que contrairement aux allégations véhiculées par ce documentaire, la recherche thérapeutique conduite par l’IPT sur la fabrication de ce médicament a été évaluée positivement par des experts à l’échelle nationale et Internationale, précisant que les instances réglementaires nationales ont attesté “sans équivoque” de la pertinence et de la haute qualité de l’étude réalisée.

“La pommade en question a été expérimentée en concertation avec l’Organisation Mondiale de la santé et développée en collaboration avec l’Institut Pasteur de Paris et le prestigieux Institut américain Walter Reed à Washington”, a-t-il encore ajouté.

Cette étude menée par des équipes exclusivement tunisiennes s’est déroulée dans la transparence totale, a-t-il dit, ajoutant que les projets de recherche y afférents sont enregistrés et à la disposition du public. Le responsable a fait savoir que l’inclusion de mineurs dans l’étude était scientifiquement nécessaire dictée par les données épidémiologiques locales, indiquant que la leishmaniose cutanée touche, dans plus de 60% des cas, des enfants en âge scolaire. Il a ajouté par ailleurs que les cinq personnes originaires de Sidi Bouzid qui ont témoigné dans le documentaire n'ont jamais participé à l'essai clinique.

“Quand l’ignorance se mêle avec la mauvaise foi, un mélange explosif se forme,” a martelé Hechmi Louzir, dans une interview accordée à Mosaïque Fm, en signalant que la réalisatrice du documentaire ne connaît pas les procédures des essais cliniques et derrière elle se cachent des parties qui visent l’Institut et ne veulent pas d’avancées scientifiques en Tunisie. Il a, par ailleurs, estimé que le choix du timing de la diffusion du film à savoir le 17 décembre, jour de la première étincelle de la révolution, et de la région de Sidi Bouzid spécialement, révèle de la mauvaise foi.

De son côté, le directeur régional de la santé à Sidi Bouzid, Zaher Al-Ahmadi a indiqué, à la TAP, que les cas de leishmaniose ont augmenté dans les régions de Sidi Bouzid, Kairouan et Gafsa après la création du barrage Sidi Saad avec une moyenne de 1500 nouveaux cas par an, soulignant que 45 à 50 mille personnes sont atteintes par cette maladie en Tunisie.

Il a fait savoir qu’un centre international de recherche sur la leishmaniose a été créé à Sidi Bouzid et qu’il a été visité par des délégations étrangères de 70 pays. L’efficacité du médicament estimé à 90% a favorisé la guérison de plusieurs malades de la région, a-t-il dit.

L'affaire des essais cliniques pour un traitement contre la leishmaniose sur des enfants par l'Institut Pasteur avait secoué l'opinion publique en avril dernier. " target="_hplink">La réalisatrice du documentaire, Imen Ben Hassine avait affirmé à la radio Shems FM, que l'Institut Pasteur et le ministère de la Santé travaillaient en collaboration avec le Pentagone et un laboratoire israélien sur ce programme, ce qui fût démenti par l'Institut.

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