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Attentat Berlin : une personne dangereuse probablement dans la nature

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POLICE BERLIN
Berlin's mayor Michael Müller (R) and Interior Senator Andreas Geisel (L) give a press conference on December 20, 2016 the day after a terror attack in central Berlin.German police said they were treating as 'a probable terrorist attack' the killing of 12 people when the speeding lorry cut a bloody swath through the packed Berlin Christmas market. / AFP / dpa / Maurizio Gambarini / Germany OUT (Photo credit should read MAURIZIO GAMBARINI/AFP/Getty Images) | MAURIZIO GAMBARINI via Getty Images
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La police de Berlin a indiqué mardi qu'une personne "dangereuse" serait probablement "dans la nature", après avoir affirmé ne pas être certaine qu'un demandeur d'asile pakistanais arrêté soit le conducteur du camion responsable de l'attentat sanglant sur un marché de Noël et appelé les citoyens à la "vigilance".

Ce drame, qualifié d'"acte terroriste" par la chancelière Angela Merkel et survenu dans une Allemagne jusqu'alors épargnée par les attentats de grande ampleur, rappelle par ses circonstances l'attaque au camion-bélier du 14 juillet à Nice en France, le soir de la fête nationale (86 morts).

Le suspect est "a priori" un Pakistanais arrivé en Allemagne le 31 décembre 2015 par la route des Balkans et « enregistré à Berlin en février » comme demandeur d'asile, a affirmé en milieu de journée à la presse le ministre de l'Intérieur, Thomas de Maizière.

"Il nie le crime. L'enquête se poursuit", a poursuivi M. de Maizière, précisant qu'il n'existait "pour l'instant" aucune revendication de l'organisation État islamique.

Mais peu après, le patron de la police berlinoise Klaus Kandt a reconnu qu'il n'était en réalité "pas certain" que l'homme interpellé "soit le chauffeur" du camion meurtrier.

La police a appelé au même moment "à la vigilance" sur Twitter, suggérant que l'auteur de l'attentat est peut-être toujours en fuite.

Une source anonyme au sein de la police berlinoise a indiqué au quotidien Die Welt: "Nous avons le mauvais homme". "Le vrai assaillant est encore en liberté et armé et peut provoquer de nouveaux dégâts", a-t-elle ajouté.

La confusion reste donc très grande au lendemain de l'attentat dans la capitale allemande.

Le suspect a été arrêté peu après les faits, survenus lundi vers 19 h GMT (14 h à Montréal) sur une place très touristique de la capitale allemande, après avoir été poursuivi à pied sur deux kilomètres par un témoin qui guidait la police par téléphone, indique le quotidien Die Welt.

Alors que l'enquête a été confiée au parquet antiterroriste, la police a mené des perquisitions mardi matin dans l'un des grands centres de réfugiés de Berlin, dans l'ancien aéroport de Tempelhof, rapportent plusieurs médias allemands. Le suspect pourrait y avoir séjourné.

"Rouler sur les gens"

Avant que les doutes ne soient émis par la police, Angela Merkel a jugé « particulièrement difficile à supporter » la possible implication d'un demandeur d'asile, alors que les critiques de sa politique d'immigration redoublent.

"Ce sont les morts de Merkel !", a dénoncé l'un des responsables du parti de droite populiste Alternative pour l'Allemagne (AfD), Marcus Pretzell.

"L'Allemagne n'est plus sûre" face "au terrorisme de l'islamisme radical", a renchéri la figure de proue de l'AfD, Frauke Petry, en mettant en cause la décision de la chancelière d'ouvrir les portes du pays à l'été 2015 à près de 900 000 réfugiés fuyant la guerre et la misère. Environ 300 000 supplémentaires sont arrivés en 2016.

Le drame s'est déroulé au pied de l'église du Souvenir, monument phare de l'ouest de la capitale allemande au clocher éventré par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Le camion, pare-brise détruit par les chocs, a été enlevé mardi matin.

"Il a littéralement pulvérisé la première baraque de bois", a raconté à la chaîne N1 une Bosnienne installée à Berlin, Lana Sefovac, qui prenait un verre avec ses parents. "Il roulait directement sur nous, mais à un moment il a tourné parce qu'il ne visait pas notre baraque, mais la foule. Il voulait rouler sur les gens".

Frôlés par le semi-remorque à grande vitesse, ses parents sont tombés, mais ont réussi à se relever. « Absolument tout le monde était choqué, (...) nous tentions tous de retrouver nos proches et amis. Une minute plus tôt, on buvait du vin chaud ensemble, et juste après ils gisaient en sang sur le sol ».

Un bilan provisoire fait état d'au moins « 12 morts » et 48 personnes hospitalisées. « Peu de victimes ont été identifiées » et 18 des blessés sont dans un état grave, a indiqué M. de Maizière.

L'un des défunts, retrouvé dans la cabine du camion, est un ressortissant polonais tué par balle, peut-être le chauffeur en titre du véhicule à qui il a été volé.

« Utiliser un gros véhicule »

En Allemagne, les drapeaux des bâtiments publics ont été mis en berne, une cérémonie du souvenir s'est tenue à 11 h GMT (6 h à Montréal) à la cathédrale Sainte-Hedwige et une minute de silence sera observée mardi et mercredi dans tous les stades de Bundesliga.

Les réactions de solidarité se sont multipliées, de la France aux États-Unis, alors que l'Europe est régulièrement la cible d'attentats revendiqués par des groupes djihadistes.

Le drame de Berlin rappelle l'attentat de Nice en France en juillet, lorsqu'un Tunisien avait foncé avec son poids lourd sur la Promenade des Anglais sur près de deux kilomètres. Il avait tué 86 personnes et fait plus de 400 blessés, avant d'être abattu par la police. Cet attentat avait été revendiqué par l'organisation État islamique (EI).

L'utilisation de véhicules, notamment de camions, pour foncer dans des foules de « mécréants » et faire le plus de victimes possible est préconisée de longue date par les groupes djihadistes.

L'Allemagne avait été jusqu'ici épargnée par des attaques djihadistes d'ampleur, mais plusieurs attentats islamistes ont été récemment commis par des personnes isolées.

L'EI a revendiqué en juillet deux attentats séparés qui ont fait plusieurs blessés, l'un à la bombe et l'autre à l'arme blanche, commis par un Syrien de 27 ans et par un demandeur d'asile de 17 ans, probablement afghan.

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